Ah la difficulté et les jeux vidéo… Était-ce mieux avant ? Et que dites-vous de Super Meat Boy ? Développé par la Team Meat, ce jeu de plateforme en deux dimensions fait suite à Meat Boy qui a eu un succès considérable sur Newsgrounds en 2008 avec évidemment plus de moyens. D’abord prévu pour sortir sur WiiWare, il ne verra finalement le jour que sur PC et Xbox Live Arcade en 2010 à cause des limitations techniques de la console de Nintendo… Et les trolls pouvaient s’en donner à cœur joie en pointant du doigt le retard des Nippons tant Super Meat Boy est une réussite pour les amateurs de challenges !

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Tiens d’ailleurs, en parlant de Nintendo, les initiales du jeu ne vous rappellent-elles rien ? SMB… Super Mario Bross bien entendu ! Et c’est loin de n’être qu’une simple coïncidence. Super Meat Boy est un véritable hommage à la série de Miyamoto de laquelle est fortement inspiré son scénario : « Super Viande Garçon aime Bandage Girl, mais Docteur Fœtus est méchant donc Docteur Fœtus enlève Bandage Girl. Super Garçon Viande doit sauver Bandage Girl du méchant Docteur Fœtus ». Pas mal, non ? Et ils ne s’arrêtent pas là parce que de nombreux clins d’œil font référence à des légendes du jeu vidéo telles que Street Fighter ou Castlevania avec beaucoup d’humour.

Ce grotesque omniprésent contraste un peu avec la bande originale signée Danny Baranowsky, qui est assez sobre et plutôt entraînante. Les thèmes musicaux sont assez variés pour ne pas être redondants même si les écouter en boucle peut vite devenir assez lourd. Les bons gros bruits que fait notre petit steak en se faisant déchiqueter par des obstacles comme des scies circulaires contribuent, eux, à donner un aspect encore plus déjanté au titre.

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Et ce n’est rien face aux têtes à claques des personnages qui valent incontestablement le détour. Les graphismes ont bénéficié d’un grand soin et rappellent à chaque tableau la patte unique d’Edmund McMillen (dont on peut découvrir l’univers dans The Basement Collection). Dans un style assez épuré, la direction artistique choisie par la petite équipe de développement fait merveilleusement passer l’humour dont elle a fait preuve, mais le plus gros travail qu’ils ont réalisé réside dans un moteur physique qu’ils ont développés à leur convenance afin qu’il colle à ce qu’ils attendaient pour un jeu de plateforme aussi rigoureux.

Donc, adeptes du « c’est de la faute de la manette », pas de bol pour vous car le gameplay du jeu est sans faille. Vous serez l’unique responsable de vos échecs et râler face à ceux-ci serait de la pure mauvaise foi. Avec un bouton pour sauter, un autre pour sprinter et la croix directionnelle pour se déplacer, la maniabilité pourrait sembler simpliste mais derrière cet emballage se cache une grande richesse. Ce n’est pas avec une main dans le caleçon que vous arriverez à vous défaire des nombreuses embûches que vous réserve le level design adorablement inspiré… par des masochistes.

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Néanmoins, avant de vous enfuir pour regarder votre feuilleton favori, sachez que la courbe de difficulté est progressive et vous permet de vous entraîner afin de bien maîtriser Meat Boy. Et s’il faut faire beaucoup de die & retry pour arriver à quelque chose, le jeu est rarement frustrant, car aucun temps de chargement ne ponctuera vos tentatives et vous aurez, encore heureux, un nombre illimité de vies. Afin que tout le monde puisse y arriver, votre partie sera sauvegardée à chaque fin de niveau.

L’aventure principale, parsemée de warpzones et de niveaux bonus, se termine après plus d’une centaine de niveaux répartis dans six chapitres. Après y avoir réalisé de bons chronos, vous pourrez être récompensés par des labels « A+ » qui débloqueront des « Dark Worlds » par la même occasion. Ce sont les niveaux précédemment parcourus avec une difficulté largement revue à la hausse et doublent l’intérêt du jeu pour les hardcore gamers. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, des fonctionnalités en ligne comme des niveaux communautaires (seulement sur PC) et des leaderboards pourront encore vous tenir en haleine.

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Vous l’aurez compris : Super Meat Boy vaut largement son pesant de cacahuètes ! Il surpasse sans forcer la majorité des jeux de plateforme de ces dernières années grâce à des mécaniques formidablement huilées et une réalisation presque parfaite. Les développeurs dont il s’inspire peuvent être heureux de ce bel hommage qui mérite amplement son succès. Cela dit, si vous décidez de vous lancer dans les dark worlds, préférez un écran cathodique histoire de ne pas casser votre beau led quand vous lancerez, de rage, votre manette !


Super Meat Boy

Super Meat Boy

Les plus
  • Un univers grotesquement accrocheur
  • Des clins d’œil à la pelle
  • Une durée de vie d'exception
  • Un gameplay sans faille
  • Un moteur physique parfait
Les moins
  • Quelques problèmes de stabilité sur PC
8.5 10