Infinite-Crisis_Battle-Scene

C’est toujours avec une certaine joie et une légère appréhension que l’on part à la découverte d’un jeu que l’on ne connaît pas. Ahhhhh! J’ai encore en mémoire ce premier soir devant mon écran, à attendre avec impatience la fin du téléchargement, vêtu de ma plus belle cape et de mon collant le plus moulant. Le téléchargement se termine enfin. Un cri guerrier sort instinctivement de ma bouche.

Avant de commencer, éclaircissons un peu les choses pour les néophytes des univers de DC Comics. L’Infinite Crisis est une saga qui relate les aventures de nos super-héros préférés (ou pas), dans des mondes parallèles aux histoires alternatives qui s’entrecroisent en permanence. Ainsi dans ces mondes, Superman et sa bande ont des vies et des caractères totalement différents de ceux que nous connaissons.

– Hé John, avec cette explication, j’ai l’impression d’avoir perdu la moitié des lecteurs.
– Mais bien sûr, arrête ton baratin et joues avec l’émotion des lecteurs. Fais les chialer, j’te dis.

Hum… donc, maintenant que le cours d’histoire est terminé, revenons à nos affaires.

Artistiquement décevant

Même si l’interface reste claire, celle-ci n’en demeure pas moins assez austère et en manque de finition. Le curseur de la souris ressemble à s’y méprendre au standard du genre des années 90, certaines couleurs sont criardes, et les icônes des objets sont négligées et n’ont pas eu le droit au travail qu’ils méritent.

Espérons pour les développeurs de Turbine qu’ils se réveillent rapidement et qu’ils apportent au plus vite un bon lifting à l’interface de leur bébé.

Infinite crisis_page d'acceuil

Le fils de dix ans du patron a tout de même bien bossé!!! Ils sont superbes ces boutons « solo » et « groupe »…Nan?!

Niveau « graphisme », on ne sent aucune pâte artistique propre au jeu. Tout est terne et manque d’originalité. Bien que « beau » n’est jamais été le synonyme de « bon », une esthétique soignée a tout de même l’avantage de rendre un jeu attachant. Ici, on reste sur la vague impression que les développeurs ont visé le médiocre. Les réelles disparités qui existent entre certains effets très bien rendus et d’autres à la limite de la faute de goût, ajoutent une impression de travail inachevé.

Infinite crisis_cliping

Admirons ensemble le clipping des objets aux sols.

La clonemania

C’est donc sans retenue que Turbine s’engouffre dans le monde du MOBA avec ce concept établi des multi-univers, offrant aux développeurs des perspectives infinies de création de personnages. Et pourtant, force est de constater que le travail effectué n’est pas à la hauteur de nos attentes. Même si certaines approches sont de bonne facture, d’autres en revanche sont d’un mauvais goût à la limite du ridicule. On notera un joker boucher sorti de nulle part et un mecha-superman nourri au bigmac…étrange pour un robot!

infinite crisis - mecha-superman

il est pas mignon le gros joufflu dans sa robe de métal?

Sans essayer de rabaisser à tout prix le travail effectué, il est clair que voir trois « Superman », trois « Batman » ou trois « Wonderwoman » n’est pas des plus sexy, même si les variantes sont très différentes les unes des autres. Notons aussi que l’univers DC comics n’est pas aussi fourni en héros que celui de Marvel, il fallait donc bien trouver une solution à ce problème dans un style (le MOBA) très gourmand en personnage.
Même avec des clones en pagaille, au moment où j’écris ces lignes la sélection de personnages ne dépasse pas…….31 héros. Hé oui, vous avez bien entendu. 31. Quand la concurrence en possède une centaine. Même SMITE qui est beaucoup plus récent que les deux cadors de la catégorie (League of Legends et DOTA2 : suivez, sinon on va pas s’en sortir !) en compte déjà 55.

INFINITE-CRISIS-DAY-1Infinite crisis_batman

Les champs de batailles

Le jeu repose actuellement sur trois cartes bien distinctes. Si les deux premières sont déjà vues comme Gotham Heights, un clone( et oui encore!) de la carte du mode « dominion » de League of legends, Coast City Marina peut assurer à elle seule à Infinite Crisis de perdurer dans le temps. Le concept reste identique à la faille de l’invocateur, mais propose des objectifs secondaires qui apporteront le piment et la fraîcheur qui manquent dans ce jeu. En souhaitant aux développeurs de continuer sur cette voie pour garantir à leur jeu une vie longue et heureuse.

Conclusion

Eh bien, rien. Ce jeu sent le réchauffé à plein nez. J’en vois dans le fond, qui me fusillent du regard. Ne pensez pas que j’ai une dent contre Infinite crisis, loin de là, mais que cherche Turbine en offrant une pâle copie de league of legends à la sauce « super-héros »? Pour quelqu’un sortant d’un coma de plus de cinq ans, le jeu pourrait paraître correct, pour les autres en revanche, la mayonnaise risque de passer beaucoup moins bien, à part peut-être pour les fans inconditionnels de DC Comics.
Comme déjà dit plus haut, le secteur du MOBA est déjà plus que fourni. Sans nouveau concept et une ambition qui le démarquerait de la concurrence agressive, Infinity Crisis risque de se retrouver dans un des wagons du long train des MOBA anonymes.
À part donc, la carte Coast City Marina, c’est un triste tableau qui s’offre à nous. Manquant de relief et d’idées innovantes, le jeu s’enferme dans des codes et des règles du MOBA déjà surexploitées. Si les développeurs de Turbine veulent voir leur jeu perdurer, ils vont devoir faire un effort et redonner le panache à un jeu au concept pourtant plutôt alléchant.

Infinite Crisis

Infinite Crisis

Les plus
  • Coast City Marina : une carte qui apporte un peu de fraîcheur
  • Certains héros simpathiques à jouer
Les moins
  • Une interface à revoir
  • Trop peu de personnage pour l'instant
  • Des graphismes peu soignés et en manque de caractère
  • Un clone de League of legends
  • une file d'attente plutôt longue
6 10