Durant ce test, je m’occuperai de l’édition Nintendo Switch, et mon acolyte Redgears, autre rédacteur de cooldown.fr, viendra ponctuer certains passages par son avis sur la version Wii U.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild test

Longtemps simple objet de rumeurs, dont pas mal se sont révélées véridiques, celle qu’on appelait jusqu’à il n’y a pas si longtemps le projet NX, dernier bébé en provenance des ateliers de Big N, est désormais connue sous le nom de Nintendo Switch. Une machine bien particulière, puisqu’il s’agit de la première console hybride, permettant à la fois de jouer sur son écran de télévision, ou bien où cela nous chante, disposant de son propre écran et de manettes détachables et adaptables aux besoins. Quant à la Wii U, dernier support de salon en date du constructeur japonais, elle a déjà fait ses cartons et s’apprête à quitter progressivement le paysage vidéoludique. Nintendo a en effet annoncé l’arrêt total et définitif de sa production, et en a profité pour confirmer que le nouvel opus de The Legend of Zelda serait bel et bien le dernier jeu issu de ses studios à sortir sur cette machine déchue. Et bien que la nouvelle soit loin d’être réjouissante, les chiffres de vente misérables de la Wii U sont visiblement une raison suffisante pour creuser sa tombe une bonne fois pour toutes, près de quatre ans après sa sortie. Une console s’en va donc, un peu tôt, tandis qu’une autre voit le jour, et leur seul point commun, The Legend of Zelda : Breath of the Wild.

Plus ou moins annoncé dans le courant de l’année 2011, après que la présence de Link dans une démo de la Wii U ait fait grand bruit, The Legend of Zelda : Breath of the Wild mit toutefois un long moment avant de prendre forme, et surtout d’avoir un nom. La console nous parvenait fin 2012, et jusque là toujours pas de nouvelles. Puis Nintendo profita de ce nouveau support aux capacités supérieures à la Wii, son grand succès, pour gratifier les joueurs de deux remakes HD, successivement celui de Wind Waker et de Twilight Princess. Enfin remakes… plutôt portages liftés, ce n’est pas tout à fait la même chose, mais passons. Il aura fallut attendre que le constructeur japonais confirme travailler sur une nouvelle console, alors que la Wii U était au plus mal, pour qu’enfin nous ayons droit d’en savoir un peu plus. Et quelles nouvelles, puisque The Legend of Zelda : Breath of the Wild, en plus de sortir sur les deux supports, est le premier de la série de Shigeru Miyamoto à bénéficier d’un véritable monde ouvert en 3D (le premier épisode en disposait lui aussi, en 2D bien entendu). Une avancée pour les uns, une hérésie pour les autres, tâchons de voir ensemble de quoi il en retourne. Et cerise sur le gâteau, le titre était disponible au lancement de la Nintendo Switch, le 3 mars 2017.


The Legend of Zelda : Breath of the Wild – Un… par CooldownTV

 

L’avis de Redgears, rédacteur sur Cooldown.fr
Après le détesté et non pas mauvais pour autant Skyward Sword, j’attendais avec impatience la venue de ce nouvel opus de la saga Zelda. Fan depuis mon tout jeune âge, j’avais commencé par A Link to the Past (ayant aimé sans plus), mais mon plus gros coup de coeur fut  The Legend of Zelda : The Wind Waker. Bien que Ocarina of Time fut bon, il ne proposait pas assez d’exploration à mon goût. Que dire alors, quand est arrivé a mes oreilles la rumeur d’un Zelda Open World, il était tout naturel de faire monter la hype et d’attendre sagement la venue de Breath of The Wild.

