Wonder Boy Dragon's Trap Switch

Wonder Boy : The Dragon’s Trap est le tout nouvel épisode d’une saga débutée en 1986 sur Master System et Game Gear. Le héros lancé par Sega, et développé sur 6 opus au total, nous revient donc en cette année 2017 en HD sur Playstation 4, Xbox One, PC et surtout Nintendo Switch, dans une aventure aussi épique et difficile qu’autrefois…

Wonder Boy, c’est une série de jeux à succès entre action et RPG, développés sur les différentes consoles Sega. Même si la 2D et les décors nous font en premier lieu penser à un jeu de plateforme traditionnel, comme il s’en faisait tant à l’époque, les phases de sauts à proprement parler tendent à passer au second plan. La saga Wonder Boy s’étant surtout faite connaitre pour la répétition et le dynamisme des combats face aux créatures rencontrées en chemin, la collecte de trésors pour améliorer son équipement, ainsi que pour le côté « puzzle » ou labyrinthique d’une aventure qui s’avère tout à fait épique.

Pas de grand scénario, mais on s’en fiche !

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Une histoire simple, mais qui promet d’emblée un jeu très joli

Pour la toute première fois dans un Wonder Boy, nous avons le plaisir de pouvoir incarner un héros masculin ou féminin, seul le skin variant et non pas de quelconques capacités.
Le jeu débute là où il pourrait en toute logique se terminer : après avoir triomphé de moults obstacles , le héros arrive devant le pont-levis du Meka-Dragon, le boss ultime de Wonder Boy in Monster Land (le 2 volet de la saga). Nous prenons alors possession du personnage à ce moment là pour une exploration du donjon, à considérer comme un petit tutoriel, dans lequel nous sommes livrés à nous-mêmes, sans aucune indication. C’est ainsi l’occasion d’apprendre à se repérer seul dans le dédale du donjon, ainsi qu’à se servir de son arme, tout en se familiarisant avec les paterns des différentes créatures hostiles.
Le jeu, extrêmement minimaliste dans ses explications, nous impose volontairement de découvrir l’aventure par nos propres soins, en nous laissant uniquement guider par notre instinct et la logique.
Le combat face au Dragon, même s’il est facilité par les nombreux cœurs que nous possédons alors en cet instant de la partie, est un bon indicateur du placement et timing parfait qu’il va nous être demandé de posséder pour espérer terminer le jeu.
Une fois ce dernier achevé, et alors que nous pensions avoir vaillamment triomphé du boss final au bout de 5 minutes de jeu, un esprit malin vient transformer le héros en mignon petit dragonnet verdâtre, nous obligeant alors à trouver la sortie du château en flammes en nous habituant à la physique et aux attaques de notre nouveau personnage.
C’est ainsi que débute la véritable aventure de ce Wonder Boy : The Dragon’s Trap, qui, sans l’aide du moindre dialogue, est parvenu à cet instant précis à faire comprendre au joueur qu’il s’engouffre dans un jeu de réflexes et de réflexion tout à la fois…


Un jeu d’action, de plateforme, un RPG,…?

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La souris, plus petite, est la seule à pouvoir accrocher certaines parois inaccessibles aux autres personnages

S’il n’est pas un véritable RPG, le jeu comporte quand même quelques composantes du genre : comme la possibilité d’utiliser des sorts outre son arme principale, ou encore de ramasser des Golds directement sur les mobs fraichement occis, et de dépenser ces derniers dans les différents shops publics et secrets, en échange de pièces d’équipements plus élaborées ou indispensables à des passages précis du jeu.

Toute la mécanique des Wonder Boy repose en effet sur « la bonne formule au bon moment ». Ainsi, avec un mélange d’un équipement spécifique et d’une forme de personnage particulière, certains passages jadis bloqués s’ouvriront comme par magie devant vos pieds. La souris, par exemple, est la seule à pouvoir grimper aux murs, et atteindre des parois autrement inaccessibles. Le triton, lui, est le seul à pouvoir nager dans l’eau, permettant ainsi d’accéder aux fonds marins inexplorés,…

Les multiples personnages que l’on incarne nous sont néanmoins imposés au fil de notre progression. Sous ses airs de « monde ouvert », le jeu est en réalité très dirigiste. Cela reste un action-plateformer avant tout. Pour progresser, il faut donc trouver à chaque fois la bonne issue, et rester bloqué éventuellement de longues minutes tant que la solution ne nous saute pas aux yeux.
Le joueur est ainsi invité à se forger sa propre expérience de jeu, en allant et revenant parfois sur ses pas jusqu’à trouver ce lieu dorénavant ouvert. L’univers de Wonder Boy : The Dragons Trap s’avère un immense labyrinthe, proposant une bonne dose de réflexion et de patience, quand il vous arrivera de passer et repasser aux mêmes endroits sans comprendre que la solution se trouvait pourtant juste devant vous.

