Super Bomberman R test

Bomberman c’est, à peu de chose près, la licence à laquelle tout le monde a joué au moins une fois, ou du moins que tout le monde connaît. Je sais d’avance qu’en parlant de Bomberman autour de moi, les gens auront immédiatement en tête le protagoniste, ce petit ninja blanc, bleu et rouge. Bien sûr, c’est aussi l’un des jeux les plus appréciés et les plus durables de tous les temps, puisque depuis la parution en 1983 du premier épisode sur Nintendo Nes (enfin plutôt sur Famicom) et PC, les épisodes se sont suivis (et souvent se sont ressemblés) à intervalles réguliers. Aujourd’hui, on ne compte plus les jeux qui portent son nom bien que, finalement, assez peu d’entre eux soient mémorables (jamais je ne t’oublierai Bomberman Tournament, sniff). Dernier opus en date, Super Bomberman R, n’était pas particulièrement attendu, quoiqu’il se soit vendu du feu de dieu au Japon, mais il a toutefois la lourde tâche d’ouvrir le bal des sorties sur la nouvelle Nintendo Switch, parue le 3 mars dernier, en compagnie d’une poignée de jeux pas forcément très intéressants sur le papier (sauf Breath of the Wild hein !).

Le lancement d’une console, c’est toujours très délicat. On nous annonce souvent à l’avance le nombre de machines mise en circulation dans les premières semaines, ce qui ne parle pas à grand monde finalement, et puis vient l’heure fatidique où le constructeur dévoile les jeux présents le jour J. Et si toutes les firmes ne ratent pas le coche, on se rappelle notamment du line-up de la PlayStation 4 qui comprenait quelques gros titres, force est de constater que les premiers pas d’une console de jeu ne sont pas souvent mémorables pour de bonnes raisons… si ce n’est jamais. Et ce n’est pas Nintendo qui va changer la donne. Si vous avez bonne mémoire, peut-être vous rappellerez vous de la décevante sortie de la 3DS, qui ne comprenait concrètement aucun, je dis bien AUCUN, titre fort. Big N rattrapait le coup avec sa Wii U, qui sortait tout de même avec un bon paquet de petites perles… dont les trois quarts (et je suis sympa) n’étaient malheureusement que de vulgaires portages bâclés de titres étant sortis au préalable sur d’autres supports. Restait un ZombiU excellent mais pas du goût de tous, et un New Super Mario Bros U décevant… bref, c’était pas la joie ! La Switch sortait quant à elle avec un The Legend of Zelda : Breath of the Wild très attendu et… c’est tout, le restant de son line up se révélant finalement assez décevant, une nouvelle fois. Parmi les titres présents au lancement, un certain Super Bomberman R, que l’histoire ne retiendra sûrement pas.

 

De l’importance du contenu

D’emblée je peux vous annoncer qu’il ne s’agira pas d’un test de très grande envergure, pas comme celui de Breath of the Wild (ouais, j’fais de la pub pour mes autres articles !), et ce pour la simple et bonne raison que le contenu de Super Bomberman R ne casse pas trois pattes à un bigorneau.

Super Bomberman R test

Le scénario n’a aucun sens

Alors bon, entendons nous bien, ce que l’on attend d’un Bomberman c’est rarement d’être blindé de secrets et de choses à faire. Mais il y a tout de même un minimum syndical, et il n’est clairement pas respecté dans cet épisode. Certes, en se procurant le titre, on n’espère pas avoir droit à un mode solo excessivement étoffé, puisque la base même de la licence c’est le multijoueur, et ça le développeur l’a bien compris. Mais malgré tout, quand on nous promet une campagne scénarisée, on s’imagine pouvoir passer quelques heures à s’entraîner seul dans son coin avant de passer par la case copains, souvent la raison première de l’achat d’un Bomberman. Et pour le coup, Konami s’est un peu fichu des joueurs, sans doute juste pour avoir l’opportunité de sortir un jeu au lancement de la Switch, un gage relatif de succès, surtout étant donné le maigre line-up de la console de Nintendo, qui poussera sans doute pas mal de joueurs à se ruer sur n’importe quoi tant que ça n’a pas l’air trop mal. Et visiblement, ça aura suffit à conquérir le cœur des japonais…

Super Bomberman R test

Parfois le solo propose des objectifs différents

En effet, ce que l’on retiendra de la poignée d’heures passées sur le solo du jeu, ce n’est clairement pas son originalité. Alors bon, une fois encore, on n’achète pas un Bomberman en espérant qu’il transcende la série, et l’on sait souvent, à peu de chose près, à quoi s’attendre. Mais avec Super Bomberman R, le développeur a poussé le vice plus loin en proposant un solo totalement vide de sens, se résumant à exploser des hordes de monstres dégueulasses et qui se ressemblent tous, sur des maps pas (ou peu) intéressantes (mais qui le deviennent en multi). Le concept de la licence est respecté, certes, mais en découle une absence de fun presque plus impressionnante que la taille du solo… qui se bouclera en quatre à six heures maximum, selon votre degré d’expertise du maniement des bombes. C’est vraiment très peu, il faut le reconnaître. Heureusement, seul point positif de cette campagne finalement, il sera possible de traverser ce mode, dont je vous passe le scénario convenu et anecdotique, à deux joueurs.

