World of Final Fantasy TestDes spin offs de Final Fantasy, il y en a eu des tonnes. Il faut dire que, comme pour Dragon Ball par exemple, la licence dispose d’un univers si riche et ouvert qu’il y a clairement matière à broder autour. Remarquez qu’en quinze épisodes, nous auront eu droit à toutes sortes de décors, allant de la plus féodale des héroïques fantasy, à de la science fiction pure et dure. Ainsi, outre la pléthore de RPG, dans la continuité des épisodes principaux, la série engendra aussi bon nombre de titres en marge, de genre divers et variés qu’on ne lui connaissait pas. Le combat par exemple, avec Dissidia dont on attend le troisième volet sur PlayStation 4, ou même, à l’opposée, le party game avec Chocobo Tales sur Nintendo DS. Et bien que ces spin offs ne sont pas toujours au top, force est de constater que Square Enix parvient tout de même à conserver une certaine qualité et cohérence, même derrière des titres dispensables comme Dirge of Cerberus ou The Crystal Bearers.

Ce qui nous amène à World of Final Fantasy, un titre que l’on n’attendait pas forcément, si ce n’est dans sa version PS Vita, console sur laquelle il serait peut-être bien le tout dernier gros jeu. Pour sa défense, il faut dire que depuis son annonce à l’E3 2015, Square Enix n’a pas énormément communiqué autour du soft, hormis via de rares visuels balancés par-ci par-là sans grande conviction, et que sa vraie campagne de pub se sera concentrée sur les dernières semaines avant sa sortie, le 28 octobre. De sorte qu’avec le rush constant d’informations que l’on voit débarquer de toutes parts sur Final Fantasy XV depuis maintenant un petit moment, LA véritable attente RPG de cette fin d’année chez la firme nippone, World of Final Fantasy était à deux doigts de passer totalement inaperçu, malgré l’apparition d’une démo sur le PlayStation Store quelques semaines auparavant… Et je vous le dit, ça aurait été dommage !


World of Final Fantasy – Trailer d’ouverture par CooldownTV

 

Classique, frais, efficace

World of Final Fantasy Test

Le menu est simple, mais ne manque pas d’ergonomie

Ne tournons pas autour du pot, World of Final Fantasy dispose de pas mal de qualités, à commencer par un game system alliant avec brio des éléments très classique à d’autres totalement nouveaux. Ainsi on retrouve certaines de composantes principales du gameplay de la série, avec une jauge ATB (active time battle) notamment, qu’il sera d’ailleurs possible de passer en mode actif, semi-passif ou passif, de sorte à ce que les affrontements se déroulent au rythme (et à la difficulté, au passage) qui nous convient le mieux. Dans l’ensemble toutefois, ce spin off est assez nerveux, malgré la construction relativement linéaire de son aventure principale. Dans la même optique, le jeu dispose de deux menus en combat, un rapide et un « classique », et une simple pression sur la touche R1 permettra d’accélérer grandement les temps morts et les attaques.

En outre, il sera aussi possible de passer en mode automatique, c’est à dire de laisser faire l’ordinateur. Quant au système de progression qui se fait en deux temps, le gain d’XP/de niveau et la répartition de points sur un sphérier (à la manière d’un FFX mais en bien moins vaste), il est très abordable mais recèle toutefois de spécificités plus complexes qui toucheront les joueurs plus expérimentés. Et bien sûr, que serait un Final Fantasy sans ses invocations ?

En somme, tout est fait pour que le joueur, qu’il soit néophyte ou puriste, trouve son compte, et ce sera le cas à travers tous les aspects de World of Final Fantasy. Et c’est là l’une des plus grandes forces du titre : il est destiné à parler à tout le monde, nouveaux comme anciens.

World of Final Fantasy Test

Comment peut-on cogner sur d’aussi jolies petites bouilles ?

