The Solus Project Test
The Solus Project des Tchèques de GRIP Digital est un étrange bébé à appréhender. Vendu comme énième survival en accès anticipé, avec un nappage de SF, le jeu s’avère bien différent de ses congénères de survie en milieu hostile (que ce soit préhistorique, zombie, ou SF).

Débarqué en Early Access depuis le 18 février, The Solus Project se déroule dans un futur lointain, après la destruction de la Terre (même pas de notre faute, mais celle d’une étoile sauvage, pour une fois). Vous faites partie du Solus Project, le dernier espoir de l’humanité, à la recherche d’une planète habitable. Évidemment une fois votre vaisseau en orbite, tout dérape et vous vous écrasez sur  Gliese-6143-C, apparemment le seul survivant du drame. Votre travail sera de survivre à la planète, de construire une balise pour contacter le reste de la flotte, et éventuellement de percer le secret de Gliese (on l’appellera Gliese maintenant, si vous le voulez bien).


La survie ça suffit ?

The Solus Project test

Votre premier contact avec Gliese-6143-C

Il est vrai qu’au premier abord, en lisant la description, on pourrait s’attendre à un énième jeu de survie que la machine à jeu indé semble pouvoir nous sortir par paquets de 10. Si la plupart des jeux de survie se contentent d’une grande zone unique à explorer, pleine de dangers, et parfois générée procéduralement, les développeurs de chez GRIP Digital ont choisi la voie du fait maison et de zones relativement petites. Des îles pour être précis, reliées entre elles par des longues grottes, toutes aussi faites main.

Cet aspect artisanal, qui donne une ambiance particulière et très travaillée au titre, est la pierre angulaire du titre. GRIP nous propose certes de survivre, mais avant tout de vivre une expérience, et de se plonger dans l’ambiance de Gliese. Ainsi mécaniquement la survie est d’une simplicité confondante, et ne sera jamais punitive. Deux ressources à gérer : nourriture et eau, toutes deux en abondance. Rajoutez une gestion de la température et de l’humidité, deux éléments qu’il faudra garder à l’oeil, Gliese étant une planète au climat… particulier. Ainsi la température oscille entre un -40° quelque peu frisquet, et un 60°, voir 70° degrés qui vont vous mettre à rude épreuve. Plongez dans l’eau au beau milieu de la nuit et vous êtes partie pour une belle hypothermie ; et inversement restez au soleil sans vous hydrater à midi, et c’est l’insolation qui vous frappera. Sans oublier les tempêtes mortellement dangereuses.

Mais heureusement vous avez Wilson. Wilson (oui, oui comme dans Seul au Monde) c’est votre PDA. Il vous permettra de surveiller la température, l’humidité, votre niveau de faim et de soif, ainsi que votre santé et votre sommeil (oui il faut dormir, sinon vous devenez moins efficaces, et finissez par mourir d’épuisement ; mais c’est aussi le seul moyen de sauvegarder). Wilson sera votre meilleur ami sur Gliese.

Les mystères de Gliese

The Solus Project Test

Wilson, votre meilleur ami dans l’adversité

Donc l’aspect survie de The Solus Project n’est pas la priorité. L’autre exemple c’est le crafting, encore plus simple que la survie. Lorsque vous approchez d’un objet, deux solutions s’offrent à vous : ramasser, ou combiner. Ramasser fera que l’objet prendra une place dans votre inventaire (très limité, que vous pouvez étendre un tout petit peu). Combiner vous montrera les objets compatibles et ce que ça donnera. Ainsi avec deux cailloux, vous faites un Kaillou-Ki-Koupe™, qui lui même combiné à une boite de conserve vous permettra de l’ouvrir et de déguster son contenu. On ne fait pas plus simple.

On l’a vu la survie n’est clairement pas le but de The Solus Project. Ce que l’on comprend très vite en tâtant du titre c’est que le jeu nous a fait une LOST. Il nous a vendu quelque chose, pour nous proposer autre chose au final. Attention, pas en mal, au contraire. The Solus Project n’est pas un jeu de survie, ce n’est pas un simulateur de Mark Watney, et vous ne ferez pas de patates dans vos déchets. C’est un jeu narratif. Ce qu’il vous propose c’est de vous guider et d’explorer les mystères de Gliese. Et très vite vous comprendrez que cette planète n’est pas ce qu’elle semble.

Et hop on en revient au fait main. Tout est lié. Tout a été prévu. Donc le jeu est divisé en zones, des îles pour être précis. Sur ces îles il vous incombera de survivre, et d’explorer pour trouver des choses. Entre autres : l’accès à la zone d’après. Ces accès se font via des tunnels, naturels, puis de plus en plus artificiels, et c’est dans ces longs passages sous-terrain que le jeu prend toute son ampleur. Utilisant la célèbre technique du « Y’a des trucs écrits un peu partout pour te raconter une histoire », mais aussi une très bonne narration par le décor, Gliese révèle peu à peu ses secrets, de plus en plus sombres, et de plus en plus inquiétants. Ces tunnels regorgent d’indices, de stèles à lire, et de statues et bas relief qui vous en diront énormément sur cette planète et son histoire (ainsi que des énigmes, qui sont clairement plus là pour occuper le joueur qu’autre chose). L’histoire de Gliese est d’une importance plus que capitale pour vous, c’est après tout le dernier espoir de l’Humanité.

L’accès anticipé bien fait

Donc je le disais plus haut, The Solus  Project est un titre en Early Access. Ce terme fait frémir n’importe qui, et offre souvent des cauchemars à base de bugs, de contenus faméliques, et de titre mal équilibré. Que je vous rassure tout de suite : le jeu est jouable. Parfaitement. GRIP utilise l’Early Access comme une phase de test grandeur nature. Le jeu est fini, il n’y a pas de place-holders, et il est parfaitement optimisé. Il faut dire qu’il est en développement depuis deux ans et demi.

