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Les FPS a l’ancienne se comptent actuellement sur les doigts de la main et beaucoup de ces licences ont peu à peu été oubliées. C’est au profit des jeux de shoot plus basiques et autres Call Of Duty que le genre s’est vu sombrer et ce malgré plusieurs tentatives comme le reboot de Duke Nukem ou DOOM. Pourtant beaucoup de joueurs se souviennent des parties effrénées sur Unreal Tournament, Quake ou même Blood. C’est là que le studio 3D Realms intervient avec Shadow Warrior, un jeu pour le moins nerveux. Si la partie de cache-cache derrière un mur pour tuer discrètement les adversaires est votre tasse de thé, sachez que vous ne retrouverez rien de cela dans le jeu.

Initialement sorti en 1997 sur PC, Shadow Warrior était le genre de FPS a avoir brillé aux côtés de Doom et a avoir bénéficié des premières technologies 3D. C’est anciennement 3D Realms, les papas de Duke Nukem, qui avaient en charge la licence. C’est en 2013, à savoir 16 ans après que le jeu s’offre un reboot grâce au studio Flying Wild Hog et à l’éditeur Devolver Digital. On peut dire que l’ambiance ne s’est pas perdue et est très proche de son homonyme de 1997. Ce n’était pourtant pas du tout attendu, le public a en effet changé depuis l’époque et ce qui impressionnait fut un temps ne l’est plus aujourd’hui.

 

Des katanas et un chinois plutôt énervé

Lo Wang est le bras droit du patron d’une multinationale japonaise. Lors d’une entrevue pour récupérer un sabre sacré, un portail entre le monde des démons et la Terre permit de semer la pagaille, faisant échouer l’opération. C’est alors qu’apparaît Hoji, un fantôme mystérieux prêt a tout pour aider notre chinois nerveux. Arrive alors le moment de prendre le katana et un ou deux uzis pour se débarrasser de la vermine. Le scénario se veut assez minimaliste et le studio n’avait pas pour cible les amateurs de RPG narratifs mais plutôt de Fast FPS, un public de niche. On retrouve donc quelques cinématiques pour garder l’intrigue et le cours de l’histoire, mais pas assez longues pour perdre la montée d’adrénaline acquise lors de la phase précédente. On enchaîne donc un chargement, une phase calme d’une seconde, puis on tue des monstres, un autre chargement et ainsi de suite tout au long du jeu. Les ennemis apparaissent par vagues, on commence souvent par les plus faibles, arrivent ensuite des plus musclés, pour enfin finir sur le traditionnel boss de niveau. Chaque boss comporte des points faibles, pas au point de faire de Shadow Warrior le concurrent direct d’un Zelda mais cela permet de varier un peu les ennemis. La fin d’un niveau se termine bien sûr par l’acquisition d’une nouvelle arme cheatée, qui vous le devinerez, servira dans le niveau suivant.

Pas original ne veux pas dire ennuyeux

Shadow Warrior n’est pas là pour révolutionner le genre, il réutilise les mêmes codes et structures que les autres jeux. Beaucoup d’éléments rappelleront d’autres titres comme Redsteel sorti sur Wii en 2006 ou même les traditionnels Doom avec ses warps diaboliques d’où apparaissent les monstres. Dans ce FPS, on ne s’ennuie pas, vous n’avez jamais de temps de repos et les ennemis sont nombreux à l’écran à vous assaillir. Le fusil n’est pas à votre surprise l’arme maîtresse du jeu, c’est plutôt le Katana qui domine et qui vous aidera à venir à bout de votre mission. Un Katana un peu trop puissant à notre goût qui casse un peu la durée de vie du titre.  Aussi nous vous conseillons de ne pas faire le jeu dans les plus basses difficultés. La coupe de cette arme est en plus orientable, de quoi faire plaisir aux plus sadiques de nos lecteurs.

Pour ajouter de la nouveauté, un système de pouvoirs est présent. Ces pouvoirs vont s’ajouter au fil de l’aventure et s’utiliseront avec des combinaisons de touches. Par exemple il faudra faire deux fois droite et une certaine touche pour vous soigner.  J’espère que vous avez de la mémoire car les possibilités ainsi que les combinaisons  sont nombreuses. Invulnérabilité, vitesse accrue, soins … aussi variés soient-ils, cela enlève encore de la difficulté au jeu. Cette capacité de soin est trop bénéfique au joueur. Par exemple vous affrontez un boss, il vous met des dégâts. Du stress ? Non pas du tout, droite, droite, F et hop votre vie est au max. Elle est pas belle la vie ?