N’est pas monde ouvert qui veut

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

C’est vaste, c’est beau

La tendance du moment, ou devrais-je dire des dix années, c’est le monde ouvert. Depuis le succès de titres comme The Elder Scrolls V : Skyrim, ou encore Red Dead Redemption, tout le monde y va de son petit open world, du plus sympa au plus inutile. Et il est vrai que voir une licence telle que The Legend of Zelda rentrer dans ce moule-ci a fait mal au cœur à plus d’un joueur, tandis que d’autres y ont vu une opportunité géniale de voir évoluer la série dans une direction somme toute logique. Parce que si cette dernière a toujours flirté avec le monde ouvert, en proposant de vastes milieux à explorer, et que l’impression d’aventure y est toujours présente quelque part (tout particulièrement dans Wind Waker, qui proposait de faire le tour d’un océan plutôt vaste, à la recherche de ses nombreux secrets), le fait est que le seul véritable jeu ouvert de la licence était le tout premier. Depuis, il aura toujours fallu débloquer tel ou tel pouvoir, tel ou tel objet, ou encore réaliser une quête quelconque pour pouvoir avancer dans l’histoire et dans l’univers, les deux étant chaque fois étroitement liés. Ainsi, pour en finir avec Wind Waker, il fallait par exemple y récupérer des modules pour le bateau, ou encore la baguette du vent, pour pouvoir progresser et voir de nouveaux environnements, sans quoi impossible de les atteindre.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Au plus près du terrible Ganon

Mais avec The Legend of Zelda : Breath of the Wild, c’est finit tout ça, puisque dès la phase d’introduction passée (plus concrètement, dès que l’on aura mis la main sur la paravoile, une sorte de drap permettant de planer) il sera possible de se rendre à peu près où l’on veut. Attention, cela ne signifie pas que, dès le début, on pourra fouler les terres les plus reculées d’Hyrule et mettre la main sur des objets très puissants. Car qui dit monde ouvert dit changements, et ce nouvel opus en a subit des tonnes, à commencer par sa difficulté qui, sans être renversante, est tout de même bien plus corsée que par le passé. Et bien évidemment, vouloir avancer un peu trop vite dans des zones spécifiques c’est risquer de se heurter à des ennemis plus forts, qui n’auront besoin que de lever le petit doigt pour réduire à néant la maigre jauge de vie (composée de trois petits cœurs) dont dispose Link au début de l’aventure. D’autant que la nouvelle difficulté de Breath of the Wild ne repose pas uniquement sur la puissance grandissante des monstres, mais nous y reviendrons plus tard.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Y’a quelques monstres assez imposants dans la nature

Le danger, et c’est ce qui a fait grincer pas mal de dents avant sa sortie, c’était qu’en se lançant dans l’open world, comme de (trop) nombreuses licences avant lui, ce nouveau Zelda tombe dans les travers classiques du genre : un univers trop vide, ou qui propose trop peu de choses à faire pour avoir un réel intérêt. Pire encore, il aurait pu perdre le sel de la licence en la dénaturant tout simplement… il n’en est heureusement rien ! Breath of the Wild n’est clairement pas parfait, et nous reviendrons plus amplement sur ses défauts par la suite, mais une chose est sûre, ce n’est pas dans sa gestion du monde ouvert que cet épisode pêche, loin de là. A vrai dire, c’est même l’une de ses plus grandes qualités, puisqu’à la manière d’un Skyrim, le titre offre toujours quelque chose à faire, regorge de trésors et de secrets en tout genre, dispose d’une faune et d’une flore vraiment chouettes, et bon dieu qu’il est agréable d’en explorer les recoins. D’autant qu’en dépit d’un aspect technique pas toujours des plus reluisants, il nous offre un nombre incalculable de panoramas extraordinaires, de paysages sublimes, ce qui est largement dû à sa grande verticalité et à ses couleurs pastelles des plus jolies. Quoiqu’il en soit, je ne vais pas vous mentir, je ne m’étais pas autant émerveillé sur un univers de jeu vidéo depuis Xenoblade Chronicles.

L’avis de Redgears, rédacteur sur Cooldown.fr

Mais alors que penser de ce Breath of the wild ? Eh bien il faut dire qu’au début de l’aventure je fus très dubitatif. On se retrouve largué dans une petite zone assez vide, pour comprendre les mécaniques de jeu, poser le background et explorer un petit peu. Le constat fut que c’était long, trop long, un peu plus de 3/4 heures après, je sors enfin de la zone de tutoriel. N’attendant rien de la suite et ayant un goût amer dans la bouche, je me préparais au pire. Quelle fût ma surprise lorsque que je découvris un monde vaste et magnifiquement réalisé. Une exploration infinie et bien plus poussée que dans nombre de RPG modernes me tendait les bras, comment refuser ? Les zones sont multiples et variées et proposent chacune un environnement propre.

