Inutile de vous le rappeler une énième fois, j’imagine aisément que si vous avez terminé sur cet article c’est que vous en avez pleinement conscience : cette année les jeux de baston sont nombreux. Toutefois, si l’on ne devait en retenir que deux en cette première partie de 2017, avant même de parler de qualité, il va sans dire que ce serait Injustice 2 et Tekken 7. Deux titres attendus, dont le second aura mis un temps fou à débarquer en Occident après sa sortie en arcade au Japon. Si les fanatiques de la licence de Bandai Namco ont eu droit à quelques spin-off depuis le sixième épisode sorti en 2009, force est de constater qu’hormis un Tekken Tag Tournament 2 relativement divertissant, ces derniers n’eurent droit qu’à de la daube, et je pèse mes mots. Alors évidemment, l’arrivée du septième épisode le 2 juin dernier, sur PS4, Xbox One et PC, sonnait un peu comme le retour du fils prodige, ce qui plaçait la barre très haut en terme d’attente. Et je ne vais pas vous le cacher plus longtemps : la patience en valait la chandelle !

Il aura tout de même fallu deux longues années à Tekken 7 pour enfin s’extirper des bornes d’arcade nippones, et débarquer fièrement sur nos consoles et PC. Une attente insoutenable pour les fans de la série, qui durent se contenter de peu en attendant, et surtout de jeux largement dispensables si ce n’est clairement blasphématoires (coucou Tekken Hybryd). Au moins, ce septième opus nous arrivait avec pas mal de promesses, et quelques changements dans son gameplay. Reste encore à voir si ces derniers ont un quelconque intérêt.


Tekken 7 – Votre combat – lancement ps4 par CooldownTV

Le retour du fils prodige

Tekken 7

Heihachi, toujours autant… Lui-même…

Vous allez sans doute vous en rendre compte, et je ne chercherai absolument pas à le cacher dans cet article : je suis un fan de la première heure de la licence. Évidemment, cela ne veut pas dire que j’aurai la main lourde sur les qualificatifs élogieux, ce serait même plutôt l’inverse étant donné l’attente incroyable autour de ce nouvel épisode. Toutefois, cela peut expliquer certains de mes mécontentements, peut-être un peu trop prononcés, qui ne rentreront peut-être pas dans le cadre le plus objectif qui soit. Gardez donc en tête que ce test a été écrit par un amoureux de Tekken, qui a essayé de bout en bout de rester le plus objectif et le plus calme possible, en dépit de pulsions qu’il était difficile de placer au second plan. Maintenant que tout est dit, venons en aux faits.

Tekken 7 reprend tout là où le sixième épisode s’était arrêté. Ainsi, le gameplay a pour lui les maigres nouveautés de son prédécesseur, qui se traduisaient principalement par un dynamisme accru et une jauge de vie offrant un léger gain de puissance lorsqu’elle virait au rouge. Jusqu’ici tout va bien donc, puisque la recette fonctionnait parfaitement dans Tekken 6 qui, sans aller jusqu’à être le meilleur volet de la série (qui est, je le clame haut et fort, sans honte aucune, le cinquième), nous en offrait largement pour notre argent. Reste que, là où ce dernier était très accessible, notamment en ce qui concernait les nouvelles têtes, le cru 2017 a quant à lui haussé un brin sa difficulté, ce qui pourra écarter d’emblée une partie des néophytes.

Tekken 7

Ce combat d’OVNI !

Car s’il est bien quelque chose que l’on retient de Tekken, et c’est en bonne partie ce qui fit sa force jusque là, c’est que la licence de Bandai Namco a souvent su être accessible (depuis le troisième volet disons), aussi bien en terme de prise en main que de difficulté pure. Les coups sortent tout seuls, pas besoin d’apprendre cinquante combos différents pour mettre au tapis une IA qui sort rarement de gros enchaînements. Le truc, c’est que n’importe qui pouvait prendre la manette et mettre au tapis un type qui aura passé au préalable une centaine d’heures à se coltiner un mode arcade à la difficulté croissante pour obtenir un titre glorifiant. Le grand nombre de coups et de combos aidant, le tâtonnement était une option parfaitement efficace, jusqu’à un certain niveau.

