bioshock test

Bioshock Remastered a été testé sur un PC avec la configuration suivante : Intel G3258 @ 3,20GHz – GTX 960 – 8 Go de RAM

Cela fait maintenant 9 ans que Bioshock premier du nom est sorti. Unanimement salué pour sa narration et son univers dystopique perturbant, il a aujourd’hui droit à un remaster de la part de 2K. L’occasion pour nous de nous replonger dans la peau de Jack au sein de l’effrayante Rapture.

Le premier Bioshock était le point de départ d’une trilogie qui aura marqué les esprits, même si le deuxième opus fut critiqué pour son manque d’audace par rapport à son prédécesseur. Il était donc logique qu’en cette année propice aux remasters en tout genre, la licence Bioshock ait également droit à son lifting. Ce qui nous donne une excuse, s’il en fallait une, pour découvrir ou redécouvrir la ville utopique d’Andrew Ryan et son ambiance horrifique.

BioShock : The Collection – Trailer de lancement par CooldownTV

Un phare dans la nuit

bioshock phare testComme dans tous les opus de la saga, tout commence par un phare. Ou presque. En vérité, les premiers moments du jeu se déroulent dans un avion où se trouve le protagoniste du jeu, Jack. Vous êtes en 1960, une époque où fumer dans les avions était encore autorisé, et après avoir jeté un dernier coup d’oeil au paquet-cadeau donné par vos parents avant votre départ, votre avion se crashe au milieu de l’océan Atlantique. A priori, vous êtes le seul survivant de cette tragédie et vous vous retrouvez à nager au milieu des débris en feu jusqu’au fameux phare. En pénétrant dans la bathysphère en son sein, vous avez mis le premier pied sans le savoir dans la cité sous-marine de Rapture, une ville fondée par un certain Andrew Ryan dans le but d’échapper à la censure et aux règles d’éthique dictées par les Etats. Vous vous retrouvez rapidement en plein cœur de l’horreur, guidé par un homme qui se fait appeler Atlas qui compte sur vous pour l’aider à retrouver sa femme et son fils et les sauver de l’emprise de Ryan. Du moins, c’est ce que vous croyez.

Bioshock vous amène rapidement à faire un choix moral dans un monde où la moralité est inexistante : sauver les Petites Soeurs, ces enfants génétiquement modifiés et vampirisant l’ADAM des cadavres ou bien les tuer et aspirer à votre tour la précieuse substance, utile pour acquérir des plasmides plus puissants. Votre guide vous enjoint à les sacrifier alors que leur créatrice, le Dr Tenenbaum, vous supplie de les épargner, en vous donnant le moyen de les libérer de leur malédiction sans les tuer. Dans les deux cas, il faudra avant vous occuper de leurs protecteurs, les Big Daddy chargés de veiller sur elles jusqu’à la mort.

bioshock petite soeur

Un Big Daddy et sa petite soeur

Au fur et à mesure de votre périple dans Rapture, vous serez abreuvé de la propagande d’Andrew Ryan, qui est une représentation de la philosophie de l’objectivisme dont nous vous avions parlé précédemment. Celui-ci n’aura de cesse d’expliquer le fondement de sa ville et de ses idéaux et d’exprimer son mépris envers les « parasites », ceux qui profitaient selon lui du succès des grands hommes. Un antagoniste idéaliste qui finit par presque devenir sympathique tant ses idéaux sont vains et ont conduit à la ruine de sa propre utopie face au désir de contrôle d’un autre homme.

Un gameplay qui sert la narration

Du côté du gameplay, vous posséderez un arsenal d’armes, de la clé à molette au lance-grenades en passant par les plus traditionnels pistolets et mitraillettes ainsi que des plasmides, des pouvoirs divers et variés vous permettant aussi bien de faire des dégâts directs avec du feu ou de la glace ou alors aidant à passer plus facilement les caméras de sécurité et à convertir un Big Daddy à votre cause. Il vous faudra cependant faire un choix car tous les plasmides ne pourront pas être équipés en même temps, à vous de vous adapter aux ennemis que vous rencontrez. Les hitboxes sont plutôt permissives et les combinaisons des plasmides avec les armes plus traditionnelles sont intéressantes, même si elles nécessiteront de passer de l’un à l’autre avec le clic-droit. En plus du côté FPS traditionnel, il vous faudra passer les caméras de sécurité et autres dispositifs de sécurité placés dans tous les niveaux. Pour cela, deux choix : soit vous les détruisez tout en prenant le risque que l’alarme se déclenche soit vous les neutralisez et les piratez. Le piratage se présente sous la forme d’un mini-jeu qui consiste à assembler des espèces de canalisations ensemble pour que le liquide bleu passe d’un point A à un point B. Les objets piratés vous confèrent divers avantages : une caméra de sécurité piratée vous devient favorable et envoie de petits robots tueurs dès qu’un ennemi traverse son champ. Un robot piraté se battra pour vous et un distributeur piraté vous permettra d’avoir accès à de nouveaux objets et à des réductions. Attention cependant, cette action n’est pas sans risque : un piratage raté vous vide de vos points de vie et nécessite l’utilisation d’un kit de soin.