Un constat qui s’applique aussi à son concept de collecte de créatures. A la manière d’un Pokémon, ou bien d’un Digimon selon votre préférence, World of Final Fantasy regorge en effet de bestioles en tous genres que l’on pourra enrôler, différentes selon les environnements et disposant chacune de leurs traits particuliers. Un concept qui a déjà fait ses preuves depuis un moment, pas uniquement avec les deux licences susnommées, et que l’on prend plaisir à voir décliné à de nouvelles sauces. De plus, le fait est que bien qu’il le fasse différemment, étant plus proche d’un Dragon Quest Monster Joker en un sens (sans en copier la recette), ce spin off le fait très bien ! A tel point qu’on se prend immédiatement au jeu, à vouloir capturer tous les monstres, appelés ici mirages, que l’on croisera. Une pulsion sans doute provoquée en grande partie par le design général du titre et du bestiaire, très mignon et coloré. World of Final Fantasy n’est peut-être pas au top côté technique, avec quelques maigres soucis de textures par endroits ou de rares flous mal placés notamment, mais il faut lui reconnaître une patte artistique très réussie, qui lui confère d’emblée un capital sympathie non négligeable. Et en somme, bien qu’il ne soit pas particulièrement impressionnant, il se révèle toutefois vraiment très agréable à l’oeil.

 

Des pyramides et des hommes

World of Final Fantasy

La création des pyramides est simple comme bonjour

Si vous avez suivi un minimum l’actualité du jeu, alors vous saurez exactement de quoi je parle : les deux protagonistes, Lann pour le garçon et Reynn (qui porte étrangement le nom d’une des magiciennes dans Talers of Symphonia, même si on s’en fou) pour la fille, peuvent changer leur taille à leur guise. Et bien que cette particularité originale n’apportera pas grand chose au scénario, et ne sera d’ailleurs pas vraiment expliquée (c’est sans doute pour le mieux), elle permettra de faire varier le système de combat. Car à l’inverse de la majeure partie des titres qui proposent eux aussi de capturer des créatures pour les faire se battre, ici les personnages combattront à leurs côtés, et d’une bien étrange manière si vous voulez mon avis. En effet, en taille lilipuce (minuscule donc), Reynn et Lann pourront chacun monter sur un monstre de taille suffisante, et en accueillir un de plus petite taille qu’eux sur leur tête. En gigantus, ce seront eux les montures, et ils pourront alors faire grimper sur leurs crânes deux créatures, une moyenne et une petite. D’où le terme de pyramide.

Le but ? S’adapter au mieux à l’adversaire, car chaque amoncellement de personnage et de créatures sera considéré comme un personnage à part entière en combat, et donc comprendra les caractéristiques de chacun de ses composants.

Rafraîchissant à souhait, ce système est lui aussi parfaitement abordable, puisque d’un coté il sera facile de créer nos pyramides et d’en définir les spécificités, et de l’autre World of Final Fantasy n’est pas très difficile, du moins si l’on suit simplement la trame principale, ce qui permet de ne pas trop se prendre la tête côté stratégie ; dès que l’on commence à s’intéresser au contenu annexe, cependant, c’est une toute autre histoire. Il faudra toutefois faire attention aux attaques qu’utiliseront les mirages ennemis, certaines d’entre elles pouvant déséquilibrer notre pyramide, et donc la faire chuter, ce qui a tendance à rendre l’équipe particulièrement vulnérable pendant quelques instants bien sûr.

 

D’une grande richesse

World of Final Fantasy Test

On tombe sur des créatures de toutes tailles

A la manière d’un Final Fantasy Explorers sur 3DS (quoiqu’il soit plus proche du concept d’un Tales of The World : Radiant Mythology), World of Final Fantasy fera appel à nombre de personnages connus de l’univers de la licence de Square Enix. On retrouve ainsi des protagonistes célèbres tels que Cloud ou Squall, provenant respectivement du septième et huitième FF, et même quelques autres qui ne parleront parfois qu’aux puristes. Mais loin de tomber dans le banal fan service, chemin très facile d’accès pour les développeurs avec un spin off comme celui-ci, le titre amène chacune de ces références avec délicatesse. De sorte que l’histoire avance à son rythme en nous faisant par-ci par-là de petits clins d’oeils plaisants, pour peu que l’on ait une connaissance minimale de Final Fantasy.

Le clou du spectacle étant bien sûr l’utilisation de ces personnages en combat, tels des invocations spéciales, qu’il faudra toutefois débloquer au préalable dans le repaire d’une petite fille bien étrange. Celle-ci proposant en outre de s’adonner à un paquet de quêtes annexes permettant de leur faire gagner en puissance, et accessoirement abordant de petits scénarios parallèles très sympathiques dont nous pourront changer le cours, en bien ou en mal.

