Frozenbyte l’avait promis, le 20 août dernier, Trine 3: The Artifacts of Power a officiellement quitté le doux pays de l’early-access pour devenir une version officielle disponible pour tous. Si notre preview nous avait quelque peu laissé sur notre faim au niveau du contenu, on se souvient que le contenant nous avait beaucoup plu et qu’on ne demandait qu’à y retourner une fois le jeu complet entre nos mains. Alors est-ce que les petits gars du studio finlandais ont réussi à faire de ces nouvelles aventures une vraie réussite toujours aussi haute en couleurs ? L’heure du verdict a sonné !

Fool of a Took ! What have you done ?

Ainsi donc on retrouve nos trois héros, Pontius, Zoya et Amadeus vacants à leurs occupations. Il faut avouer qu’après avoir sauvé le royaume dans Trine 2, ils profitent de vacances bien méritées. Un repos tout relatif puisque chacun semble très occupé par ses soucis personnels. Le jeu nous propose ainsi, en guise de tutoriel, trois premiers chapitres où l’on dirige les personnages un par un. On démarre ainsi avec le chevalier Pontius pourchassant un voleur, pour enchaîner avec Zoya à la poursuite d’un diamant vert pour terminer avec Amadeus qui sort de sa sieste pour contempler des tortues. Occupés donc, mais loin des soucis auxquels ils étaient habitués jusque là. Malheureusement pour notre trio infernal l’arrivée du Trine va une nouvelle fois venir perturber leur petit quotidien.

Cet artefact magique qui les convoque à chaque fois qu’il faut aller combattre le mal repointe donc le bout de son nez de manière impromptue en espérant embarquer les trois héros dans une nouvelle aventure. Seulement voilà, avec le sentiment du devoir accompli, nos trois compères décident qu’il est temps pour eux de reprendre une vie normale en rendant au Trine les pouvoirs qu’il leur avait accordés. Forcément la manipulation tourne à la catastrophe avec la destruction du Trine et la libération d’un mage franchement pas amical. Voilà que nos trois héros, au lieu de se la couler douce sans se soucier du sort du monde, vont devoir repartir à l’aventure pour corriger leurs bêtises.

Petite nouveauté pour la licence, l’aventure nous est présentée comme un plateau sur lequel on déplace un personnage et où on sélectionne le niveau que l’on souhaite faire. Deux types de niveaux sont disponibles. Ceux qui mènent vers un chapitre de l’histoire principale et ceux qui sont entièrement dédiés à un personnage en particulier. Ils n’apportent rien de spécial au niveau du scénario, mais permettent de récupérer une cinquantaine de Trineangles de manière relativement simple. Cela peut donc paraître totalement secondaire, voire dispensable, de parcourir ces niveaux au final sauf que les développeurs de Frozenbyte ont décidé que les joueurs pourraient progresser dans l’histoire principale à condition d’avoir amassé une certaine quantité de ces Trineangles.

Si derrière cette idée on peut clairement comprendre l’envie du studio de pousser les joueurs à fouiller les moindres recoins de chaque niveau, on est beaucoup plus sceptique quant à la motivation des joueurs qui ne se passionnent pas pour les recherches minutieuses dans les jeux. Loin d’être une excellente idée, cela nous semble à même de rebuter les joueurs qui finiront par abandonner le jeu plutôt que de passer du temps à chercher encore et encore ces objets cachés ce qui est, au final, fort regrettable. Un défaut que l’on pondérera par le fait que chaque niveau est découpé en plusieurs petites parties et qu’un menu nous indique combien de Trineangles ont été ramassés dans chacune d’elle. Il est donc tout à fait possible de se focaliser sur une partie d’un niveau sans devoir tout refaire ce qui est déjà un moindre mal.


L’évolution dans la douceur

Pour ceux qui arriveront à passer outre ce petit défaut, Trine 3: The Artifacts of Power saura se montrer relativement généreux et plaisant. On retrouve ainsi toujours le même concept avec des niveaux dans lesquels il faut tirer profit des capacités de chacun pour résoudre les différents puzzles qui se présentent tout au long de l’aventure. À ce niveau là on note d’ailleurs plusieurs nouveautés pour chacun des trois héros. Pour Amadeus il ne sera plus possible de dessiner à la main les formes que l’on souhaite faire apparaître. Dorénavant une simple pression sur le bouton Y modélisera directement un cube aux dimensions fixes. Pontius peut maintenant se servir de son bouclier comme d’un parachute pour planer sur une longue distance. Zoya reste cependant le personnage dont l’évolution apporte le plus au gameplay notamment grâce à l’utilisation de sa corde qu’elle peut attacher aux deux bouts.

