Test Watch_Dogs 2

Ne nous le cachons pas, malgré son succès commercial, Watch Dogs, sorti en 2014, nous avait majoritairement laissé un goût amer. Peu de fun, un héros trop sérieux, un gameplay tout juste satisfaisant, un gros downgrade graphique, bref, rien qui nous a fait rêver. Et pourtant, l’idée était très bonne puisque le jeu avait pour but de nous plonger tout droit dans un monde ultra connecté sur lequel plane l’ombre d’Orwell et de son roman « 1984 ». Un sujet, qui de plus, me tient particulièrement à cœur. 

Nombre d’entre nous ont eu peur lors de l’annonce d’un second volet et à juste titre. Sûrement par peur qu’Ubisoft ne fasse pas le nécessaire concernant les différentes doléances des joueurs après un premier épisode morose. D’autres ont attendu ce second volet avec l’espoir de voir le jeu que l’on attendait tous lors de la sortie du premier. Après une présentation rassurante via une démo non jouable lors de la Paris Games Week à laquelle certains de nos rédacteurs ont assisté, il reste maintenant à savoir si le jeu tient véritablement ses promesses. Et surtout si les petites mains d’Ubisoft ont réussi à tirer les leçons de Watch Dogs premier du nom. Pour le petit teaser, il semblerait que Watch_Dogs 2 possède les ingrédients pour réconcilier cette série avec les joueurs bien que les vieux démons d’Ubisoft sont parfois difficiles à éradiquer.


Watch_Dogs 2 – Trailer de lancement par CooldownTV

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Test Watch_Dogs 2Les dérives d’un monde qui se veut ultra connecté, voilà le cœur du propos de cette licence. Autant dire un sujet sérieux que les développeurs ont su nous rendre complètement fun et ludique avec ce second épisode, tout en permettant quand même d’éveiller les consciences. Tout cela ponctué d’une pointe d’ironie qui se faisait plutôt rare ces derniers temps chez Ubisoft.

Nous sommes ravis de découvrir Marcus Holloway, un héros complètement à l’antithèse de ce que pouvait être Aiden Pearce. En effet, il est jeune, dans l’air du temps, très porté sur l’humour lourdingue, mais avec tout de même beaucoup de conscience sur les différents enjeux et dangers d’une société ultra connectée. Une société dans laquelle chaque personne est fichée et où les données n’ont plus rien de personnel, tendant même à être considérées comme le pétrole 2.0. Au début du jeu, Marcus est fraîchement membre du petit groupe de hacker DedSec qui se donne pour mission de lutter contre le ctOS mis en place par Blume. Un logiciel capable de contrôler toute une ville, que ce soit les réseaux de communication, les systèmes de sécurité en passant par la gestion des feux rouges ou de la circulation des transports en commun. Pour faire simple, rien n’y échappe. Et tout cela sous couvert de la promesse d’un monde meilleur. Cette guerre menée par DedSec ne peut être un succès que s’ils arrivent à disposer d’une puissance de calcul suffisante. Pour cela, ils vont mettre en place une application que les citoyens pourront télécharger en guise de soutien. Cette dernière aura pour rôle de transformer ces citoyens en « bot » permettant alors à Dedsec de disposer d’un réseau de botnet assez puissant et solide pour éradiquer le ctOS. Nous sommes donc ici, contrairement au premier volet, dans une logique d’agissements pour le bien de tous, là où Aiden Pearce y voyait une vengeance personnelle.

