maxresdefault (3)

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !

jour 1 : Mon vaisseau spatial, l’Aurora, s’est écrasé. Je suis seul sur une planète, abandonné. J’ai échappé à la mort grâce à un module de survie qui flotte actuellement sur l’eau. Car oui, la surface entière de cette planète est liquide. Si je grimpe au sommet du module, je ne vois que la mer à perte de vue, et l’épave de l’Aurora fumante et grinçante qui bouche une partie de l’horizon. Comment vais-je faire pour m’en sortir ? Il faut que je vois si je peux tirer quelque chose du fabricateur qui équipe le module de survie.

Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

jour 2 : Le fabricateur fonctionne par miracle et des batteries auto rechargeables lui fournissent l’énergie nécessaire à la synthèse de tout un tas de choses qui pourront me sauver la vie si je me débrouille bien. Il y a en effet des schémas très utiles enregistrés dans le fabricateur. Y a plus qu’à trouver des matières premières pour transformer tout ça en quelque chose de concret. Allez plouf dans l’eau à la recherche d’éléments pour bricoler tout ce qui me fait encore défaut.

 

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

jour 3 : ma première sortie, ou plutôt ma première plongée s’est super bien passée. Mon module se trouve au-dessus d’un petit récif corallien. Des poissons de toutes les couleurs disparaissent dans des tunnels naturels pour ressortir un peu plus loin et des plantes paresseuses se laissent bercer au rythme des courants marins. L’eau est claire comme du cristal, c’est vraiment magnifique. Comme je suis plutôt en forme, je n’ai aucun mal à descendre à quelques mètres de profondeur à la seule force de ma respiration. J’ai trouvé des débris de vaisseau riches en titane, du cuivre sous un bloc de calcaire et des champignons acides. Hop dans le fabricateur et ma première pile est prête, je suis super fier. Mais ce n’est qu’un début.

 


Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

jour 4 : La journée a super mal commencé. L’ordinateur du module m’a soudain prévenu que quelque chose de pas net se passait dans l’Aurora. Une brèche dans la coque ou un truc du genre, j’ai pas tout compris. Par contre j’ai senti le choc de l’explosion et j’ai cru que le module de survie allait céder. Mais ça tient, ouf. Le truc vraiment pas cool, c’est que le niveau de radiation a grimpé en flèche du côté de l’Aurora. Impossible de nager vers sa direction. Du coup je mets les bouchées doubles pour fabriquer deux bouteilles de plongée et des palmes, il faut vraiment que j’augmente mon autonomie sous l’eau pour rassembler davantage de matériaux et améliorer mes chances de survie.

 


Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;

jour 5 : Aujourd’hui est un grand jour. Si j’avais une bouteille de champagne, je l’ouvrirais sans hésiter. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Tant pis, rien ne ternira mon enthousiasme. J’ai réussi à fabriquer un outil qui va changer ma vie, il s’appelle le constructeur.

Marre de pieuter dans le module de survie qui n’arrête pas de bringuebaler dans tous les sens comme un canard en plastique dans le bain. Grâce aux miracles de la technologie moderne, je vais créer ma propre base sous marine, yeah !

 

1003-3

 Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,

jour 6 : A 30 mètres sous les flots je revis à nouveau. Ma base est encore rustique avec dans un module une partie boulot où j’ai assemblé un nouveau fabricateur et des armoires pour stocker tout le bric à brac que je ramasse au fond de l’océan. Il y a également dans un autre module une partie repos où j’ai disposé sur les parois des photos de la surface. J’ai en effet remarqué que depuis que ma base était construite je ne mettais quasiment plus le nez à la surface et dans le module de survie. Une fois qu’on a pris ses aises, difficile de retourner en arrière. Mais les magnifiques couchers de soleil sur l’eau me manquent un peu, j’y retourne tout à l’heure, tiens.

 

Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,

jour 7 : Je me souviens de mon père qui me disait « quand tu commences à construire ta maison, tu n’as jamais fini » et il avait bien raison. J’ai commencé à éviter une petite catastrophe car une inondation s’est déclarée dans mon module repos. J’ai colmaté la brèche et analysé la situation. J’avais été imprudent et trop fragilisé la structure en y ajoutant plusieurs baies vitrées pour admirer les environs. J’ai renforcé le tout et ajouté à l’intérieur un sas pour isoler les différentes parties de la base, on n’est jamais trop prudent. J’ai également ajouté des panneaux solaires pour donner plus de puissance à mon fabricateur, j’en aurai peut être besoin sous peu. En effet, au cours de mes recherches sous l’eau, je suis tombé sur de nouveaux schémas très prometteurs… mais je n’en dit pas plus pour l’instant, chut.

Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

jour 8 : J’adore le récif corallien près de ma base, mais si je veux réaliser certains schémas, j’ai besoin de matériaux qui ne se trouvent pas dans le coin. L’équipement dont je dispose à présent n’a plus rien à voir avec celui que j’avais il y a une semaine seulement. Maintenant je suis armé car je sais que certains « poissons » aux alentours n’hésiteront pas à m’ajouter à leur goûter. Je pars à la découverte d’autres « biomes », c’est ainsi que j’appelle les zones qui se distinguent par leur flore, leur faune et les matériaux qu’on peut y récupérer. Commençons par explorer une forêt sous marine constituée d’algues de plusieurs dizaines de mètres de long, c’est pas loin et ça m’a l’air de toute beauté.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