Une fonctionnalité très intelligemment utilisée à travers tout le jeu avec des puzzles malins, basés sur des compensations de poids et autres forces de traction. Et avec les objets qu’Amadeus peut modéliser, on arrive à des combinaisons vraiment marrantes et, surtout, une multitude de façons de pouvoir résoudre les énigmes gageant d’une excellente rejouabilité. Un vrai régal en somme, même si on regrette que l’arbre des compétences des personnages ait totalement disparu. On avait déjà souligné ce point dans notre preview en espérant que le status d’early access soit responsable de cette absence mais il n’en n’est rien. Dorénavant les compétences de nos trois héros sont figées dès le début de l’aventure et il ne servira à rien d’espérer pouvoir récupérer de nouvelles capacités. Dommage.

Des puzzles qui profitent de l’arrivée de la 3D pour se montrer encore plus riches que par le passé. Si la progression se fait globalement toujours de manière horizontale, on peut dorénavant jouer avec la profondeur pour se déplacer dans les décors. Outre les possibilités que cela apportent aux développeurs pour cacher de nombreux petits secrets, on gagne surtout en richesse au niveau des possibilités pour résoudre les énigmes, surtout quand il s’agit de jouer avec la corde de Zoya et les objets d’Amadeus. Et si c’est une vraie réussite au niveau du gameplay et du plaisir de jeu, ça l’est tout autant au niveau de la réalisation.

C’est difficile à croire, mais Trine 3 est encore plus beau que son prédécesseur qui avait déjà placé la barre très haut lors de sa sortie. C’est coloré (peut être un peu trop parfois), ça fourmille de détails dans les moindre recoins et les éclairages sont absolument magnifiques. la bande son est évidemment toujours aussi plaisante et entraînante. A la fois discrète et totalement dans le ton, elle accompagnera les joueurs tout au long de l’aventure sans jamais lasser ni se montrer trop présente. Bref, une vraie réussite artistique qui fait de ce Trine 3: The Artifacts of Power un véritable bijou visuel et sonore.

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C’est pas sorcier

Difficile de faire plus agréable comme compagnon de jeu et il faut bien avouer que l’aventure se veut très agréable tout au long des 7 chapitres principaux que comporte l’histoire. Ceux qui aiment les jeux finis à 100%, profiteront en plus des 10 cartes secondaires dédiés à chaque personnage. Au total il faut donc compter environ 5 à 6 heures de jeu pour arriver au bout de l’aventure. Une durée de vie un peu courte il faut le reconnaître surtout que le niveau de difficulté n’est franchement pas très relevé. Évidemment on n’attend pas de Trine 3: The Artifacts of Power qu’il propose le challenge d’un Dark Souls mais on n’aurait pas refusé un peu de plus de difficulté lors des combats notamment et des puzzles un peu plus retords demandant une vraie coordination des trois personnages là où, parfois, un peu d’approximation n’empêche pas la réussite.

Du coup si le jeu se termine agréablement on reste toujours un peu sur sa faim une fois le générique de fin terminé en se disant qu’après avoir goûté à un tel délice on aurait bien repris un peu de dessert. Heureusement la rejouabilité du titre fait que les amoureux du jeu pourront y retourner et essayer d’aborder les niveaux d’une manière différente. Il reste aussi le multijoueur qui, comme toujours, permet aussi bien de jouer en ligne qu’en local tout en mixant les configurations (deux joueurs en local peuvent jouer avec un troisième joueur en ligne). Le jeu prend alors une toute autre dimension puisque chacun doit s’atteler à la tâche qui lui incombe pour ne pas freiner le trio dans sa progression. Et puis pour ceux qui se sentent l’âme créative l’éditeur de niveau permettra de proposer du contenu supplémentaire à la communauté qui, via le Steam Workshop, pourra profiter d’un contenu inédit supplémentaire et facilement accessible.


C’est une certitude, Frozenbyte maîtrise bien son sujet lorsqu’il s’agit de faire évoluer la licence Trine. Trine 3: The Artifacts of Power est le parfait exemple du jeu reposant sur une recette connue dont on modifie quelques ingrédients pour en faire un produit qu’on a l’impression de connaitre mais qui nous surprend à de nombreuses reprises. Certes on pourra regretter certains choix de game design comme cette progression conditionnée par la récolte des Trineangles ou la disparition de l’arbre des compétences, mais en y réfléchissant bien, on se rend compte que l’on n’a finalement pas perdu grand chose au contenu. C’est toujours aussi riche, plaisant à jouer et intelligent dans le gameplay. La 3D apporte un vrai renouveau et permet aux développeurs de nous offrir de nouvelles énigmes bien pensées dont la résolution ne tient qu’à notre logique. En résumé un jeu de puzzle/plateforme sympathique à l’ambiance onirique plus soignée que jamais. Vraiment, vous auriez tord de vous priver !
Trine 3 : The Artifacts of Power

Trine 3 : The Artifacts of Power

Les plus
  • L'univers magique
  • Toujours plus beau
  • La 3D vraiment réussie
  • Level design soigné
  • Les énigmes sympathiques
  • Nouveautés intelligentes
  • La bande son somptueuse
  • VF et VO réussies
Les moins
  • C'est court. Trop court
  • Plus d'arbre de compétences
  • Récolte des Trineangles obligatoire
  • Encore plus facile que ses prédécesseurs
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