 

Technique et efficace

Tekken 7

La fin ferait presque mal au cœur

C’est là que se démarquera le plus Tekken 7, pour le plus grand bonheur des puristes. Sans devenir totalement inaccessible aux amateurs, le titre se révèle toutefois nettement plus technique, et laisse beaucoup moins de place à la chance que par le passé. Ceci en partie grâce à l’une de ses plus grosses nouveautés : des attaques qu’il est impossible de contrer, et qui sortiront rarement facilement. Ces dernières sont parfois l’occasion d’une petite cinématique, et parfois sortiront sans prévenir, ne laissant au joueur adverse que deux solutions : l’esquive ou la parade. Certaines d’entre elles ne pourront en outre être déclenchées que lorsque la jauge de vie du personnage aura atteint le seuil critique, ce qui se traduit à l’écran par une aura de couleur rouge( plutôt classe d’ailleurs), comme dans le précédent mais en plus beau.

Dans le même ordre d’idée, les placements en combat nécessiteront un peu plus de réflexion, et il sera bien nécessaire d’observer son adversaire (voire de connaître ses mouvements sur le bout des doigts, à un certain niveau) pour échapper à ses divers coups, ou même réussir à le toucher. Dites donc adieu à la technique de la petite sœur (vous savez, cette technique de lâche qui consiste à appuyer sur tous les boutons comme un forcené en espérant sortir des coups de malade, et qui marchait très bien par le passé), et bonjour à un jeu de combat qui gagne en maturité, pour le mieux. Bien sûr, certains ne verront pas d’un bon œil ces changements, et cette nouvelle difficulté (qui devient vite complexe à gérer), mais force est de reconnaître que les amateurs de jeux de baston s’y retrouveront un peu plus que par le passé.

S’ajoutent à cela une poignée de petits réglages, çà et là, notamment en ce qui concerne les attaques aériennes. Si vous connaissez bien la série, il ne vous aura pas échappé qu’une fois projeté dans les airs sous les coups de votre adversaire, il y a de grandes chances pour que ce dernier fasse mal, très mal. Il n’était en effet pas difficile de rattraper un combattant au vol et de l’enchaîner sans vergogne, suivi bien entendu de coups à terre le temps que celui-ci ne se relève, de quoi faire chuter d’un tiers, voire plus, sa barre de vie. Tekken 7 a rendu tout ceci plus compliqué. On aura en effet beaucoup plus de mal à toucher un adversaire dans sa chute, de quoi équilibrer un peu plus les parties, notamment face à des personnages comme Asuka ou Master Raven, qui sont sacrément bien taillés pour ce genre de coups de lâches.

 

N’est pas Tekken qui veut

Tekken 7

Le mode Histoire est vraiment chouette

Je vais être honnête, en apprenant que le mode Histoire de Tekken 7 serait différent de ce à quoi nous ont habitué les derniers épisodes, j’ai sauté très haut de joie. Parce que je ne sais pas si vous avez déjà tenté l’expérience, mais un Beat’em’all (ou Beat’em’up, à vous de voir) à la sauce Tekken, avec seulement deux ou trois coups, une propension à nous fournir des kilomètres et des kilomètres de couloirs fades et sans vie, et un bestiaire dégueulasse, c’est pas particulièrement folichon. Alors bon, il y en avait bien pour apprécier, en dépit de ces défauts quasi-impardonnables, mais soyons clairs, nets et concis : réaliser un mode Histoire classique, avec des cinématiques et des combats, c’était la meilleure option.

