Après une campagne Kickstarter qui a plutôt bien marché (57 138 AU$ sur 35 000AU$ demandés) Hollow Knight a donc été lancé sur Steam, le 24 février dernier. Après pas mal d’heures de jeu, j’émerge de mon voyage dans son univers étrange et souhaite vous en faire un test clair, avec parfois une subjectivité assumée.

Hollow Knight est, à première vue, un petit jeu indépendant comme on en voit beaucoup. Il se démarque pourtant de la masse informe qui pollue le paysage vidéoludique en de nombreux points. Le projet lui-même est en fait original dans sa démarche. Team Cherry, le studio a l’origine du titre, est une équipe de 3 personnes vivant en Australie. Bon jusque-là, rien de transcendant, c’est vrai que pour un test, l’intérêt de la localisation géographique de l’équipe en charge du jeu importe peu. Par contre, ce qui est intéressant, c’est de savoir que la personne derrière les animations de Hollow Knight possède sa propre boîte d’animation, et que l’équipe semble s’être formée notamment autour d’une passion commune pour Zelda 2 (je reparlerai de Zelda à de nombreuses reprises, soyez prévenus). C’est donc après une campagne Kickstarter bien réussie que le projet a pu voir le jour, et marche actuellement plutôt bien sur Steam. Il est donc temps de démontrer ce qui fait de Hollow Knight un jeu indispensable à mes yeux.

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Le sinistre, c’est splendide

Ce qui change véritablement c’est l’implication au niveau graphique et ce qu’on peut ressentir en évoluant dans le jeu. Parce que sérieusement… C’est magnifique. Tout a été fait à la main, on évolue dans Hollow Knight comme dans un film d’animation. Le personnage que l’on contrôle est un courageux petit insecte, c’est d’ailleurs lui le Hollow Knight, qui va chercher pourquoi son monde va mal. Une présence étrange semble altérer le cerveau des autres insectes et les amènent à s’enfoncer dans les profondeurs et à y perdre la raison. Certains deviennent fous et tenteront de vous attaquer, d’autres attendent, perdus, et retrouveront leurs esprits quand vous les rencontrerez. Pour retranscrire cette atmosphère pesante, à la frontière entre la douceur mélancolique et le morbide, les couleurs ne seront jamais chaudes. Même dans les environnements les moins ternes, comme dans la zone végétale, la nature y est grouillante, presque étouffante, et plus proche du verdâtre que du vert terrain de golf de Zelda Breath of the Wild.

Mais même si l’ambiance retranscrite dans chaque zone vise le même but, la reconquête d’un monde en ruine, elles ont toutes un caractère bien défini. Visuellement cela se constate par des changements de couleurs, des nouveaux modèles d’ennemis, ou des obstacles différents. Mais la bande-son en est aussi modifiée. Aaah la musique de ce jeu. Parfois entraînante, à certains moments épique, et souvent aux accents nostalgiques, elle porte le joueur et l’accompagne. Grâce à elle, on s’imagine à notre tour presque perdu dans son monde souterrain labyrinthique, où notre quête doit permettre à notre monde de retrouver sa gloire et sa beauté. Les notes longues, presque spatiales, cherchent à démontrer au héros que sa petite taille dans ce monde immense ne doit pas le décourager à poursuivre son aventure. L’enrobage d’Hollow Knight atteint des sommets, me faisant presque oublier OwlBoy, LE metroidvania de 2016.

Gameplay parfait

Qu’est ce que je peux vraiment dire de plus que ce titre ? J’ai expliqué que le jeu était merveilleux graphiquement, musicalement, et là, alors que je m’attendais à une faute dans le gameplay, des sauts merdiques, des lags intempestifs, une IA défaillante… Et bien non. Il n’y a pas de fautes. Rien. En bon metroidvania qu’il est, Hollow Knight propose une réactivité sans faille : vous appuyez sur un bouton, l’action s’effectue. Pas de lenteur d’animations, pas de ralentissements, bref, pas d’accrocs. Au-delà de ce gameplay de base, tout un panel de possibilités pour faciliter l’aventure est offert. A divers moments du jeu, vous trouverez des « charmes » qu’il faudra équiper pour bénéficier de leurs pouvoirs. S’il est possible d’en avoir un grand nombre, seuls quelques-uns pourront être équipés. Des bonus intéressants, d’accord, mais pas de quoi rendre votre aventure trop simpliste.

