Vous ne le savez peut-être pas, mais avant d’être un FPS avec des stats, Fallout était un RPG au tour par tour en vue isométrique et était, lui même le digne descendant d’une série de jeux nommés Wasteland.

Le concept était le même, le monde a été ravagé par une guerre nucléaire et ce qui reste de l’humanité s’efforce tant bien que mal de se réorganiser sur les vestiges d’une civilisation balayée par le feu atomique. Si aujourd’hui les premiers épisodes de Fallout et de Wasteland restent très appréciés des rôlistes old school, c’est en partie grâce à un homme : Brian Fargo, membre fondateur de la regrettée société Interplay, qui a très certainement signé les meilleurs RPG occidentaux de tous les temps (avec troika games). Après rachat de la licence Fallout par Bethesda, Fargo c’était mis en tête de retourner aux affaires sur un véritable RPG post apocalyptique, en entamant le développement de Wasteland 2.

Après un Kickstarter réussi sans trop de stress (presque 3 millions de dollars récoltés pour 900 000 demandés), La bande à Fargo se lance dans le développement d’une véritable suite à Fallout, celle que les fans barbus attendaient.

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La version PC de Wasteland 2 est sortie depuis 2014, en revanche, nous pouvons jouer depuis peu à une version “Director’s cut’ sur consoles new gen, et comme son éditeur a été bien sympathique de nous envoyer une version Xbox One, on va en profiter pour vous en parler.

La guerre, toujours la guerre…

Comme dit un peu plus haut, le monde a connu les affres de la guerre nucléaire. Tout le monde tente de s’en sortir comme il peut, certains sont devenus des pillards, d’autres des cannibales…bref… c’est un peu l’anarchie.

Pourtant, un petit groupement d’individus rassemblés autour d’un idéal commun tente de faire régner un semblant d’ordre dans le désert. Vous faites partie de cette confrérie, vous êtes un “Desert Ranger”.

Avant de vous abandonner au milieu des dunes radioactives, vous passerez par la création d’une escouade, vous permettant de vous façonner un groupe de 4 personnages. Vous pourrez aisément vous bricoler un psychopathe adepte des armes blanches, un beau parleur qui tentera de retourner toutes les situations à son avantage avec des discours alambiqués, un tireur d’élite, un médecin, un marchand élevé dans un cirque, ou tout simplement un connard (c’est un trait disponible dans le jeu).

Un jeu bavard, très bavard

Car si le monde de Wasteland est violent, sachez que vous aurez toujours une multitude de possibilités pour régler vos problèmes. Il est par exemple possible d’avoir un personnage “ami des bêtes” qui pour amadouer les animaux sauvages rencontrés dans les terres dévastées et ainsi éviter le combat.

On retrouve donc ce qui fait le kiff de jouer à un RPG old school, on est libre, de créer ce qu’on veut et surtout, libre de jouer comme on l’entend, chose qui avait clairement tendance à disparaître dans les RPG récents (Skyrim, Fallout 3 ou 4…) dans lesquels le combat est presque systématiquement la seule manière de régler ses problèmes.

Du coup si les combats ne sont pas systématiquement obligatoires, vous allez pouvoir discuter avec beaucoup de gens, et des discussions vous en aurez… beaucoup.

Les vieux briscards du RPG apprécieront, d’autant plus qu’on retrouve tout le savoir-faire des anciens d’Interplay dans l’écriture, tout ici est ultra sombre et violent, mais jamais dénué d’humour que ce soit dans la description des évènements, ou dans les dialogues avec les différents PNJ qui peuplent le jeu.

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Des combats au tour par tour

La bagarre n’est pas laissée de côté pour autant, dans le cas ou le combat ne peut être évité (ou si vous avez envie d’en déclencher un, c’est vous qui voyez), le jeu passera en mode tour par tour et vous pourrez ainsi gérer votre petite escouade à la manière d’un tactical RPG classique. On regrettera juste qu’il soit absolument impossible de jouer de manière furtive dans le jeu, ce qui aurait pu apporter de nouvelles possibilités tactiques, dommage.

Comme tout bon RPG, une fois les combats terminés (ou évités), votre groupe de rangers gagnera du loot et des points d’expérience, ce qui entraînera une montée en niveau, ce qui débloquera de nouvelles compétences etc, etc.

Dans l’ensemble la gestion de vos personnages est vraiment riche, et il est vraiment possible de créer et d’affiner tout type de personnage et de les équiper en conséquence.

