The Wild Eight survivants

The Wild Eight est un tout nouveau jeu de survie, signé du petit studio indépendant Eight Points. Pour l’heure disponible sur Steam en accès anticipé, tentons de déterminer si le jeu vaut déjà ses 19,99€ requis…

Dans son approche globale, The Wild Eight est clairement un vrai jeu de survie, comportant de nombreux points communs avec Don’t Starve pour sa difficulté et The Long Dark pour son ambiance « glaciale ». Les graphismes très épurés et la vue de haut un peu particulière rappelleront quand à eux Albion Online. Un parti pris qui plaira à certains, et fera sans doute fuir les amoureux de jeux de survie plus réalistes (Ark, Conan Exiles,…).

Un jeu de survie classique ?

La première étape d’une partie consiste à choisir son personnage, parmi 8 disponibles, chacun possédant des avantages propres. Celui de base, conseillé pour les débutants, a par exemple la caractéristique de mieux supporter le froid que les autres.
Puis, une fois en jeu, vous vous réveillez à côté d’un avion suite à un terrible crash, et comprenez aussitôt qu’il va falloir vous dépêcher de vous relever et commencer sans tarder à récolter les maigres ressources présentes dans un paysage tout enneigé. Commence alors votre difficile survie !

Les premiers réflexes habituels vous conseilleront donc de partir entre autres couper les arbres avoisinants et piocher les rochers pour se faire quelques réserves de pierre. Rien que du basique et traditionnel.

Vous n’aurez que deux aspects (néanmoins cruciaux) à gérer : la faim et le froid. Comme votre personnage vient de s’écraser quelque part en Alaska, il est tout à fait normal de vous trouver face à des températures négatives. Afin de gérer au mieux le soucis du froid constant, il faudra veiller à rester relativement proche d’un feu. Un aspect très intéressant, obligeant le joueur à ne pas trop s’éloigner de son campement au départ, tant qu’il ne possédera pas de quoi crafter des vêtements. La nuit, bien entendu, les températures sont encore bien plus froides qu’en journée, mais vous aurez surtout à lutter contre une météo capricieuse. Attention alors aux bourrasques de vent glacial, qui éteignent sans arrêt les feux de camp, vous obligeant à réalimenter constamment ce dernier, ou trouver un abri en toute urgence.

Mais cet aspect passerait presque au second plan comparé à la gestion de la faim.
En effet, votre personnage semble être un estomac sur pattes, tant il vous paraitra que ce dernier a constamment faim. Impossible pour lui de passer plus de quelques heures sans avaler quelque chose. Au départ, vous pourrez le régaler de barres énergétiques, de champignons trouvés au pieds des arbres… Mais très vite, ces ressources vont venir à manquer, et vos premières morts arriver fatalement. Car une fois que la jauge de froid ou de faim atteint son minimum, votre barre de vie se met à diminuer à une vitesse vertigineuse. L’occupation de vos journées de survivant consistera donc à chercher en priorité de la nourriture, notamment de la viande sur les animaux (qu’il faudra préalablement apprendre à chasser et tuer, bonne chance à vous pour cela), et mourir la nuit tombée faute de réserves suffisantes.
Gérer son alimentation est un véritable calvaire à l’heure actuelle, tant et si bien que cela devrait refroidir et décourager plus d’un joueur.

Si gérer tout cela vous occupera un bon moment, certains vont également, et à juste titre, considérer qu’il manque quelques aspects essentiels d’un jeu dit de survie. Il n’y a par exemple aucune gestion de la soif, qui est pourtant logiquement bien plus primordiale que celle de la faim, ni même de la fatigue. Dommage, mais les développeurs travailleront peut-être dessus à l’avenir.

Il vous faudra également oublier tout l’aspect création/construction lié habituellement aux jeux du genre. Ici, pas de village à établir, ni même de maison personnelle à ériger à l’aide des ressources ramassées. Vous n’aurez accès qu’à quelques structures rudimentaires, comme le feu de camp ou l’atelier qui sera le bâtiment de base de tous vos crafts (hache, pioche, vêtements, pièges à lapins,…).

La tente « quechua », elle, ne vous servira pas à dormir, comme cela paraitrait pourtant fort logique, mais à débloquer de nouvelles compétences. Ces dernières seront accessibles une fois certaines tâches précises réalisées : l’action du sprint, par exemple, peut se débloquer seulement après avoir parcouru une certaine distance dans la neige en marchant. Ces structures, très peu nombreuses, ont donc chacune une utilité précise, pour une survie très basique. Comme le jeu est pour l’heure en accès anticipé, il se pourrait toutefois tout à fait que leur nombre augmente au fil du temps.

Enfin, il ne faudra pas oublier de créer des armes, de plus en plus puissantes, afin de rivaliser face aux animaux hostiles que vous rencontrerez à force de vous éloigner du campement initial. Et même si vous n’avez pas peur des loups, terriblement pénibles et coriaces, méfiez-vous de ce qui pourrait se cacher dans les coins les plus sombres et reculés…

Si l’aspect gestion de son personnage s’arrête à ces quelques éléments basiques (qui vous occuperont des heures durant tant il faudra inlassablement recommencer à bûcher, à trouver du gibier,…), on comprend toutefois bien vite que le titre n’est en réalité pas à cette simple gestion des ressources, comme il nous est donné à le penser de prime abord.

