titanfall 2 test PS4

La potentialité d’une suite au très intéressant mais vide Titanfall ne faisait aucun doute. Le jeu, développé par les anciens de Call of Duty sous l’égide nouvelle de Respawn Entertainment, s’était payé de bien belles critiques à sa sortie en 2014. Seulement, en en faisant une exclusivité aux machines de Microsoft, EA Games misait sur le mauvais cheval. Aussi Titanfall 2 semble vouloir corriger absolument tous ses impairs : contenu étoffé, véritable campagne solo, et sortie simultanée sur PS4, Xbox One et PC. Verdict ? Si c’était ce jeu qui était sorti en 2014, il aurait marqué d’une pierre blanche le genre du FPS.

C’est probablement à Titanfall que l’on doit wallrun, glissades propulsées et jetpack dans les plus récentes déclinaisons de Call of Duty. Il faut dire qu’avec son dynamisme fou et son accessibilité, le jeu de Respawn Entertainment a fait tourner bien des têtes lors de sa sortie il y a presque trois ans. Le jeu avait le bon goût d’ajouter à sa panoplie de ninja la possibilité d’invoquer des mechas surpuissants pour proposer un gameplay asymétrique. Le FPS respirait de nouveau. Mais l’idylle fut de courte durée. Avec son contenu pataud et son absence de campagne solo, on s’est rapidement ennuyé sur Titanfall. Et c’est précisément là que ce situe le défi de sa suite : proposer plus, proposer mieux. Est-il relevé par les équipes de Vince Zampella ? Haut. La. Main.

Titanfall 2 – Trailer de lancement par CooldownTV

Coeur de robot

Difficile de nier que nous étions plus que dubitatifs lorsque nous avons appris que Titanfall 2 proposerait une campagne solo. Il est plutôt rare que les FPS à vocation multijoueur parviennent à faire autre chose que proposer un scénario-prétexte aux échauffourées en ligne. Il faut désormais avouer que nous avons été agréablement surpris par la qualité de la campagne livrée par Respawn Entertainment.

Évidemment, le scénario n’a pas grand-chose à proposer. L’écriture y est utilitaire, et les dialogues pas très inspirés. Mais, diantre, cette mise en scène ! On pensait avoir tout vu en termes de cinématographie chez Call of Duty ou Battlefield, mais force est de constater que Titanfall ne démérite pas, et propose en réalité une tout autre aventure que celle de ses concurrents.

Là où les autres FPS vous font souvent incarner un soldat lambda dans une escouade lambda, Titanfall 2 joue davantage la carte du parcours initiatique. Vous incarnez Jack Cooper, une bidasse à peine sortie d’entraînement qui va être dépêchée sur une ligne de front contre des méchants pas beaux qui puent. Son unité décimée, Jack reçoit dans un baroud d’honneur de son capitaine le contrôle du titan BT-7274.

Ce nouveau compagnon de route s’avérera très bavard, et vous permettra bien souvent de mettre des mots sur ce que vous voyez à l’écran. Une narration plutôt sympathique, d’autant que Respawn a pris soin d’inclure différents choix de réponses lors des échanges. Un ajout accessoire cependant : les dialogues ne modifient en rien le scénario du jeu, mais permettent d’impliquer davantage le joueur dans la découverte et l’appréhension de cette relation nouvelle avec votre nouvel allié.


Titanfall 2 – Les 10 premières minutes de la… par CooldownTV

Tambour battant

titanfall 2 test PS4

Titanfall 2 propose de nombreuses phases de plateforme

En dépit d’une durée de vie compacte (comptez 5 heures maximum), d’un degré de difficulté plutôt bas et d’une fin expéditive, on ne nous enlèvera pas que le solo de Titanfall 2 est probablement l’un des meilleurs livrés par un FPS militariste ces dernières années. Le level design est inspiré, la mobilité du personnage y est exploitée pour donner lieu à des passages de plateforme grisants (le chapitre de l’usine est mémorable), et le tout s’accompagne d’une bande originale signée Stephen Barton (Call of Duty: Modern Warfare) qui épatera le mélomane exigeant.