 

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Comme une sensation de puissance …

Du Hard Rock chinois s’il vous plait !

Dix-sept chapitres sont présents tout au long du jeu. Les niveaux sont variés, des entrepôts, un jardin chinois, des temples, des égouts, un port. Il y en a pour tout les goûts et chaque passage apporte son lot de renouveau. Les paysages sont plutôt agréables à regarder et même si les arrières-plans sont assez pauvres, dans le feu de l’action on n’y prête guère attention. Le jeu apporte sa propre patte avec par exemple une ambiance toujours plus kitsch. Même la musique amuse, quoi de meilleur que de se défouler sur une musique Hard Rock de Stan Bush tout en découpant des hordes de monstres. Le jeu reprend tout le côté bad movie, des écritures qui apparaissent en énorme sur l’écran, un côté badass que l’on aime ou pas. Cette ambiance improbable de Chinois Samurai sur fond de musique occidentalisée au possible crée un contraste assez perturbant au début, mais qui attache vite au final. La conception des niveaux par contre, elle, reste classique. Pas d’exploration ou de monde ouvert mais plutôt de nombreux couloirs avec de temps à autre un passage secret pour gagner quelques bonus. Une chose est sure, impossible de se perdre dans Shadow Warrior.

 

Un jeu léger comme l’air

Nous avons testé Shadow Warrior sur plateforme PC via Steam. Le jeu se veut léger et peu gourmand en ressources et ne demande qu’un simple dualcore a 2ghz , 2gb de ram et un simple HD 3000. Notre plateforme de test était musclée, dans un but de fluidité maximale et pour ne pas affecter et dégrader les performances. Composée d’un I7 Hexacore cadencé à 4.4 ghz, 24gb de ram et une R9 390, la configuration nous a permis de faire tourner le jeu a plus de 100 fps en 1440p. De quoi faire plaisir aux adeptes de 144hz et de fluidité. En même temps, il faut dire que le jeu ne brille pas sur le plan graphique. De nombreuses textures sont assez peu détaillées, les animations des visages sont vraiment de piètre qualité. Quelques jeux de lumière sont joliment réalisés et les explosions sont correctes. Ce jeu se situe exactement dans la transition entre nouvelle génération et old-gen, un titre qui aurait pu sortir sur Xbox 360 en fin de vie par exemple.

Un aspect scoring intéressant

Chaque fin de niveau vous propose comme traditionnellement dans le genre un tableau des scores. Selon le nombre de démons tués, la manière dont vous les exécutez, la vitesse à laquelle vous finissez le niveau et les secrets découverts, le jeu vous accordera une note. Un aspect plutôt sympathique qui cette foi augmente la durée de vie et le challenge de ce FPS old School. Les points de Karma apportent un système similaire au level up, vous pouvez augmenter votre résistance, votre force ou bien votre magie. Les armes aussi pourront avoir des améliorations, on aime au final ce coté roleplay qui permet de le démarquer de ses ancêtres.

 

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Au final Shadow Warrior est un jeu plaisant et plutôt accessible par rapport à ses pairs, si bien que  certains peut-être se laisseront plus facilement tenter dans l’aventure. Un humour gras, une action folle, des musiques prenantes et surtout un des rares représentants du genre feront de lui un très bon jeu. Un titre non pas sans défauts, avec des graphismes moyens, mais assez inoubliable. Les mécaniques ont été remises au goût du jour, les possibilités sont variées et l’éditeur a tout tenté pour proposer le gameplay le moins lassant possible tout en restant arcade à souhait. Il en serait presque innovant tellement l’on n’est plus habitué à ce style de jeu et de level design. Alors, de quoi vous laisser tenter entre deux parties de Painkiller ?
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Shadow Warrior

Les plus
  • Humour
  • Défoule
  • L'aspect scoring
  • Le katana
  • Action constante
Les moins
  • Assez pauvre techniquement
  • Un peu trop simple
  • Scénario de second plan
  • Panel d'armes pauvre
  • Uniquement solo
7 10