This War of Mine : The Little Ones enfants

Il y a un peu plus d’un an, les polonais de 11 bit studios nous offraient sur PC un jeu de survie d’un autre genre appelé This War of Mine. Plébiscité par la presse et les joueurs, le titre de 11 bit a su magistralement donner une autre approche au jeu de survie et un nouveau regard sur la guerre, celui des civils piégés dans un combat qui leur échappe. Et voici maintenant que This War of Mine débarque sur Xbox One et PlayStation 4 avec quelques nouveautés en plus. Plongée dans un jeu qui ne nous fait pas sortir indemne d’une telle expérience.

Pour celles et ceux qui ne sauraient pas encore ce qu’est This War of Mine, il n’est pas trop tard, reprenons dans l’ordre. Lorsque vous lancez la partie, vous vous retrouvez dans une grande maison délabrée, marquée par la guerre qui frappe un pays imaginaire (inspiré par la guerre qui a touché la Bosnie dans les années 1990) depuis quelques semaines. Vous voilà aux commandes d’un petit groupe de trois survivants, chacun ayant ses propres attributs. Le but, faire survivre ces compagnons d’infortune en améliorant et barricadant l’abri et en subvenant aux besoins de chacun (nourriture, chaleur, sommeil, etc). Cela a l’air facile dit comme ça mais le jeu fera tout pour vous empêcher de mener parfaitement cette aventure ou en tout cas de laisser vos personnages et par extension, le joueur, s’en tirer sans séquelles jusqu’au cessez-le-feu, synonyme de fin de la partie et qui survient en moyenne après 40 jours.


This War of Mine – The Little Ones – Trailer… par CooldownTV

Confronté à sa propre humanité

Lancement de la première partie donc. Pavle, Marko et Bruno se retrouvent tous les trois dans leur abri en ruines. Marko est un expert de la collecte, son sac à dos contient plus de place pour ramener des objets de ses raids. Pavle est un sportif et un bon coureur, pratique pour les milieux dangereux qui peuvent nécessiter de fuir rapidement, mais son sac a moins de place. Bruno, lui, est un bon cuisinier, il préférera rester à l’abri pour préparer de bons plats lorsque les ingrédients seront suffisants. Voilà le genre de caractéristiques que les différents personnages ont. Au début de la partie, tout va à peu près bien, les matériaux et la nourriture répondent présents. Mais il va falloir penser à stocker, les réserves ne se remplissent pas toutes seules. Une journée se déroule donc en deux temps. La partie « jour » se déroule de tôt le matin à 20h. Pendant ce temps là, il sera nécessaire d’améliorer son abri en confectionnant grâce à un atelier des lits, une chaudière, une cuisinière ou encore une radio, pour se tenir au courant des nouvelles de la guerre, et des outils. Chacun de ces objets demande des matériaux spécifiques, parfois en quantité déraisonnable, il faut donc faire le tri dans les priorités en fonction du nombre de matériaux qu’on a.

Et c’est là que la deuxième partie, la nuit, a son importance. La journée nous aura permis de réfléchir à ce dont on a besoin pour construire tel ou tel objet, la nuit, elle, permet d’aller chercher ces objets. A 20h donc, il faudra choisir parmi ses personnages, qui reste à l’abri en dormant ou en montant la garde (les pillards se font de plus en plus nombreux) et qui part collecter. Marko est tout indiqué pour faire un tour. On choisit sur une carte l’endroit dans lequel on souhaite l’envoyer : un hôpital abandonné qui contient beaucoup de médicaments ? Un garage dont les propriétaires sont encore là mais qui renferme de très nombreuses pièces essentielles ainsi que de la nourriture ? Un immeuble abandonné dont les milices locales se sont emparées ? Il faudra faire son choix non seulement en fonction des objets à récupérer, mais aussi de la dangerosité du lieu. Ne comptez pas vous infiltrer dans un bâtiment aux mains de soldats si vous n’avez pas d’arme à feu (que l’on pourra crafter plus tard dans le jeu). Choisissons le garage tiens. Marko essaie de s’infiltrer discrètement. Les premières pièces contiennent quantité d’objets indispensables mais, alors qu’il est en train de fouiller dans un placard, un des garagistes le surprend en train de voler dans ses affaires. Une lutte s’engage mais, malheureusement pour le pauvre homme, Marko avait déjà récupéré une hache. Le garagiste est blessé et Marko en profite pour s’enfuir avec son sac à dos rempli.

Répondre de ses actes

Raid facile, mais en rentrant, et après un suspense insoutenable, ses amis lui annoncent que l’abri a été attaqué par un groupe de pillards. Ceux-ci ont réussi à voler des médicaments et de la nourriture. Par chance, Marko est revenu avec des denrées alimentaires, ce qui rattrape le coup. Mais voler ces pauvres gens ne met pas tout le monde d’accord dans l’abri. Pavle s’en veut d’avoir laissé son ami agir de la sorte et tombe dans une dépression, Marko également qui, en plus de ça, a blessé un innocent. Bruno, quant à lui, dit que c’était nécessaire au vu de la situation. Le jeu prend alors une autre tournure. En dépression ou tristes, vos personnages auront moins envie de s’investir dans la vie du refuge. Il faudra alors faire dialoguer les différents protagonistes pour essayer de les calmer et leur faire penser à autre chose. On se prend alors d’affection pour les plus faibles que l’on va tout faire pour les réconforter. A chaque action effectuée dans la nuit, les répercussions sur notre groupe seront plus ou moins importantes. Nous serons également, en tant que joueur et humain, amenés à nous questionner sur nos choix et on se met vite dans la peau de nos compagnons virtuels.

