Sans aucun doute possible la série des Batman de Rocksteady fait partie des références incontestées des jeux d’action de ces dernières années. Mêlant avec brio action et infiltration tout en respectant fidèlement l’univers du chevalier noir, le studio britannique a su répondre aux attentes des fans et des joueurs. Mais pour Rocksteady il est temps de clôturer la trilogie et ce Batman: Arkham Knight a la lourde responsabilité de terminer une aventure, jusque là, parfaitement réussie. Pour cela rien de mieux que de profiter d’une nouvelle génération de console histoire de se faire le plus beau possible et pouvoir ainsi, sereinement, s’en aller avec le sentiment du travail bien fait.
batman_vs_knight

(NA)16 Batmaaaaaaaaaaaaan

Et quoi de plus logique pour terminer une trilogie que de commencer ce dernier épisode là où le précédent s’était arrêté ? Il faut bien sur mettre de côté Batman : Arkham Origins sur lequel Rocksteady n’avait pas travaillé et comprendre que Batman: Arkham Knight est bien la suite de Batman: Arkham City sorti en 2011. On aurait donc pu croire qu’un an après l’événement majeur que l’on a connu en cette fin de ce second opus, Batman allait se reposer et que la ville de Gotham, débarrassée de sa plus grande menace, pouvait enfin profiter d’une tranquillité chèrement payée. Mais c’était sans compter sur le retour de l’Épouvantail qui, avec son plan diabolique, allait forcer le Chevalier Noir à reprendre du service. Pour ceux qui pensaient qu’on allait enfin avoir un épisode où il serait possible de se promener dans une ville pleine d’innocents à sauver sachez que Rocksteady a réussi, une nouvelle fois, à vider la ville de ses habitants avant que l’aventure ne commence. L’Épouvantail ayant menacé de faire exploser une bombe chargée d’un gaz hautement toxique, tout Gotham a été vidée de ses citoyens, la transformant en un énorme terrain de jeu pour les méchants qui vont s’en donner à cœur-joie pour la mettre à sac. Et ce ne sont pas les policiers, retranchés dans le QG du GCPD où les pompiers restés sur place qui vont pouvoir lutter face à cette nouvelle menace. Il n’en faut donc pas plus pour que Batman se lance sur les traces de l’Épouvantail afin de l’empêcher de mettre son plan à exécution. Une aventure qui, on pouvait s’en douter, ne va pas se dérouler comme prévu.

Fidèle à ses habitudes, Rocksteady a introduit tout un tas de méchants pour pimenter cette aventure et conserve le même schéma de fonctionnement que le jeu précédent à savoir un open world dans lequel le joueur peut, à tout moment, faire progresser l’aventure principale ou s’occuper des missions secondaires. Les plus pressés pourront ne s’intéresser qu’à l’intrigue de l’Épouvantail et terminer le jeu en une petite douzaine d’heures, alors que ceux qui aiment le travail bien fait prendront un malin plaisir à remplir chaque mission et ainsi profiter d’environ quarante heures de jeu. Le scénario principal se veut classique dans son déroulement mais reste malgré tout riche en rebondissements et moments épiques. Si on regrette quelques surprises et autres twists un peu téléphonés il est relativement facile de se laisser embarquer dans cette ultime aventure aux commandes de l’homme chauve-souris. Les missions annexes quant à elles mettent généralement en scène un méchant secondaire mais, malheureusement, soufflent le chaud et le froid. Certaines sont relativement répétitives comme la capture des tours, la libération des routes ou la poursuite de Firefly, alors que d’autres apportent une vraie bouffée d’air frais dans l’aventure. On pense notamment aux cambriolages de Double Face, le démantèlement du trafic d’armes du Pingouin ou les inévitables énigmes d’Edward Nigma disséminées dans la ville un peu partout. Toutes ces occupations associées à la taille de la carte font qu’il est franchement difficile de s’ennuyer dans Batman: Arkham Knight. Répartie sur trois îles, la ville, accessoirement 5 fois plus grande que dans Arkham City, n’a jamais été aussi fidèle à l’univers de Batman avec sa superbe robe ghotiquo-moderne, la pluie, la nuit et les éclairages finement gérés se chargeant de peaufiner la noirceur de l’ensemble.

