La scène indé est toujours pleine de surprises. Pas toujours bonnes malheureusement, mais quand il sort un truc du lot, on est généralement agréablement surpris. C’est le cas de Stasis qui, comme beaucoup maintenant, est passé par la case kickstarter pour réussir à être financé et qui a très vite séduit son monde. Il faut dire que The Brotherhood, le petit studio qui est derrière cette production, a su soigner son bébé dans les moindres détails malgré un budget plutôt restreint. Disponible depuis le 31 août dernier on vous explique aujourd’hui pourquoi Stasis c’est un jeu à faire absolument si vous êtes fans du genre point n’ click horrifique.


Lost in space

Dans Stasis le joueur incarne un certain John Maracheck qui sort de stase et est complètement perdu. Si on se rend compte rapidement que l’on est sur un vaisseau spatial on a également vite fait de comprendre que John n’avait pas prévu de se retrouver là et qu’il est complètement perdu. Le temps de reprendre ses esprits en utilisant les stations de soins à proximité et voilà que notre héros retrouve peu à peu ses esprits pour finir par se rendre compte que son programme de vacances est bien mal parti. Il a en effet perdu sa femme et sa fille avec qui il voyageait et le vaisseau dans lequel il se trouve semble rongé par un mal mystérieux. Et ce ne sont pas les gens qui hurlent à la mort et les bestioles difformes qui grognent dans son dos qui viendront le rassurer. C’est alors au joueur de résoudre toutes ces énigmes. Que fait-on là ? Pourquoi ? Où est la famille de John ? Comment partir d’ici ? Il faut donc rapidement partir à la recherche des proches et explorer le vaisseau pour tenter de trouver des réponses à toutes ces questions.

Le jeu se présente donc comme un point n’ click tout ce qu’il a de plus simple, du genre qui peut se jouer avec la main droite pendant que vous vous empiffrez de madeleines avec la gauche. Un seul bouton est utilisé puisqu’il s’agit tout simplement d’interagir avec le décor et d’utiliser les objets de la bonne façon pour progresser. On touche ici un des points très réussis de Stasis puisque le jeu propose des puzzles très intelligents dont la résolution ne dépend que d’un peu de logique. Si le jeu n’est pas difficile, il n’est pas non plus trop facile et il faut généralement se creuser les méninges et être observateur pour arriver à comprendre ce qu’on attend de nous. Il peut arriver que l’on reste coincé mais c’est généralement du au fait que l’on a oublié de ramasser un objet quelque part et que du coup, on ne voit pas trop comment on pourrait continuer d’avancer. Il faut donc bien prendre le temps d’observer chaque pièce, chaque élément interactif pouvant potentiellement nous apporter un petit quelque chose qui nous permettra d’aller un peu plus loin.

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Dans l’espace, personne ne vous entendra vomir

Aux objets qu’il faut ramasser il faut également ajouter les nombreuses lectures indispensables pour pouvoir progresser. Dans quasiment chaque pièce on trouvera en effet des agendas électroniques sur lesquels les occupants du vaisseau ont laissé des entrées qui racontent généralement leur (mes)aventures depuis leur arrivée (et généralement jusqu’à leur mort). Si une bonne majorité de ces messages ne servent qu’à planter le décor et à donner vie au background de l’histoire, il faudra se montrer particulièrement attentif à leur lecture car parfois s’y cacheront des indices pour la résolution d’une énigme. Ceux qui n’aiment pas les jeux bavards auront donc certainement un peu de mal, mais pour les autres Stasis est un vrai régal puisqu’au niveau immersion on approche un sans faute quasi parfait. Et si l’anglais ne vous fais pas peur, nous ne pouvons que vous conseiller de jouer en VO tant l’immersion est encore meilleure, notamment grâce au jeu d’acteur mais aussi pour éviter les petites coquilles de traduction que l’on peut trouver ici ou là. Il ne faut cependant pas se montrer trop sévère car le budget de Stasis n’a rien à voir avec celui d’un AAA et trouver autant de langues disponibles est déjà une excellente initiative que l’on se doit de saluer (surtout que les petites fautes relève souvent de la typo et n’empêche en rien la compréhension du texte).

L’ambiance est glauque à souhait avec des décors sombres, des salles ensanglantées et des découvertes macabres à vous retourner l’estomac. Au niveau visuel, le jeu a été développé en 720p, et il n’est malheureusement pas possible de jouer sur ce paramètre. On le répète, le budget limité de Stasis a forcément impacté sur quelques aspects. Alors oui, sur un écran 1080p on notera donc un léger effet de flou, pas bien méchant, surtout que la somptueuse direction artistique embellit le tout de manière remarquable. On voit clairement ce qui est peint à l’écran dans chaque pièce du vaisseau et on ne perd pas une miette de ce que les développeurs ont voulu nous jeter au visage. Que ça soit dans le jardin botanique ou dans la salle du contrôle des naissances notamment, le résultat est garanti. Couplez le tout avec une ambiance sonore qui fourmille de détails et vous obtenez un savant mélange qui rappelle à bien des égards des productions comme Dead Space, Alien, Sanitarium ou encore un certain System Shock. Excusez du peu !

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This is Torture ! No, this is science !

Au final l’aventure de Stasis se vit de manière plutôt intense et on est très rapidement pris aux tripes par ce qui se passe sous nos yeux. The Brotherhood ne fait pas dans le chichi ou le superflus. Ici ce qui compte c’est l’histoire. Celle de John Maracheck tout d’abord, puis celle de toute une colonie massacrée pour des raisons bien particulières. Si on s’accroche éperdument à l’idée de réussir à retrouver (et sauver) sa femme et sa fille, très vite on s’interroge sur le sort de l’équipage et à ce qui a bien pu les pousser à agir de la sorte en utilisant des êtres humains comme cobaye. L’écriture du scénario est parfaitement maîtrisée, même si on pourra reprocher une fin un tout petit peu en deçà de ce à quoi on peut s’attendre en comparaison de ce que l’on a vécu depuis le début de l’aventure. Mais ne boudons pas notre plaisir. Stasis est une vraie réussite sur bien des points qui, bien qu’un peu courte (7/8h de jeu) pourrait sans conteste faire rougir de honte certaines productions AAA au budget inversement proportionnel à leur degré d’inventivité..

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Comme la démo l’avait laissé pensé, Stasis est véritablement une petite réussite. Une pépite du genre qui fera plaisir à tous les amateurs d’un genre bien trop peu présent dans le quotidien vidéoludique. Doté d’une ambiance somptueuse, aussi bien visuelle que sonore, Stasis soigne les joueurs et prend soin d’eux tout au long d’une aventure profondément sombre et torturée de laquelle on se sort pas indemne. En un mot comme en cent, le point n’ click de The Brotherhood est un véritable hommage au genre développé avec un amour évident des grands classiques des années 90 qui prouve, une fois de plus, que les productions les plus modestes ne sont pas forcément les moins intéressantes.
Stasis

Stasis

Les plus
  • Ambiance aux petits oignons
  • Direction artistique soignée
  • Histoire prenante
  • Puzzle intelligents
  • Certains passages bien stressants
  • Lecture passionnante
  • Les multiples traductions
Les moins
  • Les animations de John
  • Des bugs à plus de 60 Hz
  • Un peu court
7.5 10