Comme dit précédemment, pendant la nuit, notre abri est vulnérable aux attaques de pillards sans pitié. A chaque fin de raid, on se ronge les ongles en attendant de savoir si le refuge a été attaqué et si oui, si les assaillants sont repartis avec beaucoup de nos objets ou ont blessé un de nos amis. D’où l’importance de rapidement créer des armes comme des couteaux ou des haches, qui nous permettront de repousser plus facilement les assauts répétés. Cela devient vital lorsqu’une vague de criminalité s’abat sur la ville et que les attaques de plus en plus violentes se multiplient pendant quelques jours. Stress décuplé lorsqu’un voisin vient dans la journée demander de l’aide, comme l’aider à défendre sa maison ou aller chercher des denrées après un largage humanitaire et que l’on accepte. Dans ces cas-là, un de nos habitants ne sera plus disponible pendant au moins une journée entière (nuit comprise) et il sera donc nécessaire de ne pas partir en raid ce soir-là pour éviter un pillage aux répercussions catastrophiques. Heureusement, le jeu en vaut la chandelle puisque, lorsque notre ami rentre de sa « mission », il ramène souvent quelques objets en récompense et le moral s’améliore car la personne que l’on aura aidée pourra vivre plus longtemps. Mais, inévitablement, la difficulté va augmenter d’un cran lorsque l’hiver arrive ou qu’un de ces voisins vous demandera d’accueillir un enfant.

This War of Mine raid

Explorer des lieux pendant la nuit peut comporter des risques, mais parfois, le jeu en vaut la chandelle

Il va falloir se consoler

Ces enfants sont l’ajout majeur (et, il faut le dire, le seul) de This War of Mine : The Little Ones, la version consoles du jeu. Si déjà s’occuper de trois adultes en temps de guerre ne nous laissait pas indifférents, l’arrivée d’une petite tête blonde dans notre foyer ne fera qu’amplifier ces sentiments. Il ne sera possible de s’occuper que d’un seul enfant heureusement mais le travail demandé ne rendra le jeu que plus dur. Une bouche de plus à nourrir certes, mais il faudra aussi veiller à ce qu’il ne s’ennuie pas trop. On a beau être en guerre, notre bambin va cherche de quoi s’occuper. Il sera possible de construire une petite balançoire ou une caisse remplie de jouets. Les adultes pourront également jouer avec lui à « trois p’tits chats » ou d’autres petits jeux pour enfants. Mais le petit bonhomme a aussi son utilité, si un nos compagnons est en dépression, lui n’hésitera pas à aller le réconforter. Au fur et à mesure que les jours passent on se prend d’affection pour le bout’chou.

L’audace des développeurs de 11 bit studios n’en est que plus grande grâce à cette nouveauté. Il fallait avoir du courage pour mettre des enfants dans un jeu de survie sombre en période de guerre. Quand on sait que les polonais se sont inspirés de leurs propres familles et se sont posé beaucoup de questions sur cette idée, et notamment sur le fait de faire mourir ou pas les enfants, on ne peut plus douter de leurs intentions. Ne vous inquiétez pas, les enfants ne peuvent pas mourir. Si leur état devient trop grave, ils décideront de fuir l’abri, parfois accompagnés d’un des adultes. 11 bit nous fait passer un cran au-dessus dans l’implication du joueur et les sentiments que l’on développe. Un grand bravo à eux sur ce point qu’il manquait peut-être au jeu de base pour en faire une expérience complète et marquante. On peut tout de même leur reprocher quelques problèmes sur ce portage console. Si les graphismes et la bande-son restent exceptionnels, la jouabilité, elle, pâtit beaucoup du passage de la souris à la manette. On dirige les personnages grâce au stick analogique mais celui-ci est tellement sensible que, bien souvent, le personnage que l’on contrôle courra au lieu de marcher, entraînant des allers-retours frustrants pour essayer d’accomplir une action. The Little Ones, qualifié d’extension, ne rajoute au final que très peu de choses. Seulement des enfants, quelques nouveaux objets et puis c’est tout. Si peu de nouveautés donc, mais qui ajoutent tellement à l’expérience globale.

This War of Mine et The Little Ones sont, à mon sens, des must-have, que ce soit sur PC ou consoles. La jouabilité sur Xbox One et PlayStation 4 demande un certain temps d’adaptation, mais une fois acquis, l’expérience en vaut le coup. Rarement un jeu ne nous aura autant fait nous questionner sur nous même et nous attacher autant à des personnages faits de pixels. La rejouabilité est grande, grâce au mode « Créer sa propre histoire », genre de mode personnalisé qui nous permet de choisir la difficulté du jeu, ses personnages, les lieux à visiter, la durée de l’hiver ou encore le nombre de tours avant le cessez le feu/fin de partie. Le tout est sublimé par une patte artistique terne, grise, triste mais diablement séduisante, faite de traits de crayons en grande partie. La bande son n’est pas à mettre de côté, avec ses guitares et ses violons qui nous mettent dans l’ambiance sans espoir de survivants luttant pour survivre le plus longtemps possible. La question qui persiste désormais est : quand les joueurs PC pourront profiter de The Little Ones ? Les développeurs ont affirmé qu’une version était à l’étude mais peu de nouvelles ne nous sont parvenues. En bref, si vous êtes adeptes de jeux de survie, de challenge et d’expériences profondes, foncez sans réfléchir, vous ne le regretterez pas.

This War of Mine

This War of Mine

Les plus
  • Les graphismes
  • La bande son
  • Les questionnements que le jeu amène
  • Un challenge bien présent
  • Une bonne rejouabilité
Les moins
  • La jouabilité à la manette
  • Au final, peu de nouveau contenu sur consoles
9 10