Pour tenter de rallier la foule à leur cause et récolter des followers à la pelle, il va falloir que DedSec se fasse connaître et apprécier. Pour cela, ils vont devoir réaliser des actions vues par le plus grand nombre, mais aussi devenir toujours plus doués dans le domaine du hacking. Et c’est autour de cela que va s’articuler tout le gameplay. Puisque sans trop de suspens, les actions pour séduire les citoyens seront vos différentes missions à accomplir. Entre dénoncer les agissements d’une société pharmaceutique qui exploite les données de ses clients, montrer aux yeux du monde la vérité sur une secte, voler la K-2000 d’une série B… autant dire que les différentes missions que vous allez devoir accomplir sont aussi diverses que variées. Quant au nombre de followers que vous débloquerez pour chaque mission, il vous permettra de débloquer des Points de recherche assimilables à des points d’XP qu’il vous faudra dépenser dans différentes compétences permettant à notre Marcus de devenir le super héros des hackers.

La grande nouveauté de cet opus c’est surtout la possibilité d’utiliser des drones qui deviendront très rapidement vos plus fidèles alliés. Dans un premier temps vous disposerez d’un jumper à roulettes qui sera très utile lorsqu’il s’agira de se faufiler dans d’étroits conduits. Et dans un second temps vous pourrez acheter via l’imprimante 3D, un drone aérien qui sera indispensable pour explorer certaines zones, mais aussi surprendre quelques ennemis. Vous disposerez aussi d’une très large palette de piratage axé sur la touche L1 rendant le gameplay très amusant et varié en vous laissant un libre arbitre total dans la façon d’aborder les différentes missions. Quant à la conduite des véhicules, elle a été largement améliorée, nous proposant donc de bonnes sensations. La conduite est en effet moins rigide et plus réaliste.

L’idée de posséder un smartphone au sein duquel nous pouvons retrouver des applications qui nous parlent est aussi très bien pensée et très amusante. On se plaît à se balader pour faire des selfies devant les lieux emblématiques de la ville pour les poster sur ScoutX, le simili Foursquare. Tout cela en pouvant gérer ses différentes playlists grâce à l’appli musicale et en pouvant « shazammer » de nouveaux morceaux. Vous pourrez aussi télécharger Driver : San Francisco (coucou le clin d’œil), le Uber du jeu avec lequel vous pourrez effectuer des missions de course. Vous aurez évidemment l’appli DedSec qui vous servira de carnet de bord pour réaliser vos missions avec Nudle Map, le GPS qui n’a rien à envier à Google Map pour vous guider.

On dit également bye bye à un Chicago sobre et morose, pour laisser place au soleil de San Francisco, berceau de la Test Watch_Dogs 2contre-culture où l’on a plaisir à se balader aussi bien de jour comme de nuit. On y retrouve un mélange fabuleux mêlant culture geek et street art se trouvant tout proche de la Silicon Valley, considérée comme le pôle des industries de technologie de pointe. Grouillante de vie et très agréablement retranscrite, on y trouve des endroits comme le Golden Gate Bridge, China Town et même Alcatraz. La carte est très étendue, et dans ces conditions on a qu’une seule envie : se balader pour y découvrir tous les petits détails placés ici et là. D’autant plus que c’est en se baladant que l’on débloque les activités annexes et non plus en capturant une tour d’observation.

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Test Watch_Dogs 2Certes, Watch_Dogs 2 est plus fun, coloré et amusant que son prédécesseur. Et entre nous, ce n’était pas bien compliqué de faire beaucoup mieux. Mais, sur certains aspects on ne peut pas nier qu’Ubisoft nous a fait du Ubisoft tout craché. Et je dis ça de façon plutôt péjorative.

San Francisco est en effet constituée de tout un tas d’activités que l’on peut qualifier d’activités de remplissage. Des activités qui, à la longue, peuvent vraiment devenir lassantes. Nous sommes tous d’accord pour dire que devoir aller tuer des gardes pour récupérer une peinture personnalisée pour la 15e fois, c’est barbant. C’est aussi le cas s’agissant des dizaines de courses de bateau, moto ou autre quad qui sont disponibles et qui se ressemblent fortement. Fort heureusement ce n’est pas la majorité des activités sans quoi nous retomberions dans les écueils du premier volet.