Parlons un peu des équipiers d’ailleurs, car si vous commencez la partie avec une escouade de 4 clampins, vous pourrez tout à fait recruter de nouvelles recrues (jusqu’au nombre de 7) qui viendront vous prêter main-forte au fil du jeu. Mais attention, vos compagnons ne sont pas immortels et mourront de façon définitive si vous leur faites faire n’importe quoi au combat.

De plus, ces derniers auront presque tous leur petit caractère. brusquez les un peu dans leur amour propre et ils risqueront de vous désobéir voire même de quittez votre groupe. à vous de gérer votre groupe au mieux, en répartissant au mieux les butins, et en n’effectuant pas d’action qui pourrait froisser les convictions de vos camarades.

Mon dieu que c’est laid!

On arrive alors au principal point noir de cette version Xbox One que j’ai pu tester, son ergonomie à la manette. Je pense que le jeu n’a pas vraiment été prévu pour un support console, et cela se ressent. Si l’ensemble reste jouable, un travail d’ergonomie aurait vraiment été un plus, car en l’état, se balader dans les menus (et vous allez le faire pas mal de temps!), s’avère un peu laborieux au pad.

La jouabilité est également entravée par une caméra mal foutue qui empêche de bien voir ou l’en se rend, la faute à un zoom et à des rotations mal gérées.

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Tant que l’on est dans les points noirs, vous aurez peut être remarqué sur les captures d’écran du jeu… Wasteland 2 n’est pas beau. Pire, Wasteland 2 est laid, très laid.  Tout est moche, les personnages, les décors, les textures, la minimap pendant les voyages… surtout la minimap pendant les voyages ! Ne restent alors que les illustrations des différents protagonistes et les écrans de chargement pour relever un peu le niveau.

Cette laideur visuelle ne devrait pas trop gêner les anciens, après tout, Fallout 1 et 2 étaient déjà à la ramasse techniquement à leur sortie et ça ne les a pas empêché de rentrer dans le panthéon des monuments du jeu vidéo, les plus jeunes en revanche, plus habitués à s’en prendre plein la tronche niveau effets spéciaux… ceux-là risquent de retourner rapidement sur Fallout 4.

Gros point fort pour l’ambiance sonore en revanche. On retrouve avec plaisir les compositions de Mark Morgan, le gus qui s’était déjà occupé des musiques de Fallout 1, 2 et New Vegas (le meilleur épisode au format FPS soit dit en passant) et qui collent toujours parfaitement à l’ambiance du jeu.

Du coup, que penser de ce Wasteland 2?

Pour être honnête, le dernier né de Brian Fargo est définitivement un meilleur RPG (et j’insiste sur les trois lettres RPG) que Fallout 4, il est plus riche, plus profond, mieux écrit… on retrouve un véritable feeling old school qui fait clairement plaisir à voir.

Pourtant le jeu ne se destine pas à tout le monde. En abandonnant presque toute notion d’assistanat, chose devenue naturelle dans les RPG d’aujourd’hui, Wasteland 2 risque de laisser toute une partie de la jeune génération sur le carreau, en admettant que sa laideur et sa jouabilité assez laborieuse ne les ait pas déjà tous fait fuir.

Wasteland 2 demande un véritable investissement, il vous demandera de lire, de chercher sans qu’aucune flèche ne vienne vous indiquer quoi que ce soit, vous devrez parler à beaucoup de monde ce qui peut prendre beaucoup de temps. En fait, tout dans Wasteland prend du temps, c’est un peu comme dans une partie de Donjons et Dragons en mode papier, les combats ne se déroulent pas en 20 secondes. Dans la mouvance actuelle où tout a tendance à être épuré au maximum, Wasteland 2 fait clairement figure d’ovni.

 

Si vous aimiez les RPG dans les années 90, vous aimerez Wasteland 2. Si vous n’étiez pas né dans les années 90 mais que des jeux comme Pillars of Eternity ou encore Divinity ont su vous accrocher, alors vous aimerez Wasteland 2. Le jeu de InXile Interactive se dresse aujourd’hui comme le véritable hériter des deux premiers épisodes de Fallout, très bien écrit, profond dans ses mécaniques et dans les choix qu’il laisse au joueur, Wasteland 2 a ce qu’il faut pour contenter le rôliste exigeant.

En revanche, si pour vous, le RPG doit se résumer à une suite quête / combat / loot, passez votre chemin, vous risquez de vous ennuyer à mourir et ce n’est pas la réalisation aux fraises du titre qui saura vous retenir.

Wasteland 2

Wasteland 2

Les plus
  • Qualité d’écriture
  • Univers riche et mature
  • Humour noir bien senti
  • Grosse durée de vie
  • De multiples choix...
  • aux multiples conséquences.
Les moins
  • Très laid
  • Pas d’infiltration
  • Ergonomie au pad
7 10