Super Mario Run Logo Test

Super Mario Run est la troisième incursion de Nintendo dans le domaine mobile. Après la débâcle (prévisible ?) de Miitomo et la réussite de Pokemon Go, c’est au tour de la mascotte de la firme japonaise de poser les pieds sur plateformes mobiles.

Présenté en septembre dernier par Shigeru Miyamoto, lors de la Keynote Apple — d’où l’exclusivité, possiblement temporaire de cette version iOS, bien que Shigeru Miyamoto a annoncé un problème de sécurité potentiel sur Android pour le sortir dès à présent sur cette plateforme — le titre a droit à une concurrence féroce. D’autant que Super Mario Run n’innove pas tant que ça la recette du runner. Nintendo doit redoubler d’effort pour briller et s’imposer réellement dans l’esprit des joueurs, que ce soit un titre avec Mario ou pas, dans un médium qu’il ne maîtrise pas encore totalement. L’expérience est-elle réussie ?

Super Mario Run par CooldownTV

Vous reprendrez bien une part de nostalgie ?

Dans tous les cas, nous pouvons déjà affirmer que cela l’est visuellement. La direction artistique récupère en très grande partie l’aspect imposé par les épisodes Mario en 2.5 dimensions, inauguré par le premier sur Nintendo DS. Soigné et coloré, l’univers Mario Bros est retranscrit à la perfection dans cet opus iOS. Même s’il est fort probable que les assets utilisés ne soient pas des plus gourmands, il est toujours appréciable de voir des niveaux plutôt détaillés. Et redécouvrir les environnements communs aux Mario Bros est un délice : à vous donc les joies des Bowser Castles, bateaux volants et autres niveaux désertiques ou aériens.

Il n’y a pas que le choix artistique qui vous rendra nostalgique. Un soin tout particulier a été mis sur le plan sonore. Vous y retrouverez les différents bruitages habituels, que ce soient les pièces, les sauts, les champignons ou encore la voix de Mario. Tout est fidèlement reproduit dans Super Mario Run, pour le plus grand plaisir des fans et des néophytes qui y découvriront ici un monde des plus sympathiques.

Le tout est servi par une technique et une réalisation (presque) irréprochables. Votre expérience sera très fluide, sans ralentissement ni même de coupure brusque pendant une partie. Un niveau se lance sans temps de chargement et vous enchaînez les transitions très rapides. L’un des seuls bémols concerne le loading de synchronisation avec votre compte Nintendo, lors du démarrage de l’application, qui risque de vous faire patienter assez longtemps, surtout si vous possédez une connexion assez faible.

Ceci va de pair avec un second problème : la connexion obligatoire. Puisque Super Mario Run se veut nomade et aura une certaine utilité dans vos transports en commun, vous risquez une vive perte de patience à la moindre déconnexion impromptue. Si cela ne vous coupe pas dans votre élan lors d’une partie, vous serez dans l’impossibilité de valider une quelconque session de jeu tant que votre appareil ne récupère pas de réseau. Cela peut provoquer par ailleurs un arrêt actuel du titre et l’obligation de recommencer votre niveau. Puisque ces derniers s’enchaînent rapidement, cet inconvénient n’est que temporaire. Il reste cependant regrettable d’en être autant dépendant, vu la qualité du réseau français par exemple dans le métro.

Mon autre coup de gueule concernera aussi ce système obsolète de partage de codes pour ajouter vos comparses à votre liste d’amis. Bien évidemment, Nintendo n’est pas à moitié incrédule, et si vous n’avez aucune peur de la répartition de données afin de rémunérer l’entreprise japonaise, vous pourrez toujours synchroniser vos Twitter et Facebook. Mais puisque la firme nippone a tout de même redéveloppé un système de compte, il aurait été préférable de proposer, au minimum, la récupération par recherche d’identifiant.

