RONIN, ce n’est pas qu’un film avec De Niro et Jean Reno. RONIN, c’est depuis peu le nouveau carton de Devolver Digital. Mais si vous savez, les éditeurs de Hotline Miami, Hatoful Boyfriend et j’en passe. Des types un peu délurés en fait, qui prônent une image décalée du jeu vidéo. Depuis Hotline Miami justement, Devolver est catalogué dans un style de jeu assez particulier. Entre le style novateur des petits jeux indépendants et la qualité inhérente aux blockbusters contemporains. Ronin ne déroge nullement à la règle. Développé en catimini par Tomasz Wacawek, RONIN est avant tout une aventure unique au gameplay fascinant.

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Vous incarnez Ronin, une jeune motarde qui se lance dans une vendetta pour venger la mort de son père. Une photo, c’est tout ce qui lui reste. Souvenir heureux sur papier glacé, et pourtant témoignage de la trahison de cinq associés du paternel. 4 hommes et une femme, qui se sont débarrassés d’une pièce devenue trop gênante dans leur entreprise. Le pourquoi du comment ? On l’ignore. Ronin ne s’embarrasse jamais d’explications. Une photo, c’est tout ce qui lui reste.

Une approche novatrice

En dehors d’un pitch assez classique dans un jeu vidéo, on doit bien avouer que RONIN dispose d’atouts très convaincants dans sa besace. Chaque niveau se compose d’un immeuble plus ou moins complexe qu’il vous faudra infiltrer afin de pirater quelques ordinateurs. Une fois ceci fait, vous localisez alors l’un des cinq boss du jeu et vous pouvez planifier votre attaque. Tout en 2D, RONIN propose un gameplay à la croisée des chemins entre un platformer, un jeu de stratégie au tour par tour et un jeu à l’action détonante. Puisqu’au-delà de sa construction verticale bienvenue, RONIN vous propose d’aborder les combats d’une manière très particulière. Vous vous déplacez librement sur les tableaux mais lorsque vous êtes repérés par un garde, le jeu passe automatiquement en mode tour par tour.

C’est là que la partie stratégique du titre prend tout son sens. Symbolisés par des traits rouges, les tirs ennemis à venir seront systématiquement dirigés vers votre position. Il va donc vous falloir jouer la ruse et sauter un peu partout dans la pièce pour créer l’occasion de venir à bout de vos assaillants. Ne disposant que d’un sabre, Ronin devra effectivement se trouver très près de ses adversaires pour les taillader en règle. Le jeu du chat et de la souris en version Tarantino en somme. Mais l’intérêt des combats serait extrêmement limité s’il ne se contentait que de mettre en scène de joyeuses sautillades entre quatre murs.

Sur chaque niveau, vous disposez de trois objectifs optionnels qui vous permettent, si vous les réussissez tous, d’engranger un point de compétence. Une fois placé dans votre arbre de talents, vous débloquerez au fur et à mesure certaines aptitudes telles que le lancer de sabre ou même la téléportation. Mais n’allez pas croire que ces nouvelles compétences vous facilitent la vie au point de parcourir les niveaux sans aucun mal. Ils ne sont que nécessaires à l’appréciation du titre d’une part, et à votre avancée dans le jeu d’autre part. L’occasion pour moi d’aborder un point d’importance : la difficulté.

Les combos permettent vraiment de faire des trucs sympas

Les combos permettent vraiment de faire des trucs sympas

Die & retry

Ronin n’est pas un jeu très long. Comptez environ 3 heures si vous revenez sur vos pas pour refaire les niveaux et obtenir des points de compétence là où vous aviez raté un objectif. Mais l’essentiel de sa durée de vie n’est pas réellement composé de contenu, mais bel et bien de moments particulièrement corsés qui vous pousseront à relancer la partie. Cela est particulièrement vrai si vous vous prenez au jeu des 100% de réussite d’objectifs secondaires. Pour profiter du jeu au maximum, il est en effet préférable d’obtenir les compétences optionnelles. Mais pour les obtenir, il vous faut réussir un niveau à la perfection. Une sorte d’incitation à l’effort qui se voit récompensé par la réalisation de très jolis combos qui procurent de bonnes sensations de puissance. Le hic, c’est que ce petit côté die & retry pourra avoir raison de vos nerfs très rapidement. Il faut le dire, certains niveaux sont ridiculeusement difficiles quand on se met à viser le perfect et on en vient à tout simplement jeter l’éponge assez rapidement. Le level design est plutôt ingénieux, et pensé pour vous pousser dans vos retranchements. Quand la difficulté est bien dosée, le jeu n’en est que plus intéressant ! Vous vous prendrez au jeu et aurez clairement l’impression de jouer une partie d’échecs ou chaque déplacement de votre pion peut vous être fatal. C’est dans ces moments que RONIN est le plus intéressant.

Exemple d'un niveau "arrachage de cheveux"

Exemple d’un niveau « arrachage de cheveux »

Un jeu qui n’a rien a raconter

S’il est indéniable que RONIN dispose d’un gameplay fort et novateur, il y a vraiment quelque chose qui cloche au niveau de sa narration. L’aventure démarre pourtant sur quelque chose de plutôt intéressant. Cette photo qui semble être la seule façon pour Ronin de nous parler, de nous raconter notre histoire n’est en vérité qu’un écran de fumée décevant. On a envie d’en savoir plus, de connaître la raison qui pousse la demoiselle à taillader à tour de bras des hommes de main afin d’atteindre les pontes qui ne semblent avoir de dangereux que leur mine patibulaire. Pourquoi ? Quel est le but ? N’espérez aucune réponse, vous n’en aurez pas. Si l’on ne devait reconnaître qu’un seul défaut au titre de Tomasz Wacawek, ce serait celui-ci. Pire qu’un défaut, c’est quasiment criminel, de nous happer ainsi dans un jeu par un gameplay captivant et de nous lâcher ainsi avec une narration inexistante. Dites-vous bien que les quelques éléments de l’histoire que je dévoile en haut de ce test ne sont même pas inclus dans le jeu ! Ils sont au mieux suggérés, au pire totalement fantasmés ! Heureusement, le créateur du jeu a trouvé de bon ton d’inclure dans les fichiers du jeu un petit comics qui nous en dit – à peine – plus sur l’histoire de Ronin. Une maigre compensation qui aurait gagné à intégrer le jeu de base.

RONIN

RONIN

Les plus
  • Un gameplay vraiment fun
  • Une rejouabilité correcte (New Game +)
  • Une bande son qui maintien en haleine
Les moins
  • Des environnements peu inspirés
  • Le scénario
  • La fin...
5 10