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Attrapez-les tous, vers de terre !

Tous les items ne sont pas simplement « trouvables » un grand nombre d’objets seront à acheter. La carte par exemple peut être améliorée dans un magasin de la ville de départ, une fois que l’on a rencontré le cartographe du jeu. Moyennant une certaine somme, divers upgrades seront possibles : marquer les points de sauvegarde, les PNJ importants, mise à jour des endroits où on est déjà allés, etc. Et pour payer, c’est pas compliqué, il faut tuer des ennemis. Ceux-ci lâchent des… des petits trucs, bref je sais pas trop mais ça va servir de monnaie. C’est aussi possible d’obtenir des pièces (et des hauts-faits) en sauvant des petits vers, emprisonnés dans des bocaux cachés à certains endroits. Une fois ceux-ci libérés, il suffit de vous rendre chez le père (un ver moustachu très sympathique) qui vous fera comprendre que c’est vraiment cool d’avoir fait ça, et vous filera un peu de pognon. J’ai en plus l’impression que ça augmente à chaque nouveau ver ramené, donc essayez de les trouver tous.

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Bon, pause.

A côté de ça, au fur et à mesure de l’avancement, vous obtiendrez de nouvelles mécaniques de jeu. Exemple : Un long passage de pics où le saut est impossible. Rien ne permet de passer. Une dizaine de minutes plus tard, vous gagnez la capacité de « dash« . Vous revenez à l’endroit, vous dashez, vous passez, et l’aventure continue. C’est le principe de tous les metroidvania mais ça fonctionne toujours aussi bien. Et cela marche d’autant plus que le jeu n’a rien qui vous amènerait à laisser tomber. Alors oui, il faut parfois un bon sens de l’orientation pour se rappeler de tel ou tel endroit si on ne possède pas la carte de la zone ou qu’on ne l’a pas mise à jour. D’ailleurs pour la mettre à jour, il faut s’asseoir sur un banc, ça semble anecdotique mais ça justifie une mini-pause, qui fait office de sauvegarde. Et on peut rester là, à ne rien faire si ce n’est contempler le fait qu’on joue un petit personnage dessiné à la main, dans un environnement dessiné à la main, et qu’une musique merveilleuse nous caresse les tympans. Sinon, je vous ai dit que j’ai aimé ce jeu ?

Les combats du Hollow Knight

Petit détour par la case action, parce que mon test ne serait pas complet sans ça. C’est en effet un point important d’Hollow Knight. Le personnage possède une barre de 4 points de vie, qu’il est possible de restaurer en se concentrant et en utilisant notre « âme ». En restant appuyé sur une touche (ça dépend si vous jouez à la manette, qui est conseillée, ou au clavier) vous rechargez un de vos points de vie. Le petit insecte récolte de l’âme en frappant et tuant des ennemis, remplissant donc la jauge. Plus tard dans l’aventure on débloque notamment un talent qui permet de consommer de cette énergie sur des ennemis. C’est très intéressant pour les combats contre les boss ou les gros ennemis, où la nécessité d’éviter leurs coups empêche de se concentrer et de se régénérer.

