Hitman épisode 1 test
Quatre ans après Absolution, l’Agent 47 revient dans un Hitman rebooté, choix à la mode du moment. Surprise cette fois-ci, Square Enix et IO Interactive ont décidé de sortir le jeu non pas en un bloc comme le bon sens et la logique vidéoludique le voudraient pour un jeu de cet acabit, mais bien en sept épisodes qui sortiront tout le long de l’année. Le 11 mars dernier sortait donc ce que les développeurs appellent le « Pack d’introduction » contenant le prologue et la désormais fameuse mission à Paris. Etait-ce une bonne idée ? Doit-on crier « chauve qui peut » ? Réponse.
Test réalisé sur Xbox One

A la surprise générale, IO Interactive et Square Enix ont annoncé vouloir faire de Hitman un jeu épisodique. Le titre verra 7 épisodes en tout, qui sortiront tout le long de cette année. Une décision qui a fait couler beaucoup d’encre et qui a fait crier les fans. S’il est possible d’acheter un season pass à 60 €, les joueurs désirant acquérir chaque épisode indépendamment devront payer une quinzaine d’euros pour le pack d’introduction, celui qui nous intéresse aujourd’hui, comprenant le prologue et la mission à Paris, et une dizaine d’euros ensuite par épisode. Celles et ceux qui désirent attendre que tous les épisodes soient disponibles devront patienter au moins jusqu’en début d’année prochaine pour la version boite, car aucune date n’a encore été émise. Mais revenons donc sur ce premier épisode attendu et redouté.


HITMAN nous conte son histoire par CooldownTV
 

Bons baisers de Paris

Après un long tutoriel, dont nous vous parlons ici, vous débarquez à Paris, capitale du luxe et du raffinement. Sans autre détour, vos cibles sont annoncées. Il vous faudra assassiner un couple lors d’une grande réception donnée dans une magnifique demeure au cœur de la ville : Viktor Novikov, ancien espion russe ayant racheté la célèbre maison de couture française Sanguine (prononcez « sangouine » et ne me demandez pas pourquoi, le peu d’efforts mis par nos amis anglais pour prononcer correctement un mot français a tendance à me hérisser le poil) pour s’en servir comme camouflage afin de continuer de mener ses activités illégales d’espionnage.

Hitman Novikov

Viktor Novikov est votre première cible

La deuxième cible s’appelle Dalia Margolis, fille d’un général israélien, qui se sert de sa beauté et de son intelligence pour obtenir nombre de secrets compromettants. A eux deux ils tiennent une agence d’espionnage clandestine qui vend des secrets aux puissants de ce monde. Il faut d’abord réfléchir à un plan d’action. Avant de lancer la partie, il vous est possible de choisir certains éléments comme les armes que vous transporterez ou encore le lieu dans lequel vous débuterez la mission. Par défaut vous la commencez en tant qu’invité aux portes du château. Au fur et à mesure de votre progression vous pourrez choisir un autre lieu avec un déguisement adéquat, mais nous y reviendrons.

Vous arrivez donc devant un château luxueux et commencez à vous mêler à la foule pour repérer votre première cible et les différents moyens possibles pour l’abattre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a l’embarras du choix. Un nombre de possibilités qui peut donner le tournis. D’abord, le château est vaste et possède de nombreuses pièces, souterrains et petits coins secrets. Ensuite les fans d’éliminations sournoises seront comblés : décrocher un lustre au moment où Viktor Novikov passe en dessous, déclencher un feu d’artifice mortel tout en étant déguisé en vampire, empoisonner la nourriture, déclencher un court circuit dans une flaque d’eau, poser une bombe… Que de choix donc, qui s’offrent aux yeux experts des joueurs qui suivent la série depuis longtemps. Vous n’êtes tout de même pas lâché en plein milieu de tous ces choix.

Si certains préféreront réfléchir par eux même, d’autres pourront se fier aux Opportunités présentes dans le menu pause. Elles vous indiquent plusieurs moyens différents et relativement guidés d’éliminer telle ou telle cible. Pour en apprendre plus sur ces opportunités, il est possible d’écouter des discussions qui vous donneront de précieuses informations. Vous pourrez, par exemple, prendre l’apparence d’un mannequin pour obtenir une entrevue avec Viktor Novikov, l’assassiner, puis revêtir les habits d’un Cheikh afin d’accéder à une vente aux enchères top secrète et obtenir un moment seul avec Dalia Margolis, qui lui sera fatal. Evidemment, si vous n’avez jamais joué à un Hitman, il sera nécessaire de recommencer cette mission au moins une fois. Le jeu dispose tout de même d’un gameplay assez efficace et simple qui facilite le tout, en oubliant l’exigence des précédents opus, mais qui conviendra au grand public qui n’aurait pas encore touché à un Hitman. La mission mettra votre talent d’observateur et de planificateur à rude épreuve si vous aimez le travail bien fait. Pour aider les personnes en manque d’inspiration, les Opportunités ne sont pas le seul moyen d’obtenir de l’aide. Vous avez accès dans le menu à une large sélection de défis qui pourront aiguiller le joueur sur les façons de s’y prendre et éventuellement lui donner des idées originales.