Une histoire vieille de plus de 30 ans… comme le gameplay

Si vous avez déjà joué à un Mario Bros. dans votre vie, alors vous connaissez d’avance l’histoire qui vous sera contée : Peach organise une fête au château du Royaume Champignon et vous a préparé un gâteau. Dès lors, Bowser, déçu de ne pas avoir été invité, détruit tout sur son passage et s’envole vers son repère en kidnappant la princesse, ainsi que l’intégralité du gâteau (l’égoïste). Nintendo se repose une énième fois sur ses lauriers et nous ressert l’excuse de la jolie jeune femme en détresse pour Super Mario Run, la marque de fabrique concernant la licence Mario Bros. Rien de nouveau à l’horizon, donc… Pourtant, la firme japonaise s’est déjà, à plusieurs reprises, inspiré d’une mécanique de gameplay pour y construire tout un univers : l’aspect RPG des Mario & Luigi, la gravitation de Mario Galaxy, l’aspirateur à fantômes du docteur Katastrof dans Luigi’s Mansion, ou encore J.E.T. dans Super Mario Sunshine. La firme japonaise aurait pu sortir la particularité de son runner, soit l’interaction avec l’écran, pour trouver une pirouette scénaristique, et ainsi « excuser » la mobilité limitée du plombier.

Mais, nous le savons tous très bien, les scénarii Nintendo ne sont généralement qu’une excuse pour exploiter un gameplay. Et puisque nous avons abordé le sujet précédemment : comment fonctionne concrètement Super Mario Run ? Comme tout bon runner qui se respecte, vous devez emmener votre personnage de son point de départ au lieu d’arrivée, en faisant en sorte qu’il survive à ses différentes péripéties, le tout en appuyant au bon moment sur votre écran. Mario est capable d’éviter automatiquement les petits ennemis (Gombas, tortues, etc.) et les obstacles (trous de dimension similaire à la largeur du personnage, ou encore les blocs simples), votre hauteur du saut varie en fonction de la tension que vous effectuerez sur l’écran, et vous pourrez par une seconde pression permettre à l’italien moustachu de rester quelques secondes supplémentaires en l’air, grâce à une rotation.

Nintendo signe ici pour une simplicité d’utilisation de son gameplay. Ce qui peut poser une problématique, à mon sens, assez importante pour tous ceux qui ont suivi l’évolution des expériences mobiles. En effet, si certains jeux ont tenté une approche plus rafraîchissante du genre (on se souviendra avant tout des Rayman, ajoutant une progression verticale et une course possible dans les deux directions), Nintendo préférera aborder ici un côté très basique, voire old school : un seul sens de défilement, impossibilité de revenir en arrière sauf en recommençant (ou d’utiliser les bulles limitées qui vous font reculer), etc. Quoi que vous fassiez, Mario est voué à n’aller que de l’avant… Ce qui rappelle fortement les premières heures du plombier moustachu sur NES, où même si le déplacement de votre personnage était libre, ce n’était pas du tout le cas du scrolling ne vous permettant pas de revenir sur vos pas. Nostalgie garantie.

Cela étant dit, certes l’expérience repose sur un gameplay simple, mais en aucun cas simpliste, étant même d’une certaine haute exigence concernant les réflexes du joueur. Si vous y trouvez les traditionnels coins, briques et blocs « ? », le titre y apporte quelques particularités, à savoir des flèches d’apparitions de pièces, ainsi que des blocs booster/ralentisseurs de sauts ou permettant d’arrêter Mario (et le temps défilant) dans sa progression. Cela apporte un petit côté réflexion dans un des différents modes de Super Mario Run.

Certains l’aiment court… d’autres non

Concernant la durée de vie, vous devrez explorer les 24 niveaux qui composent le titre, séparés équitablement en 6 mondes, que vous devriez terminer en moins d’une heure. Attention, toutefois : je ne parle pas de la variante gratuite, si vous avez décidé de jouer avec la mouture mise à disposition par l’Appstore d’Apple, qui ne permet que de profiter des trois premiers niveaux. Non, je fais bien référence à la version payante à 9.99 €. Pour autant, ce temps ne concerne que l’expérience principale, celle à laquelle la majorité des gens s’attarderont en vérité, car Super Mario Run possède une certaine replay value.