Au niveau du personnage principal, Marcus Holloway, il aurait peut-être été souhaitable de mettre son passé plus en avant. Il est en effet dommage que nous ne connaissions que trop peu de chose sur lui, ce qui fait que là où nous voudrions nous attacher nous nous retrouverons face à un héros pas forcément toujours simple à cerner. Un prologue un poil plus travaillé de ce côté-là n’aurait pas été de trop. Une autre chose qui peut vraiment déranger avec Marcus, c’est que tout au long du jeu j’ai eu vraiment beaucoup de mal à l’imaginer en train de tuer. Il est vrai que ses différents discours le dépeignent comme un garçon fondamentalement gentil, prônant la défense des intérêts des citoyens. Et pourtant il est tout à fait possible de réussir une mission en tuant aussi bien des agents fédéraux que le simple garde du corps qui essaye de gagner sa vie. Et tout cela sans aucuns remords. Alors oui, on dispose d’une gamme d’outils non létaux très variée, mais l’usage d’une arme peut parfois grandement faciliter une mission. D’autant plus que l’on dispose d’un arsenal d’armes à feu assez complet. Peut-être qu’il aurait été judicieux d’ajouter une sorte de système de réputation comme l’on retrouve dans InFamous par exemple.

Il faut aussi reconnaître que l’IA est peut-être un peu trop pointilleuse parfois. Rien de plus énervant quand on arrive à assommer quelqu’un par surprise, mais que cette personne arrive à alerter tout le bâtiment. Quant à la beauté de la retranscription de la ville de San Francisco et ses alentours, il faut avouer que la perfection n’est pas non plus atteinte. Il faudra malheureusement faire face à des petits soucis techniques, notamment à un aliasing salissant parfois le rendu, mais aussi à de légers tremblements. Néanmoins, il faut avouer que je joue ici les difficiles, ce n’est pas quelque chose qui gâche considérablement l’expérience de jeu, mais je tenais quand même à l’évoquer.

Enfin, je n’ai pas été hyper emballée par l’expérience multijoueur qui n’est à mon sens pas assez optimisée. J’ai l’impression queTest Watch_Dogs 2 cette partie du jeu souffre de nombreux bugs, mais pour le savoir encore faut-il réussir à rejoindre des parties en multi, ce qui pouvait de mon côté prendre du temps. Puis j’avoue que le mode hacking dans lequel un autre joueur peut vous pirater à tout moment (sauf lors d’une mission principale) m’agace au plus haut point. Quant au mode Chasseur de Primes, je trouve que ce n’est pas les combats PvP qui font de Watch_Dogs 2 un bon jeu, au contraire. Peut-être aussi que je ne suis pas tombé sur les bonnes personnes pour que ce soit fun, et que c’est vachement plus sympa d’y jouer avec des personnes que vous connaissez.

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J’ai voulu consacrer cette partie du test à un aspect du jeu qui me tient particulièrement à cœur puisque j’ai pu travailler dessus longuement lors de mon mémoire de recherche. Cet aspect c’est l’apparition d’une société ultra connectée confrontée à ses nombreuses dérives. Un sujet qui est au cœur même de la licence Watch Dogs.

Nous n’en sommes peut-être qu’au balbutiement de ce que nous dépeint Watch Dogs, mais notre société actuelle prend le chemin de tout cela, même si on pourrait encore estimer que nous n’en sommes qu’à l’émergence de ce phénomène. D’ailleurs, les références à de grandes entreprises du milieu numérique basées aux USA sont légion au sein de Watch_Dogs 2. Nudle nous fait effectivement penser à un géant du moteur de recherche tandis que !Nvite ressemble trait pour trait au leader des réseaux sociaux au grand « F » bleu. Toutes les actions que l’on peut réaliser grâce à la palette de piratage disponible au sein du jeu n’existe pas seulement virtuellement. Accès aux caméras de surveillance, utilisation des données personnelles à des fins douteuses, contrôle des feux de signalisation dans le but de nuire à autrui… tout cela est de nos jours une possibilité réelle, d’autant plus avec l’émergence des objets connectés.

