zelda breath of the wild preview

La foule l’attendait, et la Wii U peut-être encore un peu plus. Seule la force symbolique d’une licence aussi importante que Zelda pouvait sauver la dernière console de Nintendo, d’ores et déjà à moitié enterrée depuis que l’on sait que Big N planche sur une NX de laquelle on ne connaît que le nom de code. Après une présentation en grande pompe au dernier E3, The Legend of Zelda : Breath of the Wild s’est laissé approché pendant 35 minutes lors d’un événement organisé par la firme à Paris.

La démo se déroulait en deux temps, et nous proposait de (re)découvrir la même parcelle de jeu que ce qui nous avait été présenté au salon de Los Angeles. Nous commencions avec une sauvegarde un poil plus avancée, où Link dispose déjà d’un équipement complet, et où nous étions en mesure de nous balader librement dans le Grand Plateau durant une quinzaine de minutes. Une bonne occasion de prendre en main cette nouvelle mouture, quasiment aussi iconoclaste qu’un album de feu David Bowie. C’est qu’on a rarement vu Nintendo aussi aventureux ; aussi moderne.


The Legend of Zelda : L’Ombre du Mordor

Comme chacun sait, Breath of the Wild se déroulera dans un gigantesque monde ouvert (on parle de 12 fois la taille de la map de Twilight Princess). Autre détail d’importance : tout ce que vous voyez à l’écran est accessible d’une manière ou d’une autre. Que ce soit à pieds, à dos d’Epona, en paraglider ou même en escaladant n’importe quelle paroi. Une liberté d’action aussi inhabituelle que bienvenue pour cette licence culte, mais percluse depuis trop longtemps dans ses automatismes. Nintendo nous offre pour la première fois un Zelda qui lorgne davantage vers le RPG, et non plus vers le jeu d’aventure. Link dispose d’un équipement, de statistiques. Il ne récupère plus des fragments de coeur, mais doit se cuisiner viande et champignons pour regagner de la vie. Hyrule dispose d’un cycle jour/nuit, et recèle mille secrets que seule votre opiniâtreté vous permettra de découvrir.

Terminé également le traditionnel combo épée / bouclier. Link peut désormais équiper tout ce qui lui tombe sous la main, de la brindille à la hache à deux mains. Un soin particulier a été apporté à la physique générale du titre. Vous approcher d’un feu avec une branche l’enflammera, de la même manière qu’une flèche pourra également être embrasée pour occasionner davantage de dégâts aux opposants. On se croirait même dans Far Cry, lorsque, par inadvertance, nous fendons les herbes hautes avec une torche en main, et foutons le feu à cette nature luxuriante. Nintendo semble se complaire à nous mettre cette liberté d’action sous le nez. Exemple lors de la rencontre avec un camp de gobelin au détour d’une promenade. Dans ce passage, le vent souffle abondamment, et la végétation arbore des couleurs rougeâtres qui nous signifient sa grande sécheresse. Ni une, ni deux, nous équipons un bâton que nous enflammons. En lâchant notre branche à l’aide du bouton R, le morceau de bois est emporté par le vent et met le feu à toute la zone, piégeant ainsi les gobelins et les terrassant. Mais nous aurions tout aussi bien pu escalader la falaise, et pousser ces énormes rochers sur leur campement afin de les écraser. Un concept poussé à son paroxysme, qui étonne d’autant plus que Nintendo nous avait habitués à moins de folies en terme de gameplay ces dernières années.

Disposant d’une jauge de température, Link doit adapter sa tenue à l’environnement dans lequel il se trouve. En nous rendant dans un biome neigeux, notre héros commençait à grelotter, et à perdre de la vie. Equiper une petite laine lui permettait de se ressaisir et d’évoluer sereinement dans ce nouvel environnement. On nous dit également que cuisiner des piments permet à Link de réchauffer son petit coeur lors de pareille escapade. Parlant de jauge, il en existe une autre : celle du bruit. The Legend of Zelda : Breath of the Wild introduit pour la première fois la notion de furtivité dans la licence. Vous pouvez avancer accroupi, et tenter de surprendre vos ennemis pour avoir un avantage tactique. On ne saura que vous conseiller d’éviter d’invoquer votre loup (uniquement disponible avec l’amiibo Midona de Twilight Princess) lors de ces phases. Le canidé étant particulièrement affamé, il ruinera irrémédiablement votre couverture. Il demeure du reste un allié redoutable, qui viendra à bout de ses ennemis en quelques coups de crocs. Il peut même vous aider à chasser. Enfin, l’une des features les plus cools qu’il nous a été permis d’essayer était le ralenti. Lorsque vous vous trouvez en l’air, et que vous dégainez votre arc, le temps ralentit et vous permet de décocher à l’envi des flèches vers vos ennemis jusqu’à ce que vous touchiez le sol. Une manière habile de dynamiser les combats, et de réaliser des moves assez stylés qui rappellent L’Ombre du Mordor.