D’autant que, s’il n’est évidemment pas extraordinaire, son scénario parlera toutefois beaucoup aux connaisseurs, et se suit vraiment très bien. Pas besoin d’en connaître un rayon sur l’univers d’ailleurs, puisqu’il nous sera rappelé les grandes lignes (du moins celles qui touchent les événements décrits dans cet épisode). Et sans vouloir lui jeter plus de fleurs qu’il n’en faudrait, Bandai Namco a choisi une belle manière de mettre le tout en scène, pour un résultat qui claque. Dommage qu’on en voit le terme aussi rapidement, en quelque chose comme quatre ou cinq misérables heures, parce qu’on en redemanderait. Reste une série de combats scénarisés (à prendre entre de gros guillemets), qui n’auront guère d’intérêt, si ce n’est apprendre d’où sortent certains des nouveaux personnages.

Tekken 7

Le menu principal en jette quand même pas mal

Malgré tout, le titre a du contenu à revendre, à commencer par un mode Combat au Trésor particulièrement grisant. Ce dernier proposera d’enchaîner les bastons jusqu’à plus soif, l’occasion de monter en grade régulièrement, à condition bien sûr d’avoir un minimum de talent. Chaque combat permet aussi de gagner des éléments de personnalisation (de personnage, d’écran ou de profil), ceux-ci étant vraiment très nombreux. Le mode Arcade offre quant à lui quelque chose de très classique, peut-être un peu court et un peu aisé toutefois. Reste bien évidemment toute la partie multijoueur, avec un Versus tout ce que l’on fait de plus commun en local, idem en ligne. Il sera aussi possible d’organiser des tournois. Petit coup de gueule toutefois, ou même gros tiens, quant à la disparition inexpliquée et purement dégueulasse du combat en équipe. Quelle idée de retirer ce mode Versus ++ qui permettait à deux joueurs de s’affronter avec tous leurs combattants favoris ?! Je reste sans voix….

 

La fine équipe

Tekken 7

Le roster a quand même de la gueule

Très étrangement, la façon dont le roster est agencé à l’écran donne la désagréable impression que ce dernier n’est pas aussi imposant que dans l’opus précédent, qui alignait les personnages comme des sardines en boite. Toutefois, force est de reconnaître qu’il ne s’agit bien là que d’un vague effet d’optique, puisque le jeu compte un bon nombre de combattants (plus que chez Injustice 2 par exemple) mais un poil moins que dans Tekken 6 certes, dont six nouveaux. Enfin pas exactement. Si le jeu veut nous faire croire à six, en réalité le fait que Raven ait été remplacé par Master Raven, son homologue féminin, peut s’apparenter à un banal changement de skin. D’ailleurs, de vous à moi, je n’ai toujours pas compris pourquoi il a fallu que Bandai Namco remplace ce personnage puant la classe par une espèce de pseudo Raiden à la Metal Gear Rising : Revengeance, le tout avec les mêmes coups trait pour trait… Maintenant, il ne reste plus qu’ à voir comment la firme va nous vendre la multitude de DLC qu’elle doit avoir en stock.

Reste que la plupart des anciens personnages ont subi quelques petites retouches, certes minces, mais suffisantes pour se ressentir un minimum en jeu lorsqu’on a l’habitude de les jouer dans les épisodes précédents. Le tout, globalement, pour rendre le titre plus équilibré que ne l’était le sixième volet, qui puait dès lors que l’adversaire décidait d’intégrer dans son équipe un Bob ou une Christie. D’ailleurs, dites adieu à cette dernière (ENFIN !!), qui faisait en bonne partie office de skin standalone de Eddy, tandis que ce dernier se révélera beaucoup moins intouchable que par le passé. Quant aux nouvelles têtes, il faut bien reconnaître que personne ne sort vraiment du lot, si ce n’est Kazumi (la femme de Heihachi et mère de Kazuya), et bien entendu Akuma, le personnage issu de Street Fighter venant se taper l’incruste. Ce dernier a d’ailleurs son gameplay bien à lui, presque à la croisée des chemins entre les deux séries. Pour ma part, j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi on nous sert un mec de SF dans Tekken 7, mais qu’on est incapable de nous pondre le Tekken X Street Fighter qu’on nous annonçait il y a de ça un bon moment…