L’occasion de parler un peu de technique avec un jeu qui se veut visuellement très solide et flatte littéralement la rétine sur Xbox One et PlayStation 4 avec une ville de Gotham qui s’étend à perte de vue. Le constat est le même pour les protagonistes avec une modélisation très soignée et un niveau de détail impressionnant. Tout au plus regrettera-t-on un peu d’aliasing et des textures pas toujours folichonnes. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la version PC, la qualité du portage étant à mourir de honte. Si on insistera pas trop sur cette affaire qui a fait grand bruit, on ne peut que regretter que le jeu ait été autant bâclé sur cette plate-forme et que le manque de professionnalisme du studio en charge de ce portage réussisse à gâcher le plaisir des joueurs.

BatmanAK 08-08-2015 12-34-00-973

He’s the hero Gotham deserves, but not the one it needs right now

Se déroulant sur une nuit complète, la poursuite de l’Épouvantail ne sera pas une tranquille promenade de santé pour le Chevalier Noir. Il faut dire que Scarecrow s’est associé avec le mystérieux Chevalier de Gotham qui court après une vengeance aveugle et que, pour couronner le tout, notre héros lui même doit faire face à une lutte interne avec son alter ego qui ne cesse de le tourmenter. Une habile pirouette parfaitement mise en scène qui permet d’ailleurs à Rocksteady d’utiliser, une nouvelle fois, le Joker comme un élément important de l’histoire. Logiquement, au niveau du gameplay, on retrouve des phases d’action pêchues, expéditives et avouons-le totalement jouissives. Le système de combat est resté le même mais le studio britannique a réussi à le dynamiser encore un peu plus pour arriver à un niveau de vivacité et de fluidité franchement impressionnant. Batman vole littéralement d’un ennemi à l’autre, assurant une distribution de bourre pifs généreuse tout en variant avec ses gadgets toujours à portée de main. La contrepartie de cette « surpuissance » c’est que le début du jeu est particulièrement facile, les chétifs ennemis se présentant face à nous ne faisant clairement pas le poids. Et si la résistance s’améliore au fur et à mesure de l’aventure grâce des ennemis de plus en plus équipés pour (tenter de) résister à la puissance de l’homme chauve-souris, on ne peut que vous conseiller de jouer en mode difficile dès le départ pour vraiment apprécier le gameplay sans avoir l’impression de défoncer une motte de beurre avec un marteau chauffé à blanc. Un petit soucis d’équilibrage qui ne nous empêche pas d’être sincèrement ravis de retrouver ce gameplay efficace tout en profitant de petites évolutions parfaitement intégrées.

Évidemment l’attaque de front ne sera pas toujours la solution la plus adaptée et parfois l’infiltration s’imposera aux joueurs. Là encore on retrouve les éléments des précédents opus, le joueur devant éviter de se faire repérer afin d’éliminer les ennemis, discrètement, un par un avant de continuer à progresser. Malgré des mécaniques bien huilées dans Arkham City, Rocksteady a une fois de plus subtilement enrichi le gameplay pour offrir de nouvelles possibilités. Ainsi en réalisant plusieurs éliminations silencieuses, le joueur débloquera la possibilité de réaliser une élimination instantanée qui permet de cibler un premier ennemi pour le mettre hors service tout en visant la cible suivante et ainsi de suite. Lorsqu’elle est upgradée au maximum, cette nouvelle capacité autorise cinq ciblages successifs, de quoi largement réduire les rangs ennemis à peau de chagrin avant qu’ils n’aient le temps de réagir. Pour le reste on retrouve les classiques éliminations à travers les murs fragiles, par dessus, par le plafond etc. Et si le joueur peut se permettre, dans ces situations d’infiltration, de prendre son temps, on saluera l’arrivée des braquages de Double Face dont il faut stopper les équipes sans traîner sous peine de voir les banques de Gotham perdre un peu trop d’argent, le tout sans se faire prendre sous peine de se faire cribler de balles. Le parfait mélange entre infiltration et rapidité. Un vrai plaisir !

batmobile

She’s big, fast and furious

Rocksteady aurait pu s’arrêter là, se contenter de cette aventure solide et prenante avec son gameplay soigné à l’extrême. Mais le studio a décidé d’aller plus loin en introduisant un élément de gameplay totalement nouveau: la Batmobile. Véhicule emblématique de l’univers de Batman, il est désormais possible de la conduire et, à dire vrai, le jeu ne vous laissera pas franchement le choix. Si certains critiqueront son design qui rappelle indéniablement la Batmobile de Nolan au cinéma, c’est surtout son utilisation qui fera le plus débat. En tant que véhicule simple, la Batmobile n’offre, avouons-le, que peu de sensation de conduite. L’effet de vitesse est franchement pauvre et on aura vite fait de préférer voltiger entre les bâtiments à l’aide du grappin plutôt que de se traîner sur les routes encombrées de Gotham. On pourra bien entendu utiliser un boost temporaire histoire de gagner en vitesse mais ça ne change pas franchement le ressenti général une fois que l’on est au volant. Heureusement la maniabilité est bonne et le bolide répond parfaitement aux commandes permettant tout de même de ne pas rager lorsqu’il s’agit d’emprunter des chemins un peu étroits. Mais, Batman oblige, cette Batmobile ne pouvait pas se contenter d’être un simple véhicule de tourisme.