Fracture technologique

zelda breath of the wild gameplay_2

L’aimant permet de déplacer de nombreux éléments

Dans sa deuxième partie, cette démo nous renvoyait au tout début du jeu, au réveil de Link dans la chambre de résurrection. Le temps nous étant compté, nous avons foncé jusqu’au premier Sanctuaire du jeu. À ne pas confondre avec un donjon, les sanctuaires (au nombre de 100 dans le jeu final) sont des temples aux énigmes plus ou moins alambiquées qui vous permettront de débloquer divers objets et bonus pour votre personnage – ici, le paraglider qui vous permet de planer sur de longues distances. Non obligatoires, ces Sanctuaires vous permettent néanmoins d’accéder à de bien jolies choses, nous dit-on. Ce premier sanctuaire était surtout l’occasion de pouvoir essayer le système de Runes. Dans cette démo, Link avait le choix entre une bombe ronde (qui roule), une bombe carrée (qui glisse), et un aimant. Passons sur les bombes que vous connaissez déjà (à la différence près que cette fois, c’est vous qui déclenchez la détonation), et concentrons-nous sur l’aimant. Il s’agit d’un accessoire indispensable pour venir à bout des énigmes du jeu, et qui vous permet de déplacer certains éléments du décor. Dans le Sanctuaire qui nous intéresse, cela nous a permis de déplacer une plaque au sol afin de nous introduire sous le temple, et d’ouvrir une porte. Mais vous pouvez également vous servir des plaques au sol pour faire valdinguer vos ennemis dans le vide. Une sensation grisante, qui offre encore une fois l’occasion à votre imagination meurtrière de s’exprimer.

Nous restant ensuite quelques minutes, nous nous sommes amusés avec la carte du jeu, accessible depuis votre GamePad, et qui vous permet de placer des points de repère à l’aide du smartphone de la tablette Sheikah de Link (jusqu’à 5 simultanément) pour vous repérer sur cette immense zone de départ. Nous prenons alors de la hauteur pour observer l’étendue de ce territoire. Dommage que la distance d’affichage ne rende pas forcément justice à cette immensité. La Wii U est bien entendu poussée dans ses retranchements avec Zelda : Breath of the Wild. Le résultat est, rassurez-vous, plus que correct. L’aspect cel shading de l’ensemble permet de proposer un rendu satisfaisant en ne chargeant pas trop la mule pour le processeur graphique de la console. En ressort néanmoins un aliasing très important, et une distance d’affichage un brin médiocre. Malgré tout, le framerate était plutôt stable, sauf dans les passages près de l’eau où la réflexion du soleil sur le fil de l’eau a eu raison d’une bonne dizaine d’images par seconde. Les combats quant à eux sont restés fluides, même lorsque plusieurs ennemis se joignaient à la baston. Gardons aussi à l’esprit qu’il ne s’agit là que d’une démo, qui plus est mise à l’épreuve sur une Wii U sous verre qui tourne non-stop depuis près de 48h.


Surprenant, ce The Legend of Zelda : Breath of the Wild l’est assurément. Totalement repensé, ce nouvel opus offre un cahier des charges à mille lieues de ce à quoi Nintendo nous a habitués. Monde ouvert, artisanat, furtivité, gestion de l’équipement… on ressort de l’expérience ébahi par tant de nouveautés bienvenues dans la série. Techniquement très satisfaisant pour de la Wii U, il ne faut pas oublier que le nouveau Zelda a également de très bonnes chances de se retrouver en line up de sortie de la NX que l’on prédit pour mars 2017, et qui devrait très logiquement offrir des performances plus solides. Reste que Breath of the Wild fait définitivement sortir Zelda du carcan dans lequel il se trouve depuis plusieurs épisodes, et promet une totale redécouverte d’Hyrule et de ses personnages. Même les puristes semblent s’y retrouver tant la patte Zelda est, malgré ces bouleversements, centrale dans l’expérience. Une démo qui donne le ton, et qui ne fait que donner un coup de fouet au hype train dans lequel Nintendo nous a tous emmenés lors de l’E3.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

Les plus
  • L’incroyable métamorphose
  • La liberté d’action
  • Techniquement satisfaisant, au vu de l’ambition du titre
  • Un vrai plaisir de redécouverte de Zelda
  • L’escalade est grisante
Les moins
  • Quelques ralentissements
  • Distance d’affichage réduite
  • On ne sait toujours rien du scénario
  • Le loup accessible uniquement avec l’amiibo