Super Bomberman R test

On peut choisir entre les huit protagonistes au début d’un niveau

Reste que cette campagne permettra de gagner de l’argent, et sera l’occasion de débloquer divers objets qu’il faudra ensuite acheter dans une boutique présente sur le menu principal. Et entre nous, si se procurer des maps (dont le nombre finit par être assez conséquent) a un réel intérêt, puisque contrairement à la campagne le multijoueur se révèle fun assez vite, pour ce qui est des divers chapeaux et autres gadgets à poser sur notre personnage, je ne leur ai toujours pas trouvé d’intérêt, idem pour la dizaine de potes qui a défilé chez moi pour essayer la Nintendo Switch. Enfin, la boutique dans Super Bomberman R permettra aussi d’obtenir de nouveaux personnages jouables, issus de la campagne donc… Mais entre nous, puisqu’on en avait déjà huit en début de partie, et que le multijoueur ne se joue pas au dessus de huit justement… où est l’intérêt ?

 

Un multi relativement fun

Super Bomberman R test

Faudra penser à m’expliquer l’utilité de ces objets

Heureusement, la partie maîtresse du jeu est toutefois assez réussie, il faut le reconnaître. Le multijoueur fonctionne bien, on s’amuse rapidement, et les parties vont relativement vite… Bref, si on a des potes sous la main de façon régulière, on ne regrette pas tout de suite cet achat (au prix fort). D’autant que l’un des gros intérêts de la Switch réside dans le fait qu’elle soit livrée avec deux manettes, ce qui n’est pas négligeable, puisque tout le monde pourra se lancer dans un deathmatch directement après avoir inséré la cartouche dans la console (à condition d’avoir des potes, certes). La Switch étant portable, et permettant des parties jusqu’à huit sur le même écran, il y a en outre matière à lancer une partie en multi à peu près où l’on veut, et ça c’est la top classe. Super Bomberman R dispose aussi d’un mode online… totalement vide pour le moment, et qui a des chances de le rester si vous voulez mon avis ! D’autant que la fluidité y est rarement au rendez vous

Super Bomberman R test

Il y a tout de même un bon nombre de cartes à récupérer pour le multi

Les parties multijoueur sont aussi entièrement paramétrables, de la durée de la partie au nombre de joueurs, IA comprise, en passant par l’utilisation de certains bonus ou malus, notamment la fameuse tête de mort. Dommage qu’encore une fois il y ait quelque chose à redire, ce coup-ci sur l’intelligence artificielle, dont la difficulté ne sera malheureusement nullement paramétrable. Et je peux vous assurer qu’il y a des moments où l’on aurait largement préféré qu’elle le soit, car si jouer à Bomberman ce n’est déjà pas très facile en soi, ce n’est nullement arrangé par cette IA qui réagit de façon logique en toutes circonstances, et qui évitera donc la plupart de vos subterfuges. Dans le cas où l’on décide de créer une partie multi en incluant une IA, pour combler un trou, il faut s’attendre à devoir créer des alliances entre joueurs pour pouvoir s’en débarrasser… et même comme ça ce n’est pas chose aisée.

Super Bomberman R test

Ce menu principal tellement vide

D’autant que la difficulté en multi proviendra aussi des Joy-Con en eux-mêmes, clairement petits et pas adaptés à toutes les mains. Un défaut qui apparaît très vite lorsqu’on lance une partie, puisque le joystick n’est en outre pas assez maniable pour permettre des déplacements précis. Il arrivera donc que l’on perde… uniquement parce que l’on n’aura pas réussi à se mettre à couvert en se déplaçant simplement. Enfin passons rapidement sur l’aspect technique, clairement pas le point fort du jeu là encore, puisque ce dernier n’est clairement pas beau sur la tablette, et c’est encore pire une fois l’image agrandie sur un écran de télévision (#pixel). Ne parlons pas de la caméra, qui pose souvent problème, en multi comme en solo. Et s’il reste fluide en toutes circonstances en temps normal, il arrive souvent qu’il subisse divers ralentissements en ligne. Quant à la bande son… non, ne l’abordons pas, elle est clairement insupportable

Pour qui ?

Pour ceux qui cherchent un jeu multijoueur en attendant Mario Kart : Hormis 1-2 Switch, dont l’intérêt est là encore assez limité, ou le sympathique Fast RMX, la Switch ne dispose pour le moment pas de gros jeu multi bien fun (et non, je ne parlerais pas de Just Dance !).

Pour les amoureux de Bomberman : Alors certes, plein de points sont à revoir, mais en soi si l’on aime la série, il faut bien reconnaître que Super Bomberman R est plus complet que nombre avant lui.


 

Il n’y a clairement pas grand chose à retenir du line-up de lancement de la Nintendo Switch, et ce n’est pas ce Super Bomberman R qui changera la donne. Pas beau, pourvu d’une bande son infâme et d’un solo dont on se demande encore pourquoi il existe, il prend tout son sens en multijoueur où les parties se révèlent, comme d’habitude, vraiment très fun. L’ennui, c’est que même à plusieurs cet épisode conserve divers problèmes, notamment une IA trop exigeante ou une caméra perfectible. Reste un mode en ligne dont on reconnaîtra l’intérêt, mais qui manque pas mal de monde et de fluidité… Bref, une mauvaise pioche que l’on ne conseillera qu’à ceux qui cherchent désespérément un jeu multijoueur sur Switch en attendant Mario Kart 8 Deluxe.

Super Bomberman R

Super Bomberman R

Les plus
  • Un multijoueur relativement réussi
  • Pas mal de maps à débloquer
Les moins
  • Un contenu dérisoire
  • Le scénario sans intérêt
  • Durée de vie misérable
  • Le online rarement fluide
  • Pas très beau
5 10