On peut donc également s’en servir de tank par une simple pression sur la gâchette gauche de la manette et ainsi profiter d’une maniabilité accrue et d’une puissance de frappe digne d’Iron Man. Il fallait bien ça pour faire face à l’armée du Chevalier d’Arkham qui a débarqué en ville avec ses tanks personnels. Du coup, à plusieurs reprises le jeu placera le joueur dans la Batmobile et l’inondera de vagues de tanks ennemis jusqu’à plus soif. Non pas que ces phases soient pénibles, bien au contraire, mais elles sont bien trop nombreuses ce qui a tendance à les rendre particulièrement répétitives et lassantes. Et comme cela ne suffisait pas, Rocksteady en a rajouté une couche en imposant des courses poursuites pour nettoyer les rues de Gotham, des passages obligatoires pour aller débloquer un mur trop costaud pour les gadgets de base de Batman, des courses contre la montre pour certains défis d’Edward Nigma tout ça en plus des passages imposés par le scénario qui ne se feront qu’au volant du véhicule. Bref, ça fait beaucoup, voire même beaucoup trop par moment. Si la Batmobile n’est pas une mauvaise idée, il aurait peut-être fallu un peu moins la mettre en avant et cantonner son utilisation aux moments vraiment intéressants. On pense notamment à son utilisation à distance pour surprendre les ennemis et le désarmement des bombes dans les rues de Gotham. En poussant jusqu’à l’indigestion Rocksteady a involontairement un peu gâché du potentiel de son jeu qui, jusque là, frôlait le sans faute.

Et puisque l’on parle de trop plein profitons-en pour souligner que la fin du jeu risque, elle aussi de faire grincer des dents. Rassurez vous, point de spoiler ici. Mais sachez que pour débloquer la vraie fin du jeu il vous faudra impérativement réussir le jeu à 100%. Ce qui implique toutes les quêtes secondaires et, notamment, toutes les énigmes d’Edward Nigma qui, pour certains, seront certainement plus une perte de temps qu’un réel plaisir. Il faudra donc se montrer particulièrement motivé pour connaître l’ultime dénouement de Batman: Arkham Knight et il n’est pas certain que Rocksteady fasse l’unanimité sur ce coup là. A moins que le studio n’ait voulu offrir cette fin qu’à ceux qui se seront investis corps et âmes dans le sauvetage de Gotham, comme de vrais Chevalier Noirs dévoués au service de leur ville. Pour ceux là, sans aucun doute, la fin arrivera à point nommé et marquera, avec brio, la fin d’une trilogie dans laquelle chaque épisode aura contribué au succès mérité d’une saga parfaitement maîtrisée.

conclusion

Conclusion

Rocksteady clôture enfin sa trilogie avec ce qui est assurément le meilleur épisode des trois. Sans radicalement changer sa recette de base, le studio britannique a réussi à insuffler un semblant de sang neuf simplement avec quelques nouveautés bien senties et des ajustements intéressants. Batman est plus puissant que jamais et en prendre le contrôle offre un sentiment terriblement satisfaisant. Le scénario est solide avec un rythme maîtrisé et des surprises qui, si elles ne sont pas toutes à tomber par terre, font monter la pression tout au long de l’aventure. Dommage que Rocksteady ait cherché à en faire trop avec la Batmobile qui, si elle reste une bonne idée, est beaucoup trop imposée dans le jeu pour n’être que du plaisir quand on l’utilise. Toutefois pas de quoi tourner le dos au jeu qui avec son énorme contenu et sa réalisation ultra solide saura satisfaire les joueurs et comblera à coup sûr les fans du Chevalier Noir
Batman : Arkham Knight

Batman : Arkham Knight

Les plus
  • Gotham en open world grandiose
  • La puissance de Batman
  • Histoire prenante
  • L'utilisation du Joker
  • Présence de nombreux bad-guys.
  • D'excellentes surprises.
  • La Batmobile...
Les moins
  • ...quoique un peu trop imposée.
  • La fin pas accessible à tous.
  • Répétitivité de certaines missions.
  • Le portage PC honteux.
8 10