On retrouve des endroits habités, des déserts, d’autres peuplés de monstres et quelques lieux typiques de la licence. Je n’en dirai pas plus, pour ne pas sploiler un tant soit peu, mais il faut dire que les fans ont été gâtés sur ce côté la. Des tonnes de sanctuaires, des mini donjons sont dissimulés partout et vous permettent en quelque sorte de vous endurcir mais aussi d’améliorer votre endurance ou bien votre santé. De gros donjons sont aussi présents, mais je n’en dirais pas plus. Il y a de quoi faire, je ne saurais estimer la taille de la map ou l’ampleur des possibilités d’interactions du jeu, tellement elles sont nombreuses.

Spider Link

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Cet écran, vous le verrez souvent, surtout au début du jeu

Pour coller avec la grande verticalité de ses environnements, une force il faut le reconnaître, surtout couplée à son level design général fouillé et efficace, il aura bien fallut que Nintendo déploie des éléments de gameplay en conséquence. À commencer par la paravoile, un outil très pratique, mais aussi très grisant, qui permettra de planer sur de longues distances, et ainsi de traverser divers ravins ou fleuves sans encombre. On se prend rapidement à l’utiliser pour tout et n’importe quoi, simplement pour aller plus vite dans une direction, ou juste pour le plaisir, et il faut bien le reconnaître : c’est un joujou vraiment cool ! Aussi, vous comprendrez sans doute mieux l’intitulé de cette section, Link peut s’accrocher à peu près à toutes les parois, excepté dans les donjons ou lorsqu’il pleut, et il peut ainsi gravir des collines, franchir des obstacles en tous genres, et ainsi de suite… Ou bien encore simplement prendre de l’altitude pour pouvoir planer avec la paravoile. Mais ces nouvelles fonctionnalités ne seront bien évidemment pas sans coût, et il faudra désormais composer avec un système d’endurance, ne manquant pas d’être exigent au passage.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Votre pire ennemi : le gardien…

Une endurance que l’on pourra booster temporairement en buvant certaines potions ou en mangeant certains plats préparés, autre grosse nouveauté du titre. En effet, désormais chaque feu équipé d’un support pourra être utilisé pour concocter des plats, dont les recettes seront à découvrir par nous-mêmes. Rien de bien compliqué toutefois, puisque la majeure partie des (très nombreux) ingrédients que l’on pourra trouver dans la nature ou bien sur les ennemis, disposent d’une description relativement équivoque dans notre inventaire. Autre nouveauté dans le même goût, il sera désormais possible d’améliorer son équipement, ou bien carrément d’en crafter de nouveaux, toujours grâce aux nombreux objets à récupérer à travers le monde. Mais il sera aussi possible, et nécessaire, de faire évoluer nos propres capacités, à savoir la jauge de vie, toujours représentée par des cœurs, ou celle d’endurance, vraiment minuscule au début de l’aventure. Tout en sachant que la difficulté du titre table non seulement sur les affrontements, mais aussi, à un autre niveau, sur les actions qui demanderont de l’endurance. On aura très vite fait de se noyer par exemple, ou bien de tomber de haut en paravoile, la jauge descendant à une vitesse folle.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

… même sans jambes !

Des ajouts qui ont toute leur importance, puisque désormais il ne suffira pas de brandir une simple épée et un bouclier, trouvés dans un mystérieux coffre au fond d’un donjon. Non, dans Breath of the Wild, l’armement et les boucliers sont éphémères, et il faudra toujours en avoir un certain nombre dans son sac à dos, au risque de finir par combattre à mains nues dans le cas contraire. Car, de plus, il ne suffisait pas qu’ils se brisent, le développeur a carrément fait en sorte que les outils tombent en lambeau à vitesse grand V. Il sera donc nécessaire de faire bien attention à ce que l’on va utiliser, selon l’adversaire, en pensant par exemple à garder ses armes les plus puissantes pour les cas d’urgence, ou bien les rapides pour les monstres les plus insaisissables (et dieu sait que certains ne manquent pas de vivacité). Il faudra aussi faire bien attention au feu, lorsque notre équipement y est potentiellement sensible (on pense au bois par exemple). Une nouveauté qui plaira ou non, car il est vrai que la recherche d’armes et de boucliers prend un temps fou durant l’aventure ; pour ma part, je dois avouer avoir eu du mal dans un premier temps, mais cet aspect un peu plus RPG se révèle finalement pas inintéressant, obligeant à une gestion plus pointue de son équipement.