Parmi les rares déceptions du gameplay, on pourra noter des mouvements malheureusement quelque peu approximatifs des différents personnages, dû à une certaine rigidité de leur part. La hit-box de ces derniers vous paraitra en effet parfois un peu étrange, et devrait vous faire rager en vous prenant un coup alors que vous pensiez avoir parfaitement esquivé l’obstacle. Ce manque de fluidité devrait en gêner certains. Néanmoins, on reste là totalement fidèle à la physique de tous les jeux Wonder Boy. Ce parti pris n’est donc foncièrement pas très choquant. Il vous faudra surveiller et apprendre le pattern de chaque mob, quitte à se prendre des dégâts lors des premières rencontres. Cela donne juste un peu plus de challenge et oblige à une concentration de tous les instants.


Un style rétro complètement assumé

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Il est très simple de passer le jeu en style rétro

Dans tout ce qu’il propose, Wonder Boy : The Dragon’s Trap ne cesse de faire hommage au glorieux passé.
Comme énoncé précédemment, le scénario, même s’il tient sur 1 ligne (il s’agit tout simplement de faire retrouver à notre héros sa forme originelle), est la suite directe du second volet de la saga, sorti à l’époque sur Master System. Mais c’est aussi et avant tout un remake de Wonder boy II, sorti en 1989 sur cette même Master System. On y retrouve les mêmes lieux à explorer, les mêmes monstres, les mêmes transformations du héros,… Tout est repris à l’identique.
Néanmoins, l’expérience est telle que les néophytes tomberont aussitôt amoureux de ce jeu résolument dans l’air du temps, tandis que les vieux de la vieille auront plaisir à se pencher à nouveau dessus sans jamais avoir l’impression de tester une copie. Ce Wonder Boy est donc un parfait mélange entre tradition du gameplay, et réédition contemporaine. Un hommage, et non une manière de se faire de l’argent facile.
Pour retrouver l’expérience de jeu de l’époque, les développeurs ont d’ailleurs pensé à tout, allant jusqu’à incorporer la possibilité de passer intégralement ou partiellement le jeu en version d’époque. Ainsi, il nous est possible dans les options d’ajuster les graphismes, les sons ou les musiques entre version contemporaine ou rétro. Un passage de l’un à l’autre très facile et rapide, qu’il est également possible d’effectuer par une simple pression de la gâchette sur la manette.
Pour ceux qui désirent rester toutefois dans la modernité, la version 2017 est tout simplement visuellement grandiose. Les paysages de fond sont à couper le souffle, nous envoutant d’emblée et jusqu’à la fin grâce à des palettes de couleurs tout à fait somptueuses. Ainsi, le jeu est indéniablement une véritable réussite graphique.

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Le style rétro originel du jeu fait certes mal aux yeux de nos jours, mais il a son charme pour les plus nostalgiques

Pour qui ?

Pour les fans de la saga Wonder Boy : cette « remasterisation » du titre originel sorti sur Master System propose une aventure épique gardant en tous points l’esprit aventure/RPG des Wonder Boy

Pour les fans de jeux rétro : bien que le titre, de part ses décors et personnages très fins notamment, soit clairement un jeu dans l’ère du temps, la possibilité de repasser à tout moment sur les graphismes rétro feront retrouver à tous les sensations des bons vieux jeux de plateforme 2D

Pour les amateurs d’action / RPG : un petit côté RPG avec l’achat et l’amélioration de stuff par exemple, mais le jeu reste avant tout un excellent « plateformer action » comme on en faisait des dizaines à l’époque sur les consoles 32 Bits. .


En définitive, on peut ranger ce Wonder Boy : The Dragon’s trap dans la catégorie des vraies réussites. Si le scénario se tient dans le creux d’une paume d’un bébé dragounet, l’essentiel est ailleurs. Ce reboot d’un jeu sorti sur Master System il y a plus de 25 ans parvient à allier à merveille le côté rétro voulu par les développeurs, et son ambiance bien plus contemporaine. En effet, les graphismes hauts en couleurs devraient fasciner tous les jeunes joueurs, et les plus anciens aussi d’ailleurs, qui eux seront ravis de retrouver tel quel leur héros d’antan. On s’amuse des différentes transformations de ce dernier au fil de cette aventure en 2D, qui s’avère épique et bien plus dangereuse et complexe qu’il n’y parait de prime abord. Assurément, ce Wonder Boy promet de longues heures de jeu captivantes !

 

Test effectué sur une version Switch

Wonder Boy : The Dragon's Trap

Wonder Boy : The Dragon’s Trap

Les plus
  • De très beaux graphismes
  • Chaque perso à incarner possède un gameplay unique
  • Un côté "labyrinthique" de l'aventure qui demande de la réflexion
  • Un côté "retour aux origines" et rétro parfaitement maîtrisé
Les moins
  • Des persos pas toujours très maniables, un peu rigides
  • Des sons à foison, prises de tête à la longue
8 10