Pour beaucoup de joueurs le mois de mai rimera avec The Witcher 3 et Project CARS. Mais comme souvent, ces deux mastodontes cacheront d’autres jeux pas forcément très attendus mais qui méritent un coup d’œil. C’est le cas de Guns, Gore & Cannoli, un horizontal shooter développé par Crazy Monkey Studios qui, sans révolutionner le genre pourrait bien se faire une petite place dans la ludothèque de ceux qui aiment les jeux simples jouables à quatre en coop. On vous explique pourquoi.

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Zombies Al Dente

Guns, Gore & Cannoli prend donc place dans les années 1920, en pleine prohibition dans la ville de Thugstown (littéralement Voyouville). Vincent Cannoli, notre protagoniste, a été envoyé là par M. Bellàcio pour récupérer un certain Frankie. Et Vincent n’est pas du genre à se poser de question du moment qu’il est payé, peu importe le commanditaire ou l’objet de la mission, il s’exécute. Le voilà donc parti en voyage, à bord d’un paquebot, en direction de Thugstown pour remplir sa mission. Manque de bol, une fois arrivé les ennuis commencent. La ville a été envahie par des zombies et il sera plus difficile que prévu d’atteindre le centre ville. Mais Vincent n’est pas non plus du genre à se laisser impressionner par quelques morts vivants et fonce dans le tas bien décidé à ne pas décevoir son patron. Inutile de chercher une quelconque surprise dans le scénario, le jeu ne fait pas dans la subtilité. On est là pour avancer et dézinguer tout ce qui se présente sans trop se poser de questions. Après tout Guns, Gore & Cannoli est un shooter horizontal, on n’est pas là pour réfléchir. Bien sur ces zombies ne sont pas apparus comme par magie et la progression dans l’aventure nous expliquera comment on en est arrivé là à Thugstown.

S’il ne faut cependant pas s’attendre à un scénario de dingue, il est tout de même plaisant de voir que les développeurs ont pris le temps d’insuffler un semblant de vie à cette petite histoire et ne se sont pas contentés de nous poser là bêtement. Et comme pour montrer leur amour du travail bien fait, chez Crazy Monkey Studios ils n’ont pas lésiné sur les petits détails. L’ambiance années 20 est parfaitement retranscrite à l’écran. Les décors font évidemment la part belle aux bâtiments d’antan, de même que les personnages. L’ensemble possède un look très cartoon qui colle parfaitement avec le ton décalé voulu par le studio. Vincent Cannoli est le gangster typique des années 1920, caricatural à souhait, avec des répliques bien piquantes et un accent italien bourré de second degré. Bref, une vraie bande dessinée animée qui fait plaisir à regarder. Seule petite ombre au tableau, la musique. Totalement dans le ton, elle devient malheureusement vite répétitive et tourne trop vite en rond surtout quand les niveaux s’allongent un peu. Dommage.

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Plein les pâtes

Une fois aux commandes de ce gangster sans peur, les choses sont on ne peut plus simples. A l’instar d’un Metal Slug le joueur doit avancer en éradiquant tous les ennemis qui se présentent à lui. Un concept ultra simple et vieux comme Hérode dans le petit monde du jeu vidéo, mais qui reste un sacré casse tête pour les développeurs. La recette de la réussite est faite de level design astucieux et d’une variété de situations suffisamment dense pour ne pas que le joueur se lasse trop vite. Malheureusement pour Guns, Gore & Cannoli le pari n’est pas totalement réussi. Principalement parce que le level design est beaucoup trop simple et ne permet pas d’envisager différentes approches des affrontements. Un constat facile à faire lorsque l’on refait les niveaux plusieurs fois pour se rendre compte que l’on fait exactement la même chose d’une partie à l’autre sans se poser de question quant à savoir s’il vaudrait mieux passer par en haut ou pas en bas. Le jeu ne nous laisse jamais vraiment le choix. Avec très peu de passages secrets et encore moins de chemins détournés, le jeu force le joueur a toujours passer aux mêmes endroits détruisant toute initiative d’improvisation. Heureusement pour pallier à ce défaut, le jeu offre un bestiaire étoffé qui permet de varier les situations sur l’ensemble d’une partie.

De ce point de vue là, Crazy Monkey Studios a réussi à insuffler une vraie dynamique à son jeu évitant ainsi que l’on ne s’ennuie trop vite. On alterne donc généreusement entre les zombies et les gansgter à travers les douze niveaux que comporte le jeu. Au niveau des zombies il faudra faire face à presque tout ce que l’on connaît déjà pour le genre: le zombie de base, le rampant, le zombie armé, le gros explosif, l’excité et bien d’autres encore. Même chose côté gangster avec des voyous qui n’hésiteront pas à utiliser tout l’arsenal à leur disposition pour mettre à mal le joueur. Et puisque l’on parle des armes, précisons que comme pour le reste du jeu, on reste dans le contextuel avec des armes d’époque: 9Mm, Magnum, fusil à canon scié (Lupara), fusil à pompe, ou encore l’incontournable Thompson Gangster sont donc au programme. Mais comme chez Crazy Monkey Studios on aime bien la fantaisie il sera également possible de massacrer à tout va à grand coups de lance flamme, lance roquette ou encore de jouer les électriciens avec une arme à base de bobine Tesla. De quoi varier les plaisirs avec une petite touche d’originalité. Après tout pourquoi pas !