Nous nous trouvons dans une société où la frontière entre le réel et le virtuel est aussi fine qu’une feuille de papier. Vos données personnelles sont le reflet de votre personnalité, de vos envies, de vous goûts. Elles peuvent être considérées comme votre ADN virtuel. Et ça, Watch_Dogs 2 nous le montre toujours un peu plus au travers des différentes missions qu’il nous propose. Ne serait-ce que lorsque l’on a accès aux informations sur les personnes dans le jeu grâce à leur téléphone par exemple (métier, salaire …).

Il est déjà vrai que certaines compagnies d’assurance évaluent notre conduite pour ensuite évaluer votre prime alors que dans certaines villes américaines la police utilise un algorithme prédictif à partir de données collectées afin de prévoir des rondes au sein d’endroits où le potentiel de réalisation d’une infraction est le plus fort. Nous nous retrouvons devant une utilisation des données personnelles massives qui crée ainsi de nouveau danger que les utilisateurs ont encore du mal à assimiler. Et c’est à mon sens sur ce point-là qu’il faut véritablement travailler. Sans être alarmiste, il est bien de pouvoir éveiller les consciences sur ce phénomène, tant qu’il est encore temps. Et sur ce point, Watch_Dogs 2 s’en sort plus que convenablement puisque même si le ton reste fun et simpliste il aborde les sujets futurs auxquels nous seront un jour (peut-être) confrontés.

Pour qui ?

Pour les déçus de Watch Dogs premier du nom : Sans aucun doute, Watch_Dogs 2 est l’histoire d’un Ubisoft qui a su corriger les erreurs de son aîné, nous proposant ainsi une mouture bien plus aboutie. Il y a donc de fortes chances pour que cette fois vous soyez conquis.

Pour les amateurs des problématiques liées aux données personnelles : Évidemment, Watch_Dogs 2 aborde ces problématiques avec un ton décalé et simpliste. Mais, à son niveau, il a au moins le mérite d’éveiller certaines consciences sur ces différentes problématiques.

Pour ceux qui apprécient les bons GTA-Like : Indéniablement, Watch_Dogs 2 possède toutes les qualités faisant de lui un bon GTA-Like. Que ce soit concernant le monde ouvert dans lequel évolue le héros ou ses multiples possibilités d’action.


Il semblerait qu’Ubisoft ait tiré les leçons d’un premier volet décevant en écoutant ses fans, et c’est une première ! Un jeu intensément plus fun, un héros charismatique et dans l’air du temps, un gameplay plus riche et varié, un San Francisco grouillant de vie. Bref, autant de critères qui font que l’on ne peut passer qu’un bon moment devant Watch_Dogs 2. Le pari est donc réussi pour Ubisoft qui a su récupérer les idées de base pour en faire un jeu qui comporte de l’intérêt. Laisser Aiden à Chicago était donc une excellente idée puisqu’Ubisoft nous propose ici une suite qui est sans aucun doute supérieure à Watch Dogs premier du nom. Pas sans défaut, c’est certain, mais les points positifs l’emportent, rendant l’expérience de jeu plus que plaisante. En plus de tout cela, il sensibilise sur la valeur de nos données personnelles en éveillant les consciences sur notre rapport aux nouvelles technologies. Je ne peux donc que vous recommander de tenter l’expérience Watch_Dogs 2. 

Ce test a été réalisé sur PS4 à partir d’une version éditeur. 

Watch dogs 2 date de sortie fuite

Watch_Dogs 2

Les plus
  • Visuellement très agréable
  • Un héros attachant ...
  • Des missions fun et variées
  • La palette de piratage étoffée
  • L'utilisation des drones
  • La richesse et grandeur de San Francisco
Les moins
  • L'IA trop pointilleuse
  • ... mais qui manque de profondeur
  • L'utilisation d'armes létales
  • La présence d'aliasing
  • Mode multijoueur mal optimisé
8 10