Les ennemis sont essentiellement des chrosômes, ces habitants de Rapture devenus fous et modifiés physiquement suite à leur consommation abusive d’ADAM. Vous en rencontrerez de plusieurs types : le chrosôme grosse brute, qui est un peu l’ennemi de base et le premier que vous rencontrerez à Rapture ; le chrosôme armé, un peu plus dangereux que le précédent vu qu’il possède des armes ; le chrosôme Houdini qui maîtrise les plasmides et la téléportation ; le chrosôme explosif qui vous abreuvera de grenades jusqu’à ce que vous l’acheviez et enfin, le chrosôme plafonnier, capable de marcher sur les plafonds et d’éviter vos attaques grâce à des acrobaties. En plus des chrosômes, vous aurez à affronter les Big Daddy si vous souhaitez vous repaître ou libérer les Petites Soeurs. Ils ne sont pas agressifs mais seront des ennemis redoutables dès que vous lancerez la première offensive.

Le gameplay n’est pas aussi profond que la narration et sera presque un peu répétitif après plusieurs heures. Cependant certains ennemis vous donneront du fil à retordre et explorer chaque recoin sera nécessaire pour garder vos finances et vos réserves de soin et d’EVE à flot. Mais l’ensemble est loin d’être désagréable, les combats sont fluides et vos plasmides vous permettront de tenter plusieurs stratégies pour défaire vos ennemis, comme tuer un chrosôme explosif avec ses propres grenades grâce à la télékinésie par exemple. Dans l’ensemble, le gameplay est cohérent avec la narration, les différents plasmides modifiant votre apparence, vous permettant de vous rendre compte dans le même temps de leur effet sur le physique de leurs utilisateurs.

Un portage (encore) raté

Bioshock est un jeu qui a plutôt bien vieilli, grâce à ses graphismes se rapprochant plus du cartoon que du réalisme. Malgré la déchéance dans laquelle est tombée la ville suite à la guerre civile, Rapture nous offre quelques moments de grâce au milieu de l’horreur, comme un jardin luxuriant construit en son cœur ou un rayon de lumière s’échappant d’un trou dans un mur ou un plafond. Le tout est emprunt d’une poésie et d’un luxe indéniables, comme si les canalisations en fuite et le sang tâchant les murs n’avaient pu ôter à la ville ce qu’elle avait un jour été, malgré tous les malheurs et crimes commis en son sein.

Parlons maintenant de la version remastered de Bioshock. J’ai testé la version PC, qui a été donnée gratuitement à tous les possesseurs des jeux de base. Et autant vous dire que ce n’est pas une réussite, comme de nombreux utilisateurs l’ont signalé : le framerate est globalement élevé mais reste très inconstant tout au long de l’aventure, le jeu souffre souvent de petits freezes, même quand rien ne semble se dérouler à l’écran. J’ai de plus connu plusieurs crashs inexpliqués du jeu, qui en plus de fermer celui-ci, réinitialisaient totalement mes raccourcis et autres réglages, même la difficulté du jeu. Nous pouvons également critiquer l’option « utiliser la manette » qui s’active automatiquement dès que vous faites un tour dans les options même lorsqu’aucune manette n’est branchée, ce qui va vous empêcher d’utiliser votre souris jusqu’à ce que vous réussissiez à la désactiver à l’aide des flèches directionnelles. Alors oui, les graphismes sont plus jolis, l’eau et les effets de lumière sont très réussis mais au prix de la stabilité. Pensez donc à sauvegarder régulièrement votre partie si vous ne voulez pas avoir à refaire votre niveau à cause d’un crash inattendu. A noter que d’autres joueurs ont pu finir Bioshock sans rencontrer ce genre de problèmes. 2K a promis de sortir un correctif sous peu mais il commence à être lassant d’avoir toujours droit à des portages ratés sur PC et de devoir attendre plusieurs semaines pour jouer dans des conditions correctes.


Bioshock mérite définitivement son statut de classique. Son sujet est intemporel, allant bien plus loin qu’un jeu « d’horreur » classique en abordant la philosophie de l’objectivisme et par son entremise la question de la liberté à tout prix, de l’éthique scientifique et du contrôle sur les populations. Rapture est toujours un plaisir à explorer et il est agréable de devoir chercher dans chaque petit recoin pour trouver les enregistrements qui permettront de nous éclairer un peu plus sur le passé de la ville et les éléments qui ont conduit à sa chute. Malheureusement, dans la version remaster, le tout est terni par un portage raté et décevant avec des freezes et des crashs qui agacent rapidement.

Bioshock The Collection

Bioshock : The Collection

Les plus
  • Intemporel
  • La narration et l'histoire
  • Les graphismes
  • Le gameplay plutôt fluide
Les moins
  • Le portage raté et ses nombreux crashs
8.5 10