Les 9 chapitres du jeu ont le bon goût de tous porter une idée de gameplay différente. L’usine mettra vos capacités de wallrun à l’épreuve, celui du complexe jouera très habilement d’un petit accessoire permettant — à volonté, ce qui est à signaler — de passer de la version actuelle des lieux à une version située dans le passé. Les derniers chapitres, quant à eux, se concentreront davantage sur la maîtrise des différentes armes de votre Titan, qui garnira son arsenal au fil de l’aventure.

Le niveau de l’usine à simulateurs est mémorable

Je dois le dire, voire même le souligner : j’ai pris de multiples claques lors de la campagne. Au point que j’ai préféré ne pas toucher au multijoueur avant de l’avoir bouclé. Là où, par contre, je suis un brin déçu c’est évidemment l’écriture. La communication de Respawn Entertainment se basait essentiellement sur ce fameux lien qui unit un pilote à son Titan. Si, effectivement, on se prend d’affection pour ce gros tas de boulons qui veillera sur vous comme le T-800 sur Jack Connor dans Terminator 2, on est déçus par le manque d’exploitation de cette empathie. Finalement, c’est moins l’attachement du pilote envers son Titan que nous montre Titanfall 2 que notre propre faculté à nous approprier des personnages de jeux vidéo.

Du reste, cette campagne propose un tour d’horizon des cartes que nous aurons l’occasion de voir dans le mode multijoueur, et qui sont plutôt variées. Si, lors de ma preview je remettais en cause le moteur graphique du jeu, le mode solo a su me convaincre que cette version modifiée du Source Engine en avait encore dans le ventre, et proposait de forts beaux panoramas. Sur les visages en revanche, le moteur ne tient absolument pas la route. Une aubaine que la quasi-totalité des protagonistes soient casqués.

titanfall 2 test PS4

Titanfall 2 dispose de solides arguments de mise en scène

Chats perchés

titanfall 2 test PS4

Il y a désormais six Titans à débloquer

L’une des choses que l’on a le plus reprochées à Titanfall, c’est la pauvreté de son contenu. Une poignée de cartes, peu d’armes à débloquer, seulement trois titans jouables… On s’ennuyait vite, surtout alors qu’en face Call of Duty: Ghost faisait dans la surenchère de contenu débloquable. Titanfall 2 a, encore une fois, su analyser la critique et proposer un multijoueur parfaitement équilibré.

Désormais, ce sont six titans que l’on peut incarner dans le jeu. Chacun, vous vous en doutez, dispose de ses avantages et de ses inconvénients. Ion, Scorch et Tone seront les plus polyvalents, alors que Ronin (et sa grosse épée) et Northstar plairont aux joueurs en recherche de mobilité. Legion, enfin, fait office de sac à PV et jouit, en plus d’une résistance accrue, d’une sulfateuse à tout faire dévastatrice.

Autre nouveauté de taille (en plus de la customisation cosmétique des mechas) : la refonte des « ulti » de nos chers robots. Titanfall proposait une ébauche à base de buffs, qui augmentaient temporairement les stats de vos colosses d’acier. Sa suite aboutit le concept en faisant quelque chose de très classique mais d’efficace : une capacité ultime surpuissante. Vague de flamme, déluge de roquettes, épée électrifiée, auto-lock des cibles… Il y a de quoi faire. Mais ici encore : l’équilibre est de mise, et aucun robot ne semble avoir l’ascendant sur les autres.

Titanfall 2 propose actuellement 9 cartes sur lesquelles étaler sur skill. C’est dans la moyenne basse du genre, mais rassurez-vous : absolument tout le contenu additionnel sera gratuit. Vous avez bien lu, aucun DLC payant, aucun season pass n’est nécessaire pour profiter de l’expérience intégrale. En toute franchise, je peine à me souvenir du dernier FPS multijoueur qui avait fait ce choix.