 

Un emballage pas dégueulasse

Tekken 7

Les possibilités de customisation sont énormes et farfelues

Jamais en reste jusque là sur l’aspect technique, la série aura su demeurer au top durant longtemps, et ce n’est pas avec ce septième volet que la donne va changer. Si quelques petits défauts persistent encore, notamment des cheveux qui pixelisent un brin, ou des textures pas toujours des plus fines, force est de reconnaître que Tekken 7 offre un spectacle de choix, emballé dans des graphismes tout à fait classieux. La cerise sur le gâteau étant son dynamisme accru, se ressentant évidemment à l’écran, couplé à de nouvelles et nombreuses effusions de particules qui rendent particulièrement bien. Le tout est explosif, et donne constamment l’impression de jouer de façon sensationnelle, même quand ce n’est pas le cas, pour un résultat vraiment grisant manette en main.

Quant au character design, que dire sinon : merci ? Parce que bon, le look de vieux motard beauf à souhait de Hwoarang commençait à faire franchement dégueulasse, Lars n’avait aucun flow dans Tekken 6, et je vous passe les autres. Toute la petite équipe a été revue et corrigée, pour un résultat qui claque, avec notamment Steve et Bryan qui puent la classe intersidérale. Reste un Yoshimitsu pourvu de tentacules qui ne plaira clairement pas à tout le monde, mais qui conserve son coté décalé / alien. Les nouveaux ne sont pas mal non plus, mention spéciale à Akuma qui a quand même une sacré gueule, à la fois effrayant et imposant, tout pour coller parfaitement à son style de combat écrasant. Finissons ces lignes en abordant brièvement l’aspect sonore du titre, qui risque de diviser. En effet, le coté électronique énervé des divers thèmes musicaux sera un pur régal, si tant est que l’on soit dans l’ambiance. Toutefois, leur aspect relativement répétitif n’est pas pour le mieux…


Tekken 7 – trailer gameplay – Lucky Chloe vs… par CooldownTV

Pour qui ?

Pour les fans de la série : clairement, Tekken 7 était attendu, et il remplit parfaitement son office en se révélant presque aussi bon que le cinquième volet de la série.

Pour les amateurs de baston : les jeux de combat ne manquent pas cette année, et pourtant force est de reconnaître que, jusqu’ici, Tekken 7 est un cran au dessus de la concurrence.

Pour quiconque a de l’argent : on ne va pas se mentir, le titre est une franche réussite, et clairement l’un des meilleurs jeux de baston de ces cinq dernières années, rien que ça !


 

Il en aura fallu du temps pour que le roi de la baston daigne enfin nous revenir ! L’attente était énorme, insoutenable, et il aurait été facile pour Tekken 7 de décevoir ceux qui l’attendaient de pied ferme. Toutefois, force est de constater que Bandai Namco n’a pas fait les choses à moitié, bien au contraire, pour un résultat qui déboîte complètement. Sans révolutionner le genre, ni même la série, ce septième volet a toutefois pléthore d’arguments convaincants, notamment un roster du tonnerre et une technicité accrue. Reste son excellent mode Histoire et son contenu global tout à fait satisfaisant. Rien à redire, le titre est une réussite sous tous les aspects, se hissant presque au niveau du cinquième volet de la licence, et mettant à l’amende sans pression l’intégralité des jeux de baston sortis ces derniers mois. On tient là le meilleur jeu de combat de l’année, à n’en point douter.

Tekken 7

Tekken 7

Les plus
  • Un roster convaincant
  • Le dynamisme accru
  • Un contenu satisfaisant
  • Le mode Histoire vraiment chouette
  • Les combats mieux équilibrés
  • Les personnages mieux équilibrés
  • Explosif à souhait
Les moins
  • Quelques menus défauts graphiques
  • Le mode Arcade un peu superficiel
  • Où est passé le combat en équipe ???
8 10