Hitman test

De l’importance du chauve (inisme)

Une fois les cibles abattues et l’endroit quitté, retour à l’écran de mission où une évaluation vous attend. Une note et un score sont attribués en fonction de différents facteurs et notamment le nombre de personnes innocentes tuées. Les défis accomplis font monter votre expérience sur cette mission ce qui déverrouillera, au fur et à mesure, de nouvelles entrées et de nouveaux costumes. Niveau rejouabilité, si le nombre d’assassinats possibles est important, on aura vite fait le tour du château et de ses jardins, seuls environnements du jeu. On se lasse donc avant d’avoir pu tout essayer. Des missions secondaires sont bien présentes, mais nous mettent toujours dans le même décor et se révèlent assez courtes. Elles proposent d’assassiner une tierce personne présente dans le château avec des contraintes bien spécifiques, qui augmenteront, proportionnellement à la difficulté, au fur et à mesure que l’on termine une même mission.

Un éditeur de mission est également de la partie. Celui-ci a de particulier qu’il met le joueur directement aux manettes de 47. Lâché dans un mode que l’on pourrait appeler de « libre », vous aurez le choix de la victime à assassiner et des moyens utilisés. L’éditeur se joue donc comme une banale mission et les actions que vous aurez effectuées représenteront les objectifs de cette mission auprès des autres joueurs connectés. C’est sympathique et original, mais là encore, on se lasse relativement vite. D’autant que Hitman regorge de petits bugs et d’imperfections qui peuvent rendre l’expérience moins agréable.

Tout d’abord, si la réalisation du titre est honnête, elle ne figurera pas dans le livre des meilleurs graphismes de cette génération de consoles, s’il devait en exister un. Les environnements intérieurs font le job mais les extérieurs, et surtout l’arrière-plan, auront tendance à piquer les yeux par moment. La foule est plutôt bien modélisée et ne fait ralentir que très peu le framerate, même si on aurait préféré que ce ne soit pas du tout. Les animations des personnages, quant à elles, accusent clairement dix ans de retard. Rigides, des visages peu animés si bien que des fois, on a un peu de mal à savoir qui parle, les personnages, au look légèrement plastique, font moins vivants, diminuant ainsi l’immersion. En parlant d’immersion d’ailleurs, la bande-son est correcte, mais…

Cela n’engage que moi, mais suis-je le seul qui s’attend, dans un jeu en anglais et lorsque l’action se passe à Paris ou en France, à ce qu’au moins certains personnages parlent soit en français soit avec un accent ? Dans Hitman, tout le monde à un accent américain à couper au couteau, même les personnages français, si bien qu’on peut croire que la mission se déroule dans un pays d’Europe quelconque si l’intitulé de celle-ci ne nous indiquait pas Paris. Enfin, l’expérience est encore ternie par des bugs parfois énervants. Entre des déconnexions intempestives du serveur Hitman, qui vous permet d’avoir accès aux défis et aux évaluations, vous obligeant à recommencer la partie, des bugs notamment sonores sont assez présents. Les ambiances musicales et sonores ne sont pas les mêmes en fonction de la pièce du château dans laquelle vous vous trouvez. Une pièce est réservée à un défilé de mode, avec musique forte et applaudissements. La pièce voisine, elle, est remplie de discussions sur fond de musique plus calme. Lorsque l’on passe de l’une à l’autre, il y a souvent un temps de latence pendant lequel aucun son n’est émis.

 


 

Hitman est au final un jeu d’apparences. En apparence, la rejouabilité est élevée, mais on en a déjà marre après avoir réalisé même pas la moitié des objectifs et des défis. Le jeu est en apparence stable et « propre », mais les déconnexions surviennent à l’improviste et des bugs qui ne se voient pas peuvent plomber l’expérience. C’est donc un premier épisode en demi-teinte que nous offrent Square Enix et Io Interactive et c’est bien dommage. Hitman est une série majeure du jeu vidéo, connue pour ses mécaniques de gameplay efficaces et exigeantes. Ce volet revient en arrière après un épisode Absolution décrié par les fans pour son côté trop linéaire et un peu plus bourrin, ce qui est une bonne idée, malheureusement pas suffisante. Le jeu, pas désagréable à jouer non plus, nous donne de l’espoir quant à ses futurs épisodes qui arrivent dans l’année mais ne suffit pas à nous dire « allez, j’y retourne ». Confirmation le 26 avril avec la sortie de la mission dans la ville italienne de Sapienza.
Hitman

Hitman

Les plus
  • Un gameplay efficace...
  • Un sentiment de satisfaction lorsqu'on commet un assassinat propre
  • Les intérieurs sont plutôt jolis
  • De nombreuses possibilités d'assassinat
Les moins
  • ...mais peut-être trop simple
  • Quelques bugs
  • Des déconnexions rageantes
  • Les animations clairement en retard
7 10