L’avis de Redgears, rédacteur sur Cooldown.fr

Mon inquiétude première était que la saga perde de son identité, il faut dire que ce Zelda BOTW bouscule ce que l’on connait d’un Zelda. On passe d’une licence précurseur du RPG (pour Zelda 1 disons), avec uniquement une gestion des potions et quelques armes, à un RPG de grande ampleur. Dans cet opus vous pourrez crafter des potions, faire à manger, vous soigner, améliorer vos armures et j’en passe des plus belles. Nous sommes face à un jeu beaucoup plus exigeant et complexe que les précédents et marquant un vrai renouveau sur la franchise. Alors oui, on perd un peu le charme des anciens Zelda, seuls les sanctuaires et les donjons avec des énigmes rappellent les éléments ayant fait le succès de cette série. Pourtant, l’expérience de jeu n’en est pas amoindrie, elle est bien plus grande. Bref ce Zelda change tout, apporte une pâte et un design propre et ça, la licence en avait besoin.

 

 Mais que vaut donc la Switch ?

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Oui, j’ai appelé mon cheval « fumier », y’a quoi ?

À l’annonce des spécificités exactes de la nouvelle Nintendo Switch, tout le monde ou presque avait son petit mot à dire. La console est en effet moins performante que ne le sont les machines de dernière génération que nous faisons tourner dans nos salons, je veux bien sûr parler de la PlayStation 4 et la Xbox One, et les jeux ne devraient tourner que rarement au delà de 900p sur un téléviseur. Bien sûr, ne parlons pas non plus de 4K. C’est un fait établi, mieux vaut l’assimiler dès maintenant, d’autant que Nintendo a depuis confirmé que son but n’était pas la surpuissance graphique, mais bel et bien l’expérience de jeu en soi… ce qui fait, vous en conviendrez, pas mal écho à ces chères Wii et Wii U. Reste que l’écran de la Switch, la tablette en elle même, affiche tout de même un bon 720p qui, au passage, est vraiment très propre. N’allons pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’une performance, puisque beaucoup de surfaces aujourd’hui sont capables d’en faire de même, voire mieux (et avec une plus grande taille en prime), mais en soi il faut avouer qu’en considérant la console pour ce qu’elle est, on a là un support portable aux capacités vraiment sympas.

De fait, sur un téléviseur, l’édition Nintendo Switch de The Legend of Zelda : Breath of the Wild rend vraiment très bien, et on ne fera que difficilement attention à cette baisse de puissance en comparaison aux machines précédemment citées, du moins dans les débuts. Celle-ci se traduit concrètement par un certain clipping, compréhensible étant donné la taille gargantuesque de sa carte, pas mal d’aliasing, mais surtout, et c’est ce qui pose problème à pas mal de monde, de grosses chutes de framerate. Il n’est en effet pas rare que le jeu saccade un peu, ou subisse quelques ralentissements. Rien de bien choquant en soi, puisqu’une fois encore, il a énormément à montrer et dispose d’une distance d’affichage énorme (et puis on est encore assez loin de la platée de bugs de Skyrim à ce niveau) ; mais le fait est que le jeu accuse déjà les limites de la machine, alors qu’il est bien le premier soft à avoir été développé dessus. Quant à la tablette (qui est la console, on ne le rappellera jamais assez), il faut bien avouer que Breath of the Wild tourne parfaitement dessus, avec quelques petits soucis certes, mais rien de bien méchant. La fluidité y est clairement au rendez vous, et la distance d’affichage est toujours impressionnante.