Parce qu’il y a évidemment des boss. Et si les premiers ne demandent pas une maîtrise incroyable, plus vous avancerez dans le jeu, plus il faudra comprendre rapidement les cycles d’attaque si vous ne voulez pas mourir en boucle. La mort d’ailleurs n’est pas très punitive, elle altère juste le maximum de votre jauge d’âme. Mais pas de panique, en retournant là où vous êtes décédé, vous ferez face à votre fantôme ou esprit ou ombre, ou… bref, une silhouette noire qu’il faudra attaquer, réparant votre jauge et vous permettant à nouveau d’atteindre son maximum. Chaque ennemi possède ses propres attaques : ceux qui chargent, ceux qui sautent, ceux qui explosent, ceux qui font apparaître d’autres petits ennemis, etc. Il y a eu un vrai travail de recherche pour créer des ennemis qui restent cohérents avec le monde insecte, la zone dans laquelle ils sont placés, et leurs habilités.

Du problème de la pertinence de la note

Arrive bientôt le moment final de la note. Bon, je ne me fais pas d’illusion, vous l’avez sûrement vu sur la miniature ou vous vous êtes rués sur les points positifs et négatifs sans même prendre la peine de lire. Je ne vous en veux pas, et la vérité c’est que c’est le système de notation qui pousse à ça. Pourtant, le jeu vidéo est un art, et la notation en elle-même n’a donc pas de sens. Ainsi, il ne faut pas comprendre que la note permette une vision objective d’un jeu, elle s’apprécie dans un contexte précis, à un instant précis et sur un jeu précis. Elle se base sur le ressenti du joueur, et donc du testeur, qui va pondérer sa propre appréciation du jeu et ce qu’il en attendait. Zelda Breath of the Wild a eu des notes maximales presque partout, est-ce pour autant un jeu parfait ? Non. Il y a des lags, le monde est ouvert mais un monde ouvert vide, vaut moins qu’un monde fermé complet, bref, objectivement, la note maximale est un peu surcotée (bon, ça reste un excellent jeu, abusez pas non plus). Et si j’ai choisi de mettre moi une note maximale à Hollow Knight, c’est pour démontrer qu’à partir d’un moment, quand on aime un jeu, ses points forts nous font oublier ses points plus faibles. Une forme d’aveuglement inconscient. On a beau se rendre compte qu’ils existent, on choisit de les ignorer, parce que le plaisir que nous procure le jeu falsifie notre objectivité. Quand vous lisez une note, cherchez aussi à comprendre pourquoi elle est mise, mais pour ça, il faut lire le test. Allez, maintenant, je conclus.

Pour qui ?

Ceux qui aiment des jeux avec une ambiance unique
Visuellement superbe, Hollow Knight possède en plus une bande-son qui colle parfaitement à ce qu’on a à l’écran

Ceux qui aiment la difficulté
A l’heure des jeux-voyages et autres expériences narratives, il est bon d’avoir un peu de challenge et de se frotter à un jeu qui pourra être exigeant

Ceux qui n’ont pas un budget illimité
Le jeu ne coûte que 15€, on est loin des 60€ voir 70€ de certains triple A juste parce qu’il y a plein de pixels


Si 2015 a eu Ori and the Blind Forest et 2016 OwlBoy, 2017 aura Hollow Knight. Ces 3 jeux m’ont permis de découvrir un genre que je regardais pourtant auparavant de loin, trop occupé à rager sur League of Legends, ou même plus récemment sur Overwatch. Ces jeux possèdent des auras qui les rendent attachants, elles leur donnent une âme et en font de véritables chefs-d’oeuvre. L’univers y est onirique, ou parfois plus lugubre et est sublimé par des musiques presque parfaites. En plus de ça leur gameplay est travaillé, poussant à toujours davantage de progression, et à découvrir d’autres zones, qui se changent en tableaux. Un jeu vidéo ne se résume pas à une somme de plus et de moins, mais à l’expérience qu’il procure dans sa globalité. Et à ce titre, Hollow Knight est une parfaite expérience.

Test réalisé sur la version PC

Hollow Knight

Hollow Knight

Les plus
  • Gameplay sans défaut
  • Le rendu superbe des environnements
  • La difficulté bien dosée
  • La bande-son et l'ambiance
  • Le système de map
Les moins
  • Pas de traduction française
  • Très labyrinthique
  • Une histoire un peu trop mystique
10 10