Pour commencer, pensez à ramasser toutes les pièces colorées (au nombre de 5) du niveau dans le Tour des mondes, en une course. Ce qui ne sera pas chose aisée : à contrario des coins roses, les violettes ou même les noires ont des emplacements et sont des objectifs beaucoup plus difficiles à appréhender. Ces dernières vous demanderont en outre, quelquefois, de refaire à plusieurs reprises le niveau en question, à dessein de découvrir toutes les cachettes et toutes les façons de les débloquer, voire même de sacrifier une de vos bulles de secours, sur certains levels, afin de revenir sur vos pas, mettant ainsi en danger votre progression. Au final, la complexité n’intervient qu’en fonction de votre ambition à terminer le titre à 100 % ou non, et demandera un temps d’investissement important pour le maîtriser,  ce qui reste un très bon point pour les néophytes du genre, ou ceux souhaitant juste ne pas trop s’investir, et disposer d’un simple divertissement sur smartphones et tablettes.

L’autre mode concerne les Toads Challenges. Ces défis consistent, via l’échange d’un ticket, à vous confronter au fantôme de joueurs distincts, dans des niveaux infinis très fortement inspirés de ceux du Tour des Mondes. Mais il va falloir avoir de la classe et faire des figures stylées pour débloquer un maximum de Toad supporters. Amassez-en assez pour activer les Pièces en Folie, vous permettant de récupérer un nombre important de coins pendant un temps imparti. Le gagnant sera déterminé par la personne ayant attrapé le plus de pièces, sachant que les Toads débloqués en rapportent aussi un peu en fin de partie. On regrettera tout de même le côté asynchrone uniquement de ce faux multijoueur. Mais le challenge proposé vous apportera nombre moments de défis intéressants et complexes. Gageons que Nintendo fasse évoluer son appli pour proposer une version compétitive en direct.

Enfin, troisième et dernier mode, il y a l’aspect Édition. Les Toads ayant disparu avec l’enlèvement de Peach, ils vous serviront à agrandir le Royaume Champignon une fois revenu grâce aux Défis. Ce qui vous permettra la réédification du château, mais aussi la personnalisation du royaume à votre guise, avec des objets, des habitations pour vos Toads, l’ajout de la flore de l’univers, etc. Bien que certaines constructions vous apportent quelques bonus, vous gratifiant de coins ou tickets supplémentaires, ce mode reste assez anecdotique et n’existe que pour vous tolérer la dépense des nombreuses pièces accumulées durant votre partie. Aucun caractère ludique, juste le plaisir de créer à sa façon votre royaume, et vous permet quelques moments de répit entre chaque session.

Super Mario Run : Pour qui ?

Tout possesseur d’appareil iOS disposant d’iOS 8 au minimum. Oui tous, du moins pour la version gratuite, afin de vous faire une idée du potentiel de Super Mario Run. Néanmoins, le titre jouant énormément sur l’aspect très nostalgique, seuls les fans de la licence (ou de challenges élevés) ont une excuse valable pour actuellement débourser 9.99 €. Quant aux autres, attendez une mise à jour apportant plus de contenu captivant, comme un éditeur de niveau, ou une baisse de prix de l’achat in app, l’investissement temps/coût et l’expérience gratuite n’étant pas suffisamment intéressants pour y rester.


Très bonne entrée de la part de Mario dans le monde nomade non Nintendo, bien qu’elle ne sera pas aussi intéressante pour tous. Entre nostalgie et simplicité d’appréhension, Super Mario Run aura le gros avantage de proposer un excellent avant-goût à l’univers incroyable du Royaume Champignon. Dommage que quelques détails viennent l’obscurcir alors qu’il est aussi bien réussi sur le plan technique et ludique. Un must have sur smartphone et tablette, tant que le prix ne vous rebute pas trop pour la relativement « courte » expérience de jeu sur Super Mario Run.

Ce test a été réalisé à partir d’une version commerciale sur un iPhone 6

super mario run

Super Mario Run

Les plus
  • La direction artistique
  • La bande son
  • La simplicité d'approche du gameplay et sa complexité de maîtrise
  • La rejouabilité des différents modes
  • L'aspect nostalgique
  • Les Toads Challenges
Les moins
  • Le peu d'utilité du mode Construction
  • Une expérience en ligne droite beaucoup trop courte
  • Connexion obligatoire
  • Codes amis ? Encore ? Sérieusement ?
8 10