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Thomas était seul, une drôle de pensée pour un nouveau né. Ce sont ces quelques mots, déclamés par la douce voix de Danny Wallace et son délicieux accent british qui vous accueillent lors de vos premiers pas dans le jeu plateforme/puzzle de Mike Bithell. Thomas Was Alone, tel qu’il est aujourd’hui, est sorti en 2012 sur Mac OS et Windows et a bénéficié d’un portage sur PS3, Vita et iOS l’année suivante réalisé par les studios Bossa et Curve, sur ces supports le jeu vient s’agrémenter d’un DLC : Benjamin’s Flight et d’une localisation en français, il est important de noter que le jeu sur PC est uniquement en anglais et je n’ai pas trouvé de patch développé par un tiers qui traduirait le jeu en français. Avant de me lancer dans le vif du sujet, j’aimerais vous parler un peu de Mike Bithell, est passé développeur à son compte après quelques années à travailler pour Bossa et Blitz Game Studios en tant que game designer. Grâce au succès de Thomas Was Alone il s’est lancé dans le développement de VOLUME qui devrait sortir courant 2014, vous pouvez trouver des vidéos de présentations de ce dernier sur le site web du monsieur : http://www.mikebithellgames.com et également le suivre sur twitter ou il est très actif si le projet vous intéresse.

Thomas Was Alone, mais pas pour longtemps.

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Thomas est un rectangle rouge et une IA par dessus le marché, un dysfonctionnement l’a doté d’une conscience. Il est seul, perdu. Il doit progresser à travers différents environnements qui se complexifient au fur et à mesure qu’il traverse des portails placés là il ne sait comment. Au détour de l’un d’eux, il rencontre Chris un petit carré orange ronchon, pas très doué pour le saut mais qui peut se glisser dans les petits recoins pour activer des interrupteurs qui permettent au duo d’aller toujours plus avant et de faire de nouvelles rencontres, tous quadrilatères jusqu’au plus profond d’eux même mais tout aussi attachant, voir bien plus que la mieux modélisés des Ellen Page. Au fil d’un niveau, les personnages s’entraident, se font la courte échelle, vont activer un interrupteur qu’ils sont seul à pouvoir atteindre, bref coopèrent. La coopération est le centre du gameplay on pourrait donc s’étonner de l’absence d’un mode en multijoueur qui vous permettrait de faire l’aventure avec vos amis, mais ce jeu est fait pour être joué en tête à tête avec son PC sans bruit parasite venant briser le charme.

Une Bande Son au cœur du jeu

La musique, monsieur David Housden vous êtes un génie. J’ai rarement était aussi ému et transporté par une musique dans un jeu vidéo, à l’heure ou j’écris cette critique je l’écoute encore en boucle, je ne saurais lui coller une étiquette elle alterne l’instrumental et l’électronique d’une manière que je n’avais jamais entendu auparavant, c’est enchanteur tout simplement. ce monsieur travail également sur VOLUME, ça fait envie non ? Les Bruitages quand à eux, au début j’ai eu peur, je saute avec mon personnages et j’entends un pouic comme ceux qu’on avait sur les jeux en 16 bits. Mais étonnamment, ce n’est pas dérangeant ni entêtant, il y a même un stage ou la combinaison de tous vos petits rectangles bondissant de concert donne l’impression d’une musique.

Un design épuré.

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Les fonds sont monochromatiques, agrémentés parfois de petits symboles sans significations évidentes, les murs plus noirs que la nuit et une lumière qui vient d’en haut à droite projette les ombres des personnages et des plateformes au sol. la traversée de ces décors au design minimaliste la musique dans nos oreilles ponctué par les pouic que produisent nos petits rectangles en sautant, aide à l’apparition d’un sentiment de quiétude qui nous envahit. Si vous avez déjà été dans un jardin bouddhiste vous savez de quoi je parle, ce ne sont que des cailloux ratissés d’une certaine manière et en même temps bien plus que ça.

Une narration saisissante

Danny Wallace a une voix envoûtante, son accent anglais et son ton malicieux vous feront souvent rire franchement, et vous émouvoir du destin de notre courageuse bande de quadrilatères rectangles, en nous faisant part de leurs émotions respectives, ils sont tous touchant, parfois vous vous reconnaîtrez dans l’un deux, ce n’est pas sûr que ça vous fasse plaisir au début, mais la fin vous fera changer d’avis.
Vous remarquerez que je n’ai pas encore parlé de la difficulté du jeu, et bien je vais en parler maintenant, pourquoi dans la partie réservé à la narration me demanderez vous ? Et bien parce que la difficulté de Thomas Was Alone a été construit autour de cette narration, Thomas Was Alone est un jeu simple la plupart du temps, cependant après une longue série de stage parcouru sans difficulté, vous vous retrouverez à butter sur quelques autres bien plus ardus pour ensuite repartir sur des puzzles très simples bouclés en quelques minutes. Cet échelonnement étrange de la difficulté est en réalité très cohérent, il est là pour faire varier l’intensité du jeu. Par exemple, juste avant le grand nœud scénaristique du jeu, les stages sont très très simples et ne demandent aucune réflexion. Ainsi on sait que le grand moment est arrivé, une bouffée d’adrénaline nous entraîne vers l’avant et nous rend euphorique. Cette approche de la gestion de la difficulté au service du scénario n’est pas nouvelle, mais son utilisation ici me semble particulièrement intelligente et intéressante, encore un point pour Mike.

Conclusion.

Thomas Was Alone est un très bon jeu, un très bon jeu, mais un jeu court. Quatre heure tout au plus, une petite demi heure pour le DLC si vous possédez une machine de chez Sony. Je ne considère pas une durée de vie faible comme un problème dans le cas de Thomas Was Alone, tout ce qu’on aurait put y ajouter aurait semblé artificiel. Ne l’achetez pas si vous cherchez un jeu de plateforme proposant challenge et rejouabilité, achetez le si vous aimez les jolies histoires et la jolie musique. Le jeu brille par son optimisme et sa poésie, un souffle d’air frais dans notre monde pessimiste au valeurs individualistes. Je Précise qu’il est actuellement en solde sur Steam jusqu’au 30 juin et se vend pour la modique somme de quatre euros.

PS : Sous Windows 7 et 8 un bug de compatibilité fait crash le jeu toutes les demies heures, je vous conseil donc de faire un clique droit sur l’exécutable, d’aller dans propriété, compatibilité et de mettre le mode compatibilité pour une version antérieure de Windows.

Thomas Was Alone

Thomas Was Alone

Les plus
  • Musique au dessus de tout
  • Belle Histoire
  • Relativement facile, ce qui permet de profiter de l'histoire
  • Original
  • Prix honnête
Les moins
  • Quelques bugs de collision.
  • Pas de localisation française en dehors des versions PS3 et Vita
  • Rejouabilité nul.
6.5 10