Reste que malgré ses soucis techniques, cet épisode est toutefois particulièrement joli, et ce à plus d’un titre. Sa direction artistique, aux couleurs très pastelles, est vraiment très réussie, et le design général de l’univers l’est tout autant. La verticalité des environnements est très appréciable, et grâce à sa sympathique distance d’affichage Breath of the Wild offre de nombreux points de vues renversants. Il en va de même pour son bestiaire, très varié, et encore une fois coloré. Le titre conserve l’ambiance visuelle de la série, sa relative mièvrerie, et y ajoute simplement de petites touches de maturité, histoire de coller parfaitement avec son scénario. On est sur du très très bon, du très très beau, et du très varié, de quoi assurer au titre une beauté qui ne débande pas, quel que soit l’environnement dans lequel on se rend, des plaines verdoyantes d’Hyrule au désert aride, en passant par le domaine Zora et son rapport particulier à l’eau. Pour le coup, c’est un réel plaisir que Nintendo ait si peu communiqué autour du jeu avant sa sortie, car la découverte n’en est que plus délectable.

 

Un Zelda avant tout

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Priez la déesse pour améliorer vos capacités

Alors bon, qu’on se le dise bien, en dépit de ses nombreuses différences avec ses prédécesseurs, Breath of the Wild reste tout de même un Zelda avant tout, avec une recette similaire, bien qu’adaptée, à ce que l’on connaît. Ainsi l’évolution de notre personnage est très progressive, les donjons sont de véritables nids à énigmes (et se terminent évidemment par un affrontement avec un boss), les combats sont très proches de ceux des volets précédents (si ce n’est qu’ils sont plus dynamiques et que nos armes/boucliers peuvent se briser) et l’univers regorge de petits mystères à découvrir. En sus, le jeu est blindé de références à d’autres épisodes, et l’histoire suit une trame somme toute classique pour un Zelda. Quoique cette dernière sera tout de même un peu plus mature que par le passé, mais aussi plus exhaustive. On en apprend beaucoup plus sur les personnages que l’on rencontre ou dont on entend parler, et même sur Link, dont le passé nous est présenté à la fin de la phase de tutoriel. Et pour le coup, bien qu’on nous laisse la liberté d’explorer le monde comme on l’entend dès nos premiers pas en dehors de la phase de tutoriel, le scénario tient tout de même une place très importante partout. On nous rappelle sans cesse l’état de crise que subit le monde depuis cent longues années, et il faut bien avouer que l’immersion est particulièrement réussie.

L’avis de Redgears, rédacteur sur Cooldown.fr
Venons en aux points négatifs, car oui il y en a, et beaucoup. L’aspect technique est difficilement acceptable, dans un premier temps. Les graphismes sont très variables, les textures absentes de pas mal d’endroits (sûrement pour éviter les ralentissements). Le plus flagrant est l’absence d’occlusion ambiante, le relief et la profondeur ne sont pas là, ce qui donne un effet bizarre au style graphique choisi. La fluidité sur Wii U n’est pas au rendez vous, je ne vous parle pas de quelques baisses de framerate mais de véritables drops violents. Dans les villages on passe facilement à 20 fps tout au plus, cela gâche vraiment l’expérience de jeu, un comble quand on sait que le titre était prévu à la base pour être en exclusivité sur cette machine. Autre point assez négatif, les armes destructibles. Alors oui l’idée est bonne, mais la dégradation de l’équipement est trop rapide ; qu’un bout de bois se casse en trois coups, oui, mais pas une épée en acier ou en argent. Du coup on passe son temps à chercher des armes, à être heureux de les avoir, et à les casser en 2 secondes… Enfin, gros gros point noir pour moi, l’OST du jeu, les musiques ne sont pas assez prenantes. On trouve une mélodie de fond plaisante, mais très peu de musiques épiques et surtout typiques des jeux Zelda. Ce dernier défaut est pour moi le plus marquant.

 

Toutefois, que serait un Zelda sans ses petits défauts ? Et bien que, jusque là, hormis sur la partie technique, ce test soit une énumération de points positifs, force est de reconnaître que pas mal de détails sont tout de même à revoir. Comme l’escalade par exemple, très grisante certes, mais Link s’agrippe un peu à tout et n’importe quoi sans qu’on le veuille, et à force c’est assez agaçant. Mais ce n’est finalement qu’un point de détail. Ce qui gênera sans doute plus l’habitué de la série, c’est que Breath of the Wild est clairement moins épique que ses prédécesseurs. Bon, c’est toutefois à nuancer : d’un côté, il se dégage une certaine douceur de son univers et de son ambiance en général, très plaisante, ce qui est grandement influencé par une bande son, excellente au demeurant, mais qui n’a pas vraiment de moment fort. Les affrontements contre les boss ont certes droit à leur musique plus dynamique, mais on perd toute la dimension théâtrale et épique des combats dantesques d’autrefois. Quant aux boss en eux-mêmes, il faut reconnaître qu’ils manquent clairement de personnalité, mais aussi qu’ils sont, contrairement au reste du jeu, parfois un peu faciles à mettre à terre.

