voc_soldier_color

Rare sont les productions indépendantes se démarquant par leurs qualités techniques. C’est le cas d’un certain « The Binding of Isaac » qui, avec des graphismes sommaires, arrive à nous faire passer de très bons moments. Inspiré par le premier épisode de Zelda, ce jeu a été développé par Edmund McMillen et Florian Himsl (déjà responsables de l’excellent Super Meat Boy) pour sortir en 2011 sur Steam. Et il s’avère que celui-ci est une belle réussite qui ravivera les joueurs avares de challenge… Et tout cela pour une poignée de sous !

École, devoir, détente et une mère prête à tout pour emmerder son fils : la vie tranquille d’un adolescent standard, non ? Quoi que… Devoir fuir la matrone prise d’une folie meurtrière n’est peut-être pas quelque chose de banal… À vous de voir ! Dans tous les cas, les développeurs ont pris le pari de ne pas s’autocensurer en imaginant cette mère corrompue par la volonté divine. Drôle de destin pour Isaac qui va s’armer de ses larmes et s’aventurer dans sa cave jusqu’à pouvoir se défaire de la vieille folle qui le poursuit.

voc_soldier_color

L’univers dans lequel va évoluer Isaac est plus que grotesque. Les monstres et objets composant son univers sortent tout droits de l’imagination du plus tordus des enfants à moins qu’il vous paraisse normal de combattre un vers de terre scatophile en vous transformant en Pac-Man. C’est à se demander qui de ce gamin ou de sa mère est vraiment devenu fou ! Il arrive souvent de tomber sur des éléments inspirés avec humour de la religion catholique qui ont valu au jeu un refus de la part de Nintendo de le sortir sur leurs plates-formes de téléchargements. Un peu coincés les Nippons !

Les mésaventures que va vivre notre jeune héros seront accompagnées d’une bande originale aussi entrainante que convaincante signée par Danny Varanowsky. On appréciera, comme pour son travail sur Super Meat Boy, le style de ce compositeur utilisant des sonorités rappelant des ancêtres du jeu vidéo tout en KK l’ambiance glauque du titre. Les bruitages et les autres sonorités sont plutôt soignées et accompagnent à merveille les animations à l’écran et ce que ce soit pour les monstres ou pour Isaac. Les seuls doublages (lors de la cinématique d’introduction) sont suffisants afin de nous embarquer l’ambiance unique du jeu.

voc_soldier_color

La prise en main de celui-ci est très accessible : il suffit d’utiliser ZQSD ou les souris pour tirer avec ses larmes dans les quatre directions possibles alors que les flèches directionnelles serviront à diriger le personnage. Mais il faudra tout de même une certaine dextérité pour s’adapter rapidement aux objets que vous récupérerez et qui changeront souvent radicalement sa maniabilité. Ceux-ci, en grandes parties inspirés d’autres jeux vidéo, sont variés et pourront par exemple modifier vos caractéristiques ou la manière dont le personnage pourra utiliser ses larmes. En se combinant, ils offrent une réelle diversité au gameplay.

Les objets que vous ramasserez auront donc une grande importance et donneront une dose d’imprévisible dans chaque partie. Elle sera accentuée par la génération aléatoire des niveaux : ne pas savoir de quoi ils seront faits et de quelles difficultés il faudra vous affranchir donne aux péripéties d’Isaac une rejouabilité infinie. Les niveaux, divisés en étages, seront divisés en salles remplies de monstres et de récompenses et se ponctueront toujours par des boss plutôt inspirés.

voc_soldier_color

Vous devez peut-être commencer à vous demander où se trouve la difficulté dont l’imbécile de rédacteur vous parlait dans l’introduction du test ? C’est simple : vous ne disposerez que d’une seule vie afin de terminer la totalité de l’aventure. De plus, les niveaux gagneront en taille et en difficulté à mesure que vous vous rapprocherez du dernier boss. Et il vous faudra le terminer un bon nombre de fois pour en voir la totalité puisque de nouveaux challenge se débloqueront à chaque fin de partie.

Plusieurs personnages seront également déblocables via des accomplissements à réaliser. Ceux-ci n’ont pas vraiment de lien direct avec l’histoire du jeu. Il n’aurait pas été étonnant qu’ils soient de simples costumes même s’ils possèdent leurs propres caractéristiques au début d’une partie. Chacun dispose de compétences qui pourront leur être utiles dans chacune d’entres elles : Cain sera plus chanceux alors que Magdalene sera plus résistante par exemple.

voc_soldier_color

Et à l’image des monstres qui essayeront de vous empêcher d’arriver à votre but, ils débordent d’un grand charisme. Représentés grâce à seulement quelques traits, ils font souvent sourire et comme pour Super Meat Boy, le visage des boss vaut le détour. Juste dommage que les décors n’aient pas été aussi inspirés que le bestiaire du jeu car il n’aurait pas été ardu de les rendre plus variés. Mais bon, tout cela reste suffisant pour s’immerger dans l’univers décalé de l’enfant.

Comme je l’évoquais dans l’introduction, le jeu s’inspire de Zelda jusqu’à dans son interface. Un choix totalement assumé par les développeurs qui ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Dans l’ensemble du jeu sont parsemées des références et des clins d’œil à d’autres productions vidéoludiques. Une vraie plus-value qui offre un petit hommage à pleins d’autres studios indépendants.

Vendu pour seulement cinq euros, The Binding of Isaac est une perle rare qui a déjà su conquérir le cœur de deux-millions de joueurs. Après quelques heures de jeu, difficile de décrocher à cet univers barré et au gameplay complètement atypique du titre. Complètement barrée, c’est incontestablement le genre de productions qui ne laisse pas indifférent : elle est à la fois originale, fun, déjantée et terriblement addictive.


Binding of Isaac

Binding of Isaac

Les plus
  • Terriblement addictif
  • Seulement 5€
  • Bourré de références de bons goûts
  • Une bonne difficulté
  • Une rejouabilité infinie.
Les moins
  • Décors trop peu variés
  • Quelques lacunes techniques
  • Uniquement jouable au clavier
7.5 10