Un background mystérieux et captivant

Le genre du jeu de survie foisonne depuis quelques années, et, malgré des différences notables, par exemple concernant les graphismes ou le point de vue adopté (première ou troisième personne), le gameplay est peu ou proue toujours le même.

Même si l’on finirait par s’ennuyer sévèrement à force de lancer dans le vide de petits cailloux dans l’espoir de dégommer un pauvre petit lapin, on pourrait continuer de passer des heures à rester aux abords de l’avion écrasé, afin d’y établir son petit campement et améliorer son établi jusqu’au niveau maximum, sans rien faire d’autre que survivre le plus de jours possible.

Mais une fois découvert le journal de quêtes, notre approche du jeu change du tout au tout. Les quêtes proposées, principale et secondaires, sont là pour guider le joueur tout en restant assez floues dans leur intitulé, afin de nous obliger à quitter notre zone de confort et partir explorer à tâtons la carte pour dénicher d’éventuels indices.
Ainsi, sans essayer de spoiler le jeu, on vous demandera entre autres de retrouver la carcasse restante de l’avion, ou encore de comprendre où peuvent bien mener des pilonnes électriques curieusement plantés en plein milieu de la forêt…

The Wild Eight se présente donc finalement comme un véritable jeu d’exploration et d’aventure. Si l’aspect réaliste de la survie est obligatoire pour progresser (et bien oui, vous ne comptiez quand même pas vous promener en tongs en sifflotant au milieu d’une forêt au plein Alaska !), il ne s’avère qu’un prétexte pour vous emmener au coeur d’un jeu de pistes un peu étrange. Le lieu du crash va révéler progressivement ses secrets aux survivants, qui s’étonneront de la découverte de bâtiments abandonnés : d’anciens laboratoires scientifiques à l’intérieur desquels de bien étranges expériences semblent avoir été menées.

Cet aspect exploration est en tout cas très bien pensé. On se prend au jeu, curieux de découvrir ce que renferme le nouvel abri que l’on aperçoit au loin, mais que l’on ne peut pas atteindre pour l’heure à cause des loups rôdant aux alentours ou tout simplement parce que la faim nous tenaille et nous oblige à faire une halte. Alors tant pis si la survie nous ralentit, et nous oblige à passer une journée de plus à se crafter une meilleure arme. Car au final, on finit par rester encore et encore sur le jeu, dans l’optique de percer enfin le mystère qui s’épaissit de plus en plus au fil du temps et des quêtes…

Un jeu multijoueur, oui, mais…

The Wild Eight a été très clairement pensé pour jouer en coopération avec ses amis.
Sur la page d’accueil du jeu, le mode multijoueur se situe même avant le mode solo. La survie en territoire hostile est bien plus sympa à plusieurs. Cela permet d’explorer plus rapidement, en se frayant un passage plus assuré, par exemple, entre les loups qui sont véritablement le problème numéro un de la progression des rescapés.

Cependant, les limites de la coopération se font bien vite ressentir. Malheureusement, l’atelier n’est pas commun entre les joueurs. Ainsi, vous vous retrouverez rapidement avec plusieurs petits campements séparés, chacun devant farmer de son côté pour faire évoluer son propre atelier. Les ressources peuvent être mises en commun dans les coffres, mais c’est à peu près la seule interaction possible entre joueurs. Et ce ne sont pas les panneaux que l’on peut poser avec un petit message quelconque n’importe où sur la map qui augmenteront l’envie de se cailler les miches avec ses potes.

Malheureusement, hormis donc les fous rires que l’on se procurera lors des premières morts ridicules avec ses compagnons d’infortune, il n’y a guère d’avantages à l’heure actuelle à privilégier le mode multijoueur.
D’autant que ce dernier est actuellement parfois instable. Alors, au lieu de passer une éternité à essayer de créer un serveur sur lequel vos amis ne parviendront pas à se connecter, nous vous conseillons plutôt de voir The Wild Eight comme un bon jeu solo.


The Wild Eight, actuellement en early access, apparaitra seulement comme un énième jeu de survie à ceux qui n’y jetteront qu’un coup d’œil lointain. Or, le titre est en réalité bien plus riche que cela, proposant une véritable trame narrative sous forme de quêtes à résoudre, que les joueurs prendront j’en suis sûr plaisir à découvrir peu à peu.
Alors oui, certains vont forcément se retrouver frustrés de devoir penser avant tout à la gestion constante du froid et de la faim. Trouver de la nourriture est un véritable casse-tête au départ, et risque de tuer dans l’œuf le plaisir de pas mal de joueurs.
Mais ce gameplay très exigeant parvient finalement à créer une tension très intéressante entre la curiosité de l’exploration et le ralentissement volontaire provoqué par le besoin de rester en vie.
Les futurs patchs nous donneront des indications sur le parti pris des développeurs, afin de voir si ces derniers décideront avant la sortie finale du jeu de se concentrer et approfondir plutôt le côté aventure, ou survie de leur titre. Quoi qu’il en soit, il serait dommage de perdre un équilibre pour l’heure joliment trouvé.

The Wild Eight

The Wild Eight

Les plus
  • De la survie Hardcore
  • Une ambiance convaincante
  • Une histoire très mystérieuse et bien prenante
Les moins
  • Une gestion de la faim horrible
  • Un multi pas très coopératif
  • Des serveurs multi instables
7 10