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Quand il y en a pour un…

Pour couronner le tout, les ennemis sont dotés d’une IA pas déplaisante, capable de retrouver leur chemin quelque soit la situation. Pousser un zombie en bas d’un bâtiment par exemple permettra de gagner un peu de temps avant de le voir rappliquer par un autre chemin, toujours bien décidé à nous manger la cervelle. Il faudra donc bien faire attention à ne pas laisser trop de monde derrière soit au risque de se retrouver encerclé à un moment inopportun. Les développeurs ont également eu la bonne idée de proposer tout un tas de situations où les deux types d’ennemi seront présents en même temps. Au joueur alors d’en tirer profit puisqu’ils pourront tout à fait s’étriper entre eux et ainsi faciliter la vie de Vincent qui aura tout loisir de finir le travail en se concentrant sur les survivants du moment. Enfin, on a évidemment le droit d’affronter des boss, au nombre de trois exactement, histoire de clôturer certains chapitres en grande pompe. Reste que pour un minimum de challenge nous ne saurions que trop vous conseiller de jouer en mode difficile, le mode normal n’offrant presque aucun intérêt. Il faut en effet moins de trois heures pour venir à bout du jeu dans ce mode de difficulté. La rejouabilité n’étant pas forcément la qualité première du jeu, cette faible durée de vie pourrait bien laisser un goût amer dans la bouche de ceux qui n’oseront pas prendre de risque.

En revanche dans les modes de difficulté plus élevée, le challenge devient relativement intéressant. En difficile par exemple, certains ennemis sont capables de mettre le joueur à terre en deux coups. On retrouve alors l’esprit des jeux d’antan qui nécessitaient de connaître les niveaux et les différentes vagues par cœur. C’est encore plus vrai en mode impossible où, en plus de faire extrêmement mal, les ennemis sont beaucoup plus nombreux. Si dans les premiers niveaux c’est parfaitement gérable, on se retrouve vite débordé dans le premier tiers du jeu et les morts s’enchaînent rapidement. C’est là que Guns, Gore & Cannoli redore son blason avec la possibilité de faire le jeu jusqu’à quatre joueurs en coopération locale et ainsi pouvoir faire face au challenge offert par ce mode impossible. Attention il faudra toutefois bien se coordonner pour éviter de laisser les potes derrière au risque de les exposer à une mort certaine. Car même dans cette configuration le mode impossible n’a rien d’une balade de santé et chaque checkpoint atteint sera un vrai soulagement. Chaque joueur pourra alors se refaire une santé en avalant le bon buger/frittes offert à chaque point de passage avant de foncer dans la suite du niveau.

Conclusion

Affiché à 10€ sur Steam, Guns, Gore & Cannoli est, comme on s’y attendait, un petit jeu fort sympathique. Techniquement le jeu est très joli à regarder et le soin apporter à l’ambiance et aux différentes animations fait vraiment plaisir à voir. Contre toute attente le mélange prohibition/zombie fonctionne à merveille et les différentes situations offertes aux joueurs permettent de dézinguer à tout va dans la joie et la bonne humeur. Une bonne humeur renforcée par la possibilité de jouer jusqu’à quatre joueurs en coopération locale, permettant alors de tâter le mode impossible et de s’offrir une bonne tranche de rigolade entre potes, autour d’une bonne pizza, affalé sur un canapé confortable. Fun, le jeu de Crazy Monkey Studios l’est assurément. Mais pour pouvoir en profiter il faudra accepter, même si l’on joue seul, de démarrer l’aventure en mode difficile, sous peine de s’ennuyer rapidement par manque de challenge. En évitant le mode normal les joueurs s’assureront eux même une bonne demi douzaine d’heures de plaisir simple bien défoulant à travers les douze niveaux que propose le titre.

 

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Guns Gore & Cannoli

Guns Gore & Cannoli

Les plus
  • L'excellente ambiance années 20
  • l'arsenal d'époque
  • Les répliques de Vincent
  • La coop à 4
  • Le challenge du mode Impossible
  • Les animations soignées
  • Visuellement très sympa
Les moins
  • Level design paresseux
  • Pas de challenge en mode normal
  • Des micros freezes par moment
  • Seulement trois boss
  • Pas bien long
6 10