jour 9 : Il y a vraiment des choses magnifiques dans les parages. J’ai passé une bonne partie de la journée très près d’un volcan sous-marin plutôt actif. On aurait dit un géant endormi sous l’eau dont je visitais les gigantesques narines. Ses ronflements sonores faisaient s’entrechoquer mes os et n’étaient pas pour me rassurer, mais le jeu en valait la chandelle, car j’ai fini par récupérer tous les matériaux nécessaires à un de mes projets secrets. La suite demain après une bonne nuit de sommeil.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;

jour 10 : Aujourd’hui, je vais fabriquer un sous marin. Sans blague. J’ai commencé par fabriquer une baie de création d’engin, qui flotte à présent à la surface, non loin du module de survie. Je l’ai abreuvée avec toutes les matières premières mentionnées sur le schéma et une armée de nano-drones a fait le reste. Me voici à présent le maître du seamoth, bijou de technologie et fier sous marin une place. Mon plan de domination mondial est en marche et rien ne pourra plus l’arrêter, niark, niark. Suis-je en train de perdre la boule ?

CRtMGpsUAAAc1rz

C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.

jour 11 : Après le seamoth, le cyclope, youpi, youpi. Tout s’accélère. Le petit sous marin m’a permis de franchir un pas de géant en terme d’exploration sous marine. Désormais je vais plus loin, plus profond, et plus vite, sans trop me soucier des prédateurs qui m’entourent, bien à l’abri à l’intérieur de mon vaisseau de titane. J’ai trouvé les matériaux qui me manquaient pour réaliser ce qui sera je pense mon chef d’oeuvre pour l’éternité. Un sous marin presque aussi grand que ma base sous marine, capable même de servir de base d’accueil au seamoth. Avec ça, rien n’est trop éloigné pour moi, je me joue des distances, demain je mets le cap sur l’aurora. Même les radiations ne pourront pas m’arrêter.

 

— Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,

jour 12 : J’ai fait une bien étrange découverte près de la carcasse encore fumante de l’Aurora. Une balise qui pointe vers un endroit que je n’ai pas encore exploré. Saisi par la curiosité, je lance le cyclope vers l’objectif et ma mâchoire se décroche à l’arrivée. J’ai touché terre ! Une île, une île complète se dresse au milieu de cette planète océan. Certes, elle révèle bien des secrets, mais il est encore trop tôt pour en parler.

D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

jour 13 : Aujourd’hui, retour à l’Aurora, je me suis juré de trouver un moyen d’y pénétrer. Pensant encore à l’épisode de l’île de la veille, j’ai failli ne pas repérer la faille dans la coque éclairée par les lumières de mon seamoth. Fébrile, je quitte mon sous marin et m’y engouffre, serrant bien fort mon fusil à stase, on ne sait jamais. A l’intérieur il faut redoubler d’attention car les incendies sont loin d’être éteints, et sont autant de pièges au détour de chaque couloir. La paroi éventrée du vaisseau laisse apparaître le ciel et je me sens perdu et seul au milieu de cette île de métal. Je ramasse quelques trésors et songe au retour, d’autant que d’étranges « crabes » ne semblent pas vouloir me laisser repartir.


Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

jour 14 : Retour dans ma base sous marine, avec encore bien des projets en tête. Robinson Crusoë était-il heureux ? Je me retourne et je contemple la beauté du monde qui m’entoure. Je crois bien que oui.

 Header_zpsa9865dbe
Conclusion : Un seul mot, immersion. D’abord parce qu’on est dans l’eau (ok je sors), mais surtout parce qu’on a vraiment l’impression de devoir lutter pour sa survie, construire un nouveau monde. Rarement jeu aura permis de se sentir impliqué dès les premières minutes dans un univers cohérent auquel on doit s’adapter. Chaque découverte et chaque construction est une petite victoire. C’est vraiment magnifique. On ne voit pas souvent le voxel aussi bien utilisé que dans subnautica. Bien sûr il y a quelques bugs d’affichage par ci, par là, mais ce jeu dégage une vraie atmosphère, appuyée par une bande son de toute beauté. Alors bien sûr il n’y a pas à proprement parlé à ce jour de scénario ou d’intrigue. Subnautica se révèle être un bac à sable sous-marin (un aquarium, donc ? Ok je sors à nouveau). L’on se prend à guetter les mises à jour avec fébrilité pour avoir un prétexte pour relancer le jeu et voir les nouvelles fonctionnalités implémentées. Je ne saurais que conseiller son achat, une fois n’est pas coutume, alors que subnautica n’est encore qu’en accès anticipé, et ce pour un temps indéterminé. Le jeu vaut 7 pour l’instant mais je ne sais pas jusqu’où il peut aller en version définitive. Peut être un 9 en puissance, qui sait ? On verra bien.

Plutôt que de rédiger un test traditionnel, j’ai préféré raconter les choses telles qu’elles me sont arrivées dans un des modes de jeu ouverts, celui dédié à l’exploration sans recherche d’eau et de nourriture (il y a plusieurs autres modes de jeu avec différentes contraintes). J’ai tout de suite eu en tête le souvenir des quelques vers que j’ai mis en gras dans le texte pour séparer le fil des journées. Lancer le jeu a un côté poétique et contemplatif et ça fait vraiment du bien.

Subnautica

Subnautica

Les plus
  • c'est beau
  • c'est zen
  • une atmosphère envoutante
  • un gros potentiel
  • vivement la sortie définitive !
Les moins
  • pas encore vraiment le début d'un scénario
  • quelques bugs d'affichage
  • un bug son horripilant
  • parfois du lag et du retard d'affichage de textures
  • mais bon c'est aussi ça l'accès anticipé
7 10