Jeu d’aventure open-world, Yonder : The Cloud Catcher Chronicles ne semble pas vraiment se démarquer sur le papier. Un petit test s’imposait donc, afin de vérifier si, derrière ce titre alambiqué et une description plutôt vague, le jeu possède un vrai potentiel.

Yonder : The Cloud Catcher Chronicles (que je vais abréger par Yonder)  est la première création du studio australien Prideful Sloth, fondé par deux vétérans du monde des jeux AAA. D’après ces derniers, le jeu tire ses inspirations à la fois de la campagne anglaise ensoleillée, et des plages d’Australie. Point spécifique de leur réflexion, le besoin de faire du monde dans lequel le joueur évolue, un personnage à part entière, afin de marquer le mieux possible l’esprit des joueurs. Et il est vite clair que c’est un des aspects principaux de Yonder.

Yonder the cloud catcher chronicles test

 

Une aventure des plus classiques

Le monde enchanteur de Géméa dans lequel vous arrivez (un peu violemment) au début de l’aventure a tout d’une carte postale. Mais cela ne doit pas vous faire oublier pourquoi vous êtes là. Des années auparavant, vos parents vous ont fait fuir pour que vous ne subissiez pas la brume magique qui semble infestée certains endroits du monde. Pour aider les habitants de l’île, il ne faudra pas hésiter à compléter les nombreuses quêtes qu’ils vous proposent, tout en poursuivant de votre côté la quête principale.

Le jeu propose son lot de succès à mesure que vous découvrez les zones de l’île et que vous remplissez certains critères avant tout d’exploration. Dans l’ensemble l’histoire est là pour servir de fil conducteur (comptez entre 6h et 8h pour la finir sans foncer comme un porc). Le gros du jeu se trouve dans les quêtes annexes, le blabla avec les PNJ et le voyage dans tous les endroits possibles de la map.  Des sortes de petites fées seront à découvrir un peu partout dans le monde si vous souhaitez supprimer la brume et accéder à des endroits secrets ou tout simplement de nouvelles zones.

Zelda + Harvest Moon = Yonder

Yonder the cloud catcher chronicles test

Link ? Ca me dit rien.

Impossible de passer à côté de la comparaison une fois que le jeu démarre. En effet, après la création du personnage effectuée, le premier vrai plan où l’on joue nous permet d’admirer le beau travail réalisé par les gars de chez Prideful Sloth. Une nature mignonne, avec du vert omniprésent, et un design proche du cell-shading. La proximité avec Zelda Breath of the Wild est immanquable. Tout ce qui pourrait être trop sombre ou agressif n’a pas sa place ici. La comparaison avec le dernier Zelda ne s’arrête pas là : bande-son quasi inexistante (proche aussi de ce qui se fait dans Minecraft) et open-world. Là où Zelda propose un univers réellement grand, Yonder table sur la lenteur du personnage qui donne une fausse impression de gigantisme à la carte du jeu. Mais dans les faits, ça revient au même.

 

Yonder the cloud catcher chronicles test

Une gestion de la ferme vite limitée

Pour ce qui est d’Harvest Moon, il faut savoir que le coeur du gameplay se trouve être la récolte et construction d’objets. En profitant de l’open-world, on découvre un grand nombre de ressources exploitables grâce à nos outils (hache, marteau, pioche, canne à pêche, etc). Tout cela est super utile pour l’avancement de l’aventure principale mais aussi pour les quêtes annexes. Si vous souhaitez vous investir pleinement dans le monde de Géméa, alors vous ferez l’effort de récolter le plus possible de matières premières. Cela vous permettra de développer votre ferme, de fabriquer des vêtements, de cuisiner, et plus généralement de construire tout un tas de trucs optionnels mais parfois bien utiles.

Un peu trop mignon et relaxant ?

Tout ça peut paraître bien sympathique mais très vite, les limites du jeu se font sentir. A vouloir être un peu trop « touche à tout » le jeu s’y perd et n’atteint pas son plein potentiel. Le côté tout mignon presque niais, on peut aimer ou pas, mais à l’heure actuelle, ça n’a plus rien d’original. De nombreux jeux ont surfé sur cette vague et ce n’est donc pas un argument convaincant pour se démarquer. Je n’ai jamais été un grand de ce côté lissé parfait, peut être un peu trop enfantin à mon goût. Question de point de vue j’imagine ?

Son positionnement de jeu vidéo tranquille, parfait pour se détendre après avoir perdu 2 parties classées d’Overwatch, n’excuse pas certaines lacunes. Puisque pas vraiment un jeu de récolte et de fabrication, ni totalement un jeu d’aventure, on cherche le vrai sens de Yonder. Ca en devient presque frustrant puisque la lenteur du gameplay (et un menu vite fatigant lorsqu’il s’agit de switch souvent d’items) nous pousse à errer dans une vaste monde ouvert, mais sans autre but qu’une pure et simple exploration. Pourtant les changements de zones sont plutôt bien foutus, on voit directement que la faune et la flore changent sans pour autant que ça soit radical comme les biomes de Minecraft. Et tout comme ce dernier, et évidemment comme Zelda, on en vient à regretter l’absence de combat. Cela aurait pu être plus acceptable si tout l’aspect « fermier » et fabrication avait été plus poussé. Mais là non. Dommage.

 


Un premier jeu encourageant pour le studio Prideful Sloth. Peu d’originalité et des inspirations clairement identifiables (les créateurs ne s’en cachent pas), mais pas mal de bonnes idées, le tout dans un enrobage tout mignon qui plaira à certains. Ce n’est pas le jeu de l’année, mais c’est loin d’être une bouse. Frôlant la comparaison avec des jeux contemplatifs parfois, il fera sûrement passer des bons moments à ceux qui apprécient ce genre de jeux. Par contre, ceux qui cherchent du dynamisme voir de l’action, passez votre chemin.

Yonder Cloud Catcher chronicles

Yonder : The Cloud Catcher Chronicles

Les plus
  • Ambiance relaxante
  • Exploration importante
  • Monde vaste
Les moins
  • Lenteur parfois pesante
  • Absence totale d'action
  • Maniabilité et menus pas top
  • Un poil trop niais ?
6.5 10