Bien que sa durée de vie en ligne droite ne soit pas si dingue que cela pour un J-RPG, il faudra tout de même compter plusieurs dizaines d’heures pour en venir à bout. Mais c’est surtout dans son contenu supplémentaire que World of Final Fantasy impressionne, puisque rien que pour obtenir toutes les créatures il faudra sans doute compter le double du temps qu’il nous aura fallu pour boucler l’aventure. Couplez à cela bon nombre de quêtes annexes ainsi que le mode Colisée, qui demandera à lui seul quelques heures de combat pour livrer tous ses secrets en solo, et par la suite permettra de s’adonner à des batailles en PvP, et vous obtenez logiquement une durée de vie globale tout à fait remarquable. Et si en soi la progression dans l’aventure principale peut paraître trop dirigiste et linéaire, selon votre vision du RPG, il est toujours possible de voyager d’un lieu à un autre pour changer d’activité, et chasser cette vilaine et passagère impression.

 

World of Final Fantasy, un beau petit monde

World of Final Fantasy Test

Les mirages servent aussi, parfois, à autre chose qu’au combat

D’autant que le jeu ne donne nullement envie d’être bâclé à la va-vite. Si d’un coté il est clair que son univers mignon tout plein ne plaira pas à tout le monde, ses personnages sont toutefois très attachants, et pas mal de dialogues sont plutôt intéressants, même si World of Final Fantasy n’échappe évidemment pas à quelques petits clichés du J-RPG. Ainsi, on n’a aucun mal à rentrer pleinement dans son univers rempli de chouettes références, mais surtout on est impatient de découvrir le fin mot de l’histoire, malgré un pitch de départ quelque peu gentillet et superficiel. Le seul véritable bémol résidera finalement dans la retranscription depuis l’anglais, assez dérangeante il faut l’avouer. Car si les doublages dans la langue de Shakespeare sont excellents et même franchement drôles par moments, force est de constater que leur traduction écrite en français est souvent très décevante ; et pour peu que l’on ait un niveau correct en anglais on finira carrément par ne plus les lires, afin d’éviter de se gâcher quelques gags mignons ou dialogues ayants un véritable intérêt.

Si l’on retrouvera de nombreux clins d’oeil au cours de l’aventure, via des dialogues, des environnements et bien sûr des rencontres, le titre est aussi blindé de références musicales. Pour peu que l’on ait déjà joué à un Final Fantasy auparavant, il nous arrivera de tiquer en entendant un thème connu, quelque peu remanié pour l’occasion, et cela plusieurs fois dans l’aventure. Et il faut avouer que ça n’a rien de déplaisant, d’autant que dans l’ensemble la bande son est vraiment excellente, aussi bien du coté des morceaux originaux que des retravaillés.


 

On n’attendait pas vraiment World of Final Fantasy, en partie occulté par la campagne de pub coup de poing de Square Enix autour de Final Fantasy XV, et qui dure peut-être depuis trop longtemps. La surprise n’en est que meilleure, car le titre a finalement beaucoup à offrir, n’étant clairement pas avare en contenu, ni en bonnes idées. Alliant avec brio classicisme et modernité, il est aussi parfaitement accessible tout en ne manquant pas de complexité. De sorte que tout joueur, néophyte ou puriste, y trouvera son compte ; malgré un certain dirigisme dans l’aventure principale, qui ne sera pas pour plaire à tout le monde, mais qui sera heureusement vite occulté par toutes les possibilités qu’offre le jeu en parallèle. Bien sûr, World of Final Fantasy s’adresse avant tout aux habitués de la série, qui seront les seuls touchés par les nombreuses références faites aux opus précédents, et l’apparition de protagonistes célèbres bien que minuscules ; ceux là peuvent foncer tête baissée. Mais accessible et mignon comme tout, le titre pourra aussi bien convenir aux petits nouveaux, qui pourront apprécier tout autant l’histoire, et ne se rendront pas même compte qu’ils passent à côté de clins d’oeil sympas. En un mot comme en cent, Worlf of Final Fantasy est une très bonne surprise.

World of Final Fantasy

World of Final Fantasy

Les plus
  • Très complet...
  • Les excellents doublages...
  • Le parfait mélange de classique et de neuf
  • La bande son sublime et nostalgique
  • Ultra mignon
  • Ultra fun
Les moins
  • ... mais une aventure principale très linéaire
  • ... mais une traduction écrite en français qui ne fait pas honneur aux très bons dialogues
8 10