La particularité de cet Early Access c’est que l’intégralité du jeu n’est pas encore disponible d’un coup. Sur la phase d’Early, qui devrait durer 90 jours selon leur page Steam, ils déploieront de manière régulière les différents chapitres du jeu. Pour l’instant seuls les trois premiers chapitres sont présents, ce qui vous fera 5 à 7 h de jeu en fonction de votre niveau (et aussi de votre capacité à vous souvenir que vous avez un téléporteur de poche). Du coup, comme le jeu est quasi fini, le jeu tourne correctement sur ma GTX 660ti d’il y a trois ans (en max, pas en ultra, ça reste de l’Unreal Engine 4), avec néanmoins quelques baisses de framerate de temps en temps.

Et d’ailleurs, venons-y à l’Unreal Engine. Qui encore une fois fait des merveilles. Fait main oblige (oui j’y tiens) les environnements sont flatteurs, offrant des panoramas de SF agréables, en particulier avec ces deux lunes énormes qui se baladent dans le ciel, une profondeur de champ toute embrumée avec cette lumière particulière qui est déjà la patte de l’Unreal Engine 4. Le dépaysement est certain. Les tunnels ne sont pas en reste, sombre, claustrophobiques, avec ces statues et ces bas reliefs étranges, le tout aidé par un design sonore qui parfois vous donnera des sueurs froides. À propos du design sonore mention spéciale aux tempêtes qui vous tombent parfois dessus avec ce mélange de musique et de bruitage qui met particulièrement mal à l’aise.

Des énigmes, sans défis

Tout n’est pas rose sur Gliese (même si c’est quand même très rouge). Si le jeu est très beau, et extrêmement bien peaufiné pour un Early Access, il y a tout de même deux trois choses qui fâchent. Ainsi on pourrait regretter un manque certain de contenu. Une vingtaine d’objets, et des combinaisons plutôt rares font que l’on aura très vite fait le tour du loot et du craft. Pour ceux qui veulent suivre l’histoire ça sera un plus, pour les autres ça peut vite devenir ennuyeux. Autre chose : la planète est couverte d’objets qui vous offrent des bonus (résistance à la chaleur, à l’hypothermie, réduction du besoin en eau et en nourritures). C’est pratique pour avancer un petit peu plus avant de faire une pause, mais c’est très artificiel, surtout à côté des mécaniques de faim et de soif qui sont assez naturelles. Sans compter que ce sont des bonus très petit (généralement moins de 10 %) et très limité dans le temps, l’intérêt n’est pas évident.

The Solus Project test

Pas de recettes de craft à retenir

Gliese est une planète dans la lignée de l’Île de LOST. Mystérieuses, bourrées d’indices, et d’énigmes. Parlons-en des énigmes. Nous sommes loin d’avoir affaire à des choses qui retourneront votre cerveau. Impliquant généralement une ou deux plaques de pressions, trois interrupteurs et, si vous êtes chanceux, un mécanisme à crafter et un petit peu de téléportations. Plutôt que de vous faire creuser les méninges à la recherche des solutions, elles deviennent très vite un simple ralentissement dans votre avancée, plus ennuyeuses qu’autre chose. Mais elles ne vous bloqueront jamais plus de 10 minutes. Peut-être que des énigmes plus ardues arriveront plus tard dans l’Early Access, avec les autres chapitres, mais pour l’instant ce n’est clairement pas la révolution de ce côté.

Techniquement parlant, le jeu étant quasiment fini, aucun bug majeur n’est à déplorer. On peut se retrouver bloqué par une collision un peu étrange à certains endroits, mais on en fait vite le tour. Certaines textures sont un petit peu moins bonnes que d’autres, c’est à s’y attendre vu le détail et la qualité de l’environnement. Le jeu semble quelque peu gourmand, quelque petite baisses de FPS en maximum sur une configuration moyenne, mais en ajustant les options graphiques ça devrait aller. Il faut garder à l’esprit que le jeu est en Early Access, et donc pour l’instant l’intégralité n’est pas disponible, seuls trois chapitres sont présents dans le jeu au moment où j’écris ces lignes. En revanche on peut être sûr que le reste sortira, le studio assurant que le jeu est bel et bien fini, et que l’Early Access n’est là que pour essuyer les plâtres, et aider au contrôle qualité.


The Solus Project est donc un jeu de survie où la survie n’a que très peu d’importance. Si les survival qui débarquent par paquets de 10 vous agacent, et pour peu que vous soyez sensible à une SF bien écrite et profonde, The Solus Project fait le travail. L’immersion sur Gliese est présente, la trame narrative est intrigante, et percer les mystères de la planète s’avère être un plaisir certain. On pourrait regretter un petit manque d’audace dans les mécaniques de survie, et une surabondance des ressources, mais vu que ce n’est clairement pas la priorité du titre ce n’est pas dommageable. En bref un Early Access bien fait, qui vous accrochera si vous aimez la SF et que l’on vous raconte une histoire intrigante.
The Solus Project

The Solus Project

Les plus
  • Une direction artistique fort agréable
  • Une vrai ambiance
  • Unreal Engine 4 qui fait des merveilles
  • Un design sonore de qualité
  • Des mécaniques de survie simples
  • Une histoire intrigante
Les moins
  • Peu de craft, et d'objet
  • Une grande abondance de ressources
  • Quelques ralentissements
  • Des énigmes peu nécessaires