Pour qui ?

Pour les fans de The Legend of Zelda : cet épisode dénote pas mal dans la série, avec de nombreuses différences avec ses prédécesseurs, notamment son monde ouvert ; mais force est de reconnaître qu’il s’agit d’un très bon Zelda, quoi qu’on en dise.

Pour les amoureux de monde ouvert : l’open world est une mode qui sévit depuis plusieurs années déjà, et dont peu de titres tirent finalement profit au mieux ; ce Zelda offre un univers riche, gigantesque, et magnifique, et pour le coup on peut dire qu’il s’agit bien de l’un des mondes ouverts les plus chouettes de ces dernières années.

Pour les possesseurs de Wii U ou de Switch : on ne va pas se mentir, disposer d’une Switch à son lancement sans s’être procuré Breath of the Wild, c’est un peu comme avoir une voiture sans les roues… idem, puisqu’il s’agit du dernier jeu Nintendo sur Wii U, de surcroît l’un des meilleurs de ces dernières années, il serait dommage de passer à côté étant donné le si peu d’exclusivités dont dispose la console.


L’avis de Redgears, rédacteur sur Cooldown.fr
Pour conclure, ce Zelda m’a étonnement surpris, le jeu est très addictif et les nouveautés nombreuses. Malgré tout, cet opus n’a pas réussi à me faire oublier les moments sur Zelda The Wind Waker qui pour moi mérite plus d’éloges que ce BOTW. Là ou Breath of the Wild propose quelques nouveautés d’interactions parmi les nombreux RPG Open World, Wind Waker proposait à l’époque quelque chose de tout nouveau sur console. L’univers et l’exploration remarquables, sans concurrence, des musiques magnifiques et une patte artistique unique en son genre. Breath of the Wild n’est pas assez original pour mériter les nombreux éloges faites en son nom à travers la toile. C’est un bon jeu, un très bon RPG, un titre à ne pas manquer mais sûrement pas le meilleur jeu de tous les temps.

 

Je pense que c’est assez clair, étant donné le nombre effarant de superlatifs utilisés dans ces lignes, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est une franche réussite. Alors certes, pas mal de points sont à revoir, et l’on retiendra notamment les soucis techniques (particulièrement présents dans la mouture Wii U), le manque de personnalité général des boss (comptant pourtant parmi les points forts des opus précédents), ou encore la disparition inexplicable de toute la dimension épique de la licence. Reste un univers excessivement vaste et riche regorgeant de secrets, et bien sûr la durée de vie invraisemblable qui va avec ; une histoire plus mature et intéressante que par le passé, et tout un tas de nouveautés qui font passer la série dans une nouvelle catégorie : le RPG. Un changement inattendu, qu’on accueillera différemment selon notre rapport à l’univers de Shigeru Moyamoto, mais qui a le mérite de faire évoluer The Legend of Zelda dans un style que maîtrise visiblement très bien Nintendo. En un mot, comme en cent, grâce à Breath of the Wild la Wii U peut s’évanouir l’esprit tranquille. Quant à la Switch, elle gagne là son premier must have, qui ne peut que présager le meilleur pour son avenir qu’on espère radieux.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Les plus
  • Son univers gigantesque et magnifique...
  • Une bande son excellente...
  • La transition parfaite dans le RPG et le monde ouvert
  • Un scénario plus mature
  • De nouvelles mécaniques de gameplay
  • Une durée de vie tout simplement énorme
  • Un must have au lancement de la Switch <3
  • La paravoile <3
Les moins
  • ... mais des soucis techniques en pagaille (surtout sur Wii U)
  • ... mais qui perd toute la dimension épique des précédents
  • Les boss qui manquent de personnalité
9 10