Avoir un grappin et savoir s’en servir

Toujours pour marquer sa différence, Titanfall 2 est probablement l’un des FPS en ligne où les modes de jeu les plus classiques sont les plus inintéressants. Aussi Respawn a introduit avec cette suite le mode Chasse aux primes, qui fait office de premier choix dans l’écran de sélection du mode de jeu. Le principe est à la fois simple, vicieux et ultra fun : des mobs popent à un endroit sur la map, et votre but et d’en dézinguer le plus possible pour amasser de l’argent qu’il faudra ensuite déposer à la banque lorsque celle-ci ouvrira. Le twist ? Si un joueur adverse vous tue, vous perdez la moitié de vos gains. La Bonne Paye réinventée.

Autrement seul le mode Domination se refait une beauté avec une petite particularité : une fois l’un des trois points capturés, rester en défense sur ce point permet d’en doubler la performance, et donc d’engranger des points plus rapidement. Voilà de quoi encourager à bien jouer l’objectif.

Nous parlions des Titans plus haut, mais les pilotes ne sont bien évidemment pas en reste. Le souci, c’est que pour paraître original il aurait fallu que Respawn propose tout cela avant les tout derniers opus de Call of Duty. Nous avons donc droit à ce qui est devenu classique au fil des années : différentes classes de personnages modifiables à l’envie, de multiples armes à débloquer (le Smart Gun a disparu… sniff) qu’il est désormais possible de personnaliser avec des graffitis criards et divers accessoires.

Enfin, si les pilotes ne disposent pas de capacité ultime, ils peuvent choisir entre cinq « avantages tactiques » au moment de la création de la classe. On y trouve un stimulant permettant de se soigner et de courir plus rapidement pendant quelques instants, un camouflage optique un peu pété, un bouclier portatif, un couteau-sonar qui révèle la position des ennemis dans un rayon autour du point d’impact, une projection holographique permettant de duper vos ennemis, une téléportation et, enfin, un grappin.

Largement mis en avant dans les trailers du jeu, celui-ci se veut plus difficile à prendre en main qu’on veut bien le penser. Permettant moins de se hisser que de s’en servir comme d’un balancier, il devient absolument redoutable lorsque l’on arrive à s’approprier le panel de mouvements des pilotes. Dans un build typé vitesse, cet accessoire se révèle indispensable pour faire tourner la tête de vos adversaires. Petit plus sympa : il permet de grimper bien plus facilement sur le châssis d’un Titan ennemi pour lui grenader la tête.


Titanfall 2 – Une partie en mode Chasse aux primes par CooldownTV


Si sa sortie est passée relativement inaperçue, pris qu’il est entre deux mastodontes du genre — Battlefield 1 (notre test) et Call of Duty: Infinite Warfare (notre preview)— le nouveau jeu de Respawn Entertainment est en tout point un meilleur cru que son prédécesseur. Titanfall 2 a corrigé absolument tout ce qu’on pouvait reprocher à son prédécesseur, et livre en prime une campagne solo de laquelle on n’attendait rien, et qui surprend par sa mise en scène incroyable et son inspiration dans le level design. Le multijoueur, enfin, jouit d’une prise en main instantanée et d’un concept toujours aussi réussi : le gameplay asymétrique pilote / titan. À conseiller absolument si vous aviez aimé le premier, ou si vous recherchez une autre expérience du FPS en ligne.

Titanfall 2 a été testé sur PS4 à partir d’une version commerciale

Titanfall 2

Titanfall 2

Les plus
  • Une campagne solo surprenante
  • Un contenu satisfaisant à la sortie
  • Pas de Season Pass requis, tout le contenu offert
  • Six Titans aux capacités variées
  • Toujours aussi dynamique et instantané
Les moins
  • Un moteur graphique paresseux sur les visages
  • Le design des armes, peu inspiré
  • 